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Intervention contre l’EIIL en Irak : la France reste prudente

© AFP /François Hollande et Barack Obama à la Maison Blanche, le 11 février 2014

Texte par Nina HUBINET

Dernière modification : 21/06/2014

Paris n’est pas enclin à participer aux mesures de "riposte" américaines en Irak. La diplomatie française doute de l’efficacité de ce type d’action et semble estimer que c’est en Syrie qu’il fallait agir… il y a un an.

Jeudi soir, Barack Obama annonçait l’envoi de conseillers militaires américains à Bagdad pour aider les forces de sécurité irakiennes face aux djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Dès le lendemain, le président américain et son homologue français, François Hollande, soulignaient, dans un communiqué de l’Élysée, la nécessité d’instaurer "un gouvernement d’union nationale" en Irak, à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux chefs d’État.

"François Hollande et Barack Obama ont insisté sur la gravité de la situation et sur la nécessité d'y apporter une solution politique durable sur la base d'un gouvernement d'union nationale. Ils ont convenu de l'importance de conjuguer leurs efforts pour y parvenir", selon le communiqué.

Pas d’action armée pour le moment

Mais cette unité de façade cache pourtant quelques dissensions entre les deux pays. Si, en 2003, la France s’était fermement opposée à l’intervention américaine en Irak - qui allait ouvrir une décennie de guerre et de violences interreligieuses dans le pays -, plus de dix ans plus tard, Paris, bien que moins catégorique, reste prudent quant à une éventuelle action militaire occidentale sur le sol irakien.

Le 18 juin, un conseil restreint de défense s’est tenu à l’Élysée, en présence des ministres français de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian et Laurent Fabius, et du chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers. Pourtant rien n’a pour le moment était "actionné" sur le plan militaire, affirmait une source gouvernementale au journal "Le Monde" jeudi. D’ailleurs, "personne ne nous en a fait la demande", ajoute cette même source. Les demandes d’aide de la part de Bagdad ont pour le moment été adressées à la communauté internationale ou à Washington, mais "pas spécifiquement à la France", comme l’indiquait le porte-parole du Quai d’Orsay le 17 juin.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a encore précisé vendredi les conditions de participation de la France à une action armée en Irak, lors d’une interview sur la chaîne BFM TV : que Bagdad réclame cette action et qu’elle soit approuvée par l’ONU. "Ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui", a-t-il souligné.

"Il faut qu’il y ait un gouvernement d’union nationale", a répété le ministre, "avec ou sans Maliki". "Non seulement Nouri al-Maliki n'a jamais voulu s'allier avec les tribus sunnites", mais "il les a poursuivies de manière très inopportune", a regretté Laurent Fabius. Les sunnites irakiens accusent le gouvernement du chiite Maliki de mener une politique confessionnelle qui a marginalisé leur communauté.

L’entourage du ministre des Affaires étrangères a ensuite tenu à préciser qu’en employant les termes "avec ou sans Maliki", le ministre avait simplement voulu dire "qu'il ne s'agissait pas d'une question de personne".

Ressentiment vis-à-vis des Américains

Cette absence d’enthousiasme français pour une intervention armée en Irak, qu’il s’agisse d’envoi de conseillers militaires à Bagdad ou de frappes aériennes, s’explique en partie par la crainte que cette intervention soit inefficace, si elle n’est pas accompagnée d’une réelle action politique de la part du gouvernement irakien pour lutter contre les tensions confessionnelles.

Mais il semble aussi que Paris veuille "rendre la monnaie de sa pièce" à Washington : en août 2013, Barack Obama avait refusé de se lancer dans une action militaire en Syrie, après l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad contre sa population, alors que la France appuyait cette action.

Or pour les autorités françaises, la situation actuelle en Irak n’est que le débordement de la crise syrienne. "Nous avions dit, à l'époque, que si ce conflit n'était pas pris en charge, nous ferions alors face à des complications. La crise actuelle illustre le danger de ce laisser-faire", explique une source gouvernementale au "Monde".

Hollande multiplie les rencontres avec les dirigeants de la région

La France ne peut pas pour autant rester les bras croisés face à la progression de l’EIIL en Irak. D’autant qu’il peut sembler contradictoire que Paris soit engagé dans une action militaire de grande ampleur contre les djihadistes au Mali depuis janvier 2013, mais ne bouge pas le petit doigt face aux djihadistes irakiens.

Comme pour prouver que la France n’est pas désengagée sur le dossier irakien, François Hollande s’est donc lancé dans un bal diplomatique : il a reçu mercredi à Paris le prince Mitaeb Ben Abdallah, le fils aîné du roi d'Arabie saoudite, puis jeudi le président libanais sortant, Michel Sleimane. Vendredi, c’était au tour du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan de rendre visite au chef de l’État français à l’Élysée. Et lundi, François Hollande rencontrera l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad al-Thani. Il ne reste plus qu’à espérer que cette agitation diplomatique contribue, d’une manière ou d’une autre, à résoudre les nœuds du chaos irakien.

 

Première publication : 21/06/2014

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