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Economie

Accord avec Bouygues pour que l'État devienne principal actionnaire d'Alstom

© AFP | Conférence de presse d'Arnaud Montebourg le 20 juin 2014

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/06/2014

Le gouvernement a annoncé dimanche un accord avec Bouygues pour entrer au conseil d'administration d'Alstom à hauteur de 20 % dans le cadre de la reprise d'une partie de sa branche énergie par General Electric.

Le ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, a officiellement annoncé, dimanche 22 juin, la conclusion d’un accord entre l'État et Bouygues concernant une option d'achat sur 20% du capital d'Alstom, dans le cadre de la reprise d'une partie de la branche énergie d'Alstom par General Electric.

"Nous avons un accord qui a été conclu cet après-midi et qui permet à l'État de devenir le principal actionnaire d'Alstom, à hauteur de 20% comme prévu", a indiqué le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg sur France 2.

"Nous avons une option d'achat que Bouygues nous a consentie, qui nous permet d'acheter lorsque le prix sera le plus bas possible car nous ne souhaitons pas dépenser inconsidérément le patrimoine des Français", a-t-il ajouté

>> À lire sur FRANCE 24 : Alstom : et si l'État avait réussi son coup?

L'État avait donné vendredi sa préférence à l'offre de General Electric (GE), validée depuis par le conseil d'administration d'Alstom, à condition d'en devenir le premier actionnaire en rachetant 20 % de la société à Bouygues, qui en possède actuellement près de 30%.

L'État ne pourra exercer son option auprès de Bouygues que si le cours de la Bourse est à ce moment là "supérieur ou égal" à 35 euros, moins une décote qui, a précisé Bouygues, sera comprise entre 2% et 5%.

Solution de compromis

Cette solution ressemble à un compromis entre Bouygues, qui refusait de céder ses actions au prix actuel du marché de 28 euros, et l'État, qui pourra obtenir les titres avec une petite décote par rapport au cours auquel ils se traiteront au moment du rachat.

Bouygues tenait à ce prix de 35 euros, qui est proche de la valorisation des actions Alstom dans ses comptes 2013, après la dépréciation de 1 404 milliard d'euros passée par le groupe sur sa participation actuelle de 29 % dans le spécialiste des équipements pour le transport ferroviaire et l'énergie.

"Nous avons une option d'achat que Bouygues nous a consentie, qui nous permet d'acheter lorsque le prix sera le plus bas possible car nous ne souhaitons pas dépenser inconsidérément le patrimoine des Français", a souligné Aranud Montebourg.

Si l'État n'a pas pu acheter la totalité des 20% pendant cette période de 20 mois, par exemple parce qu'il juge le cours de Bourse trop élevé, il disposera d'une période supplémentaire de huit jours pour acheter les titres à Bouygues, dans une limite de 15 % du capital, mais cette fois quel que soit le prix du marché, toujours avec une décote du même ordre (2 à 5%).

Globalement, l'État pourrait, par exemple, racheter 5% du capital via l'option à un prix supérieur ou égal à 35 euros moins la décote, puis 15%, toujours à Bouygues, mais cette fois au cours de Bourse du moment, moins la même décote.

Des représentants de l’État au conseil d’administration

"Ce qui est intéressant, c'est que Bouygues nous a prêté ses actions pour que nous entrions immédiatement dans le capital d'Alstom, exercions le pouvoir à hauteur de 20 % avec nos amis administrateurs qui remplaceront les siens", a précisé le ministre de l’Économie. Bouygues s'est engagé à transférer à l'État un de ses deux sièges au conseil d'Alstom et à œuvrer pour l'élargissement du conseil de 14 à 15 membres afin que l'État dispose d'un deuxième siège, a-t-on précisé de source proche du gouvernement.

GE a annoncé jeudi qu'il envisageait de former avec Alstom "une alliance mondiale dans le nucléaire et française pour les turbines à vapeur en France" afin de garantir que la technologie utilisée dans les centrales nucléaires "reste française".

L'opération rapportera dans un premier temps à Alstom 12,35 milliards d'euros, comme prévu, mais le groupe devra ensuite investir 2,5 milliards dans des coentreprises avec GE qui n'étaient pas programmées dans le projet d'origine, fin avril.

Avec AFP et Reuters

 

Première publication : 22/06/2014

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