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Culture

Les intermittents accentuent la pression sur le festival d'Avignon

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/06/2014

Malgré la promesse de Manuel Valls d'un soutien financier, les syndicats d'intermittents du spectacle ont maintenu la pression sur le gouvernement vendredi, en appelant à une grève massive le 4 juillet, jour de l’ouverture du festival d’Avignon.

Le célèbre festival d‘Avignon pourrait bien être la prochaine victime de la grève des intermittents. La CGT-spectacle a appelé, vendredi 20 juin, à une "grève massive" dans l'ensemble des secteurs le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival.

"Si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions, l'été ne se passera pas normalement", a prévenu le syndicat dans un communiqué. Le préavis de grève, qui court jusqu'au 30 juin et qui a déjà occasionné de nombreuses perturbations dans les festivals, est "reconduit à partir du 1er juillet pour tout le mois", a-t-il également annoncé.

De quoi inquiéter les organisateurs de l’évènement, déjà annulé en 2003. Si Avignon est annulé en 2014, "les éditions de 2015 et 2016 seront aussi compromises", a indiqué Paul Rondin, directeur délégué du festival. Olivier Py, à la tête de la manifestation à Avignon, et Bernard Foccroulle, qui chapeaute le festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, ont de leur côté martelé qu'ils n'annuleraient pas, même confrontés à la grève.

Il y a onze ans, l’annulation de l’évènement avait engendré 23 millions d'euros de manque à gagner, bien que le "Off" ait eu lieu. Une lourde ardoise pour les organisateurs mais aussi pour les hôteliers, restaurateurs, commerçants. Selon la fédération France Festival, un festival génère en moyenne 6,83 euros d'impact économique pour un euro de subvention.

"Ce n’est pas l’État qui paye l’ardoise"

De son côté, Jules Frutos, président du Prodiss, la plus grosse fédération de producteurs de spectacles privés, se veut confiant. "Je ne suis pas alarmiste", clame-t-il. "Depuis 2003, nous avons noué le dialogue avec les intermittents sur nos festivals. Ils savent que ce n'est pas l'État qui paye l'ardoise".

Toutefois, il n'écarte pas des "attaques commando" venues de l'extérieur des festivals. "On sera peut-être affectés sur les festivals les plus emblématiques, qui ont un lien avec le ministère de la Culture et sont en quelque sorte labellisés", explique-t-il, citant l'exemple des Francofolies de La Rochelle, qui avaient été annulées en 2003.

Les intermittents du spectacle rejettent la nouvelle convention d'assurance-chômage issue de l'accord signé le 22 mars entre le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC), qui durcit les conditions d'indemnisation de plusieurs catégories de chômeurs, dont les leurs. Face au mouvement de contestation qui menace la tenue des principaux festivals estivaux, le Premier ministre a annoncé jeudi que l'État prendrait à sa charge le délai de carence pour l'indemnisation des intermittents du spectacle tout en refusant de reporter l'agrément de la nouvelle convention chômage.

Pour le syndicat, cette annonce n’est qu’une "mesurette pour passer l'été". "Pas plus qu'une subvention à l'industrie ou au commerce, l'assurance chômage n'est pas une subvention culturelle, c'est un droit de tous les salariés", a estimé la CGT.

Avec AFP

Première publication : 20/06/2014

  • FRANCE

    Le festival d'Avignon menacé par la grève des intermittents

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