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Irak: les insurgés marquent un nouveau point en prenant un poste-frontière

AFP

Des membres des forces armées du Kurdistan irakien, les peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de KirkoukDes membres des forces armées du Kurdistan irakien, les peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de Kirkouk

Des membres des forces armées du Kurdistan irakien, les peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de KirkoukDes membres des forces armées du Kurdistan irakien, les peshmerga, tiennent leur position le 21 juin 2014 dans le village de Bacheer, à 15 km au sud de Kirkouk

Les insurgés sunnites ont marqué un nouveau point samedi en prenant un poste-frontière avec la Syrie au 13ème jour de leur offensive en Irak, consolidant leur contrôle dans l'ouest d'un pays menacé d'éclatement.

Dans les rues de Bagdad, à l'appel du puissant chef chiite Moqtada Sadr, des volontaires ont orchestré une véritable démonstration de force face à l'offensive lancée le 9 juin par des insurgés menés par des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) dans un pays miné par les divisions confessionnelles.

Après avoir pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, une grande partie de sa province Ninive (nord), de Tikrit et d'autres secteurs des provinces de Salaheddine (nord), Diyala (est) et Kirkouk (nord), l'EIIL a engrangé un nouveau succès avec la prise du poste-frontière d'Al-Qaïm.

Il n'existe que deux autres points de passage officiels sur les 600 km de frontière entre l'Irak et la Syrie, l'un contrôlé par les forces gouvernementales et l'autre par les forces kurdes. Les deux côtés de la longue frontière poreuse échappent cependant au contrôle des forces gouvernementales.

Les jihadistes de l'EIIL, qui ambitionnent de créer un Etat islamique dans une zone située à cheval entre la Syrie et l'Irak, ont également progressé vendredi en Syrie, dans la province orientale de Deir Ezzor.

Du côté irakien, ils contrôlent déjà totalement Fallouja et partiellement Ramadi dans la province d'Al-Anbar, qui borde la frontière syrienne.

- Parade chiite à Sadr City -

Parallèlement, dans la capitale, des combattants fidèles au puissant chef Moqtada al-Sadr, qui a annoncé la création d'une nouvelle force, les Saraya al-Salam (brigades de la paix, en arabe), ont paradé dans les rues de Sadr City, un quartier à majorité chiite.

Vêtus de tenues de camouflage et pour certains de noir, ils ont défilé en rangs, kalachnikovs, fusils d'assaut et lance-roquettes à la main. Certains ont paradé aux cris de "Mahdi", le nom du 12e prophète pour les chiites, mais aussi le nom de l'armée de Moqtada al-Sadr, officiellement dissoute en 2008.

Ils viennent gonfler les rangs des milliers d'Irakiens qui se sont déjà portés volontaires pour tenter de repousser les insurgés, après les appels du gouvernement mais surtout d'Ali al-Sistani, le plus haut dignitaire chiite du pays, extrêmement respecté.

Au même moment, des heurts ont éclatés entre alliés au sein des insurgés. Il pourrait s'agir des premiers signes d'un effritement de la coalition composée de multiples groupes, en particulier d'anciens officiers de l'armée de Saddam Hussein, des groupes salafistes et des éléments tribaux.

Ces combats, dans la nuit, entre des hommes de l'EIIL et des combattants de l'Armée des adeptes de Nakshabandia (JRTN) à Hawija, dans la province de Kirkouk, ont fait 17 morts.

S'ils ont un ennemi commun --le gouvernement dominé par les chiites-- les différents groupes insurgés n'ont pas tous les mêmes intérêts.

L'EIIL épouse une interprétation extrémiste de l'islam tandis que les autres groupes ont surtout des désaccords politiques avec le pouvoir central de Bagdad.

De la même manière en Syrie, l'EIIL, d'abord accueilli à bras ouverts par la rébellion au régime de Bachar al-Assad, est désormais engagé dans une guerre fratricide avec les autres groupes, lassés de sa volonté hégémonique et de ses exactions.

- Unité nationale -

A l'étranger, les appels à un gouvernement d'unité nationale pour sortir le pays du chaos se multiplient, alors que le Premier ministre Nouri al-Maliki est accusé d'avoir marginalisé la minorité sunnite, aliéné ses partenaires kurdes et chiites et préparé le terrain à l'offensive jihadiste en menant une politique confessionnelle.

Le président américain Barack Obama a estimé vendredi qu'il revenait en premier lieu aux dirigeants politiques irakiens de travailler à l'unité du pays.

"Aucun recours à la puissance de feu américaine ne sera capable de maintenir le pays uni", a déclaré sur CNN le président américain, qui a exclu dans l'immédiat des frappes aériennes.

M. Obama a promis d'envoyer 300 conseillers militaires pour aider l'armée et son chef de la diplomatie, John Kerry, est attendu au Moyen-Orient et en Europe pour des consultations sur la crise irakienne.

L'Arabie saoudite et la Russie ont également lancé un appel à l'unité lors d'une rencontre de leurs chefs de la diplomatie samedi à Jeddah.

Sergueï Lavrov et le prince Saoud al-Fayçal ont, selon un porte-parole saoudien, souhaité que les "efforts portent pour le moment sur le maintien de l'intégrité de l'Irak et l'unité de toutes les composantes du peuple irakien qui doivent bénéficier de l'égalité des droits et des devoirs".

Première publication : 21/06/2014