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Culture

Sarajevo : le groupe Halka, un hymne à la paix

© Gramofon

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 27/06/2014

Pour les 100 ans de l'attentat de Sarajevo, des manifestations culturelles sont organisées dans la capitale de Bosnie. Parmi les artistes invités figure le groupe Halka, formation multiethnique qui veut changer l'image de sa ville.

Božo Vrećo et Dino Šukalo n’en reviennent toujours pas. Avec les trois autres membres du groupe Halka, ils ont été choisis pour donner un concert le 27 juin lors des commémorations du centenaire de l’attentat de Sarajevo. Leur performance va être retransmise dans plusieurs pays européens à la radio ou à la télévision. "Ils nous ont sûrement invités car le gars à côté de moi a une voix d’ange ! Pour cet anniversaire, ils avaient besoin du meilleur au monde !", plaisante Dino, le guitariste, tout en regardant avec admiration Božo, le chanteur de cette formation qui joue de la sevdalinka, un genre musical typique de la Bosnie.

"Il a changé l’histoire du monde"

Un siècle après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et de sa femme Sophie par le nationaliste yougoslave Gavrilo Princip, ce jeune groupe de Sarajevo, qui vient de sortir son premier album, sait que le monde entier va avoir les yeux braqués sur leur ville. "C’est une grande opportunité de montrer ce que représente notre musique et de donner le meilleur de nous-mêmes", estime ainsi Božo, le leader d’Halka, au look androgyne et à la voix si particulière où se confond masculin et féminin.

Reportage : l'ancienne bibliothèque nationale de Sarajevo, témoin d'un siècle tumultueux

Assis à ses côtés dans le café de l’un des grands hôtels de la capitale de Bosnie-Herzégovine, son camarade Dino tient toutefois à souligner que les musiciens ne pensent pas seulement en termes de publicité. Ils sont aussi fiers de participer à ces commémorations : "C’est un grand événement. Il a changé l’histoire de ce lieu et l’histoire du monde. S’il n’avait pas assassiné l’archiduc à quelques mètres d’ici, ce serait complètement différent. On serait encore peut-être une partie de l’empire autrichien. Il n’y aurait jamais eu la Yougoslavie."

Assassin au cœur froid pour les uns, combattant de la liberté pour les autres, Gavrilo Princip continue de fasciner cent ans après son geste. Les artistes de Bosnie s’inspirent encore aujourd’hui de ses deux coups de feu qui entraînèrent le monde dans la Grande Guerre et de sa sordide mort en prison en 1918. "Un de nos amis d’origine croate du groupe de Mostar, Zoster, a écrit une chanson sur lui. Il n’a pas enquêté sur l’affaire, mais sur ce qu’il avait dans sa tête. Gavrilo a été envoyé en mission. Il est une victime aussi, tout le monde est victime dans cette histoire. Personne n’a été gagnant, raconte Dino, le guitariste aux allures de collosse. Il y a vingt ans, il était un héros et maintenant c’est un mauvais garçon. Peut-être qu’un jour, il redeviendra un exemple."

Halka en session accoustique

"Nous avons survécu à toutes les catastrophes"

Même si ces artistes portent un vif intérêt pour cet événement qui bouleversa l’Europe, ils savent que dans le reste de la population ce n’est pas vraiment le cas. Les commémorations ne rencontrent pas d’engouement. Vingt ans après la guerre de Bosnie et quelques mois après des émeutes contre le chômage (44% de la population active) et la pauvreté, la population, qui vient de subir de terribles inondations, a d’autres problèmes en tête. "Nous n’avons toujours pas de vrai système politique, de gouvernement et de pays. Tout est toujours problématique au plus haut niveau. Il faut attendre pour changer les choses. Nous devons être patient, mais c’est très long", constate avec philosophie Božo.

Originaire de Foča, une ville de l’est du pays, fief de l'entité serbe de Bosnie, le leader d'Halka savoure toutefois le retour à la paix. Durant la guerre, il a dû fuir en Serbie à Belgrade avec sa mère et sa sœur. Dino, bosniaque, a lui connu le siège de Sarajevo de 1992 à 1996. Autrefois dans des camps ennemis, le chanteur serbe et le guitariste musulman partagent aujourd’hui la même passion.

"Tout le monde de l’extérieur décrit Sarajevo comme une petite Jérusalem, car nous avons les trois religions, et nous vivons maintenant en paix. Nous avons eu la guerre, mais nous avons survécu à toutes ces catastrophes, c’est bon d’être de nouveau sur un bon chemin", décrit avec émotion Božo. "Dans la vie de tous les jours, il n’y a pas de tensions. Par exemple quand il y a eu les graves inondations, tout le monde a aidé. Personne ne se souciait de vos origines. Des Croates ont aidé des orthodoxes et vice-versa. Ils voulaient juste tendre la main à leurs voisins et leurs amis", poursuit d’une même voix Dino.

Le guitariste Dino Šukalo et le chanteur Božo Vrećo du groupe Halka. © Stéphanie Trouillard/France24

Pour le groupe Halka, leur musique est d’ailleurs le symbole de cette entente entre les communautés. La sevdalinka, plus communément appelé sevdah, qu’ils mélangent aujourd’hui avec des sonorités plus modernes, est selon eux l’ADN du pays. "La Sevdah n’est pas typique d’une seule ethnie. Elle est commune aux Serbes orthodoxes, aux Croates catholiques et aux Bosniaques musulmans. Tout le monde partage la même tradition, explique Dino. C’est comme la Constitution de la Bosnie, tout est écrit dans la musique Sevdah qui est tellement ancienne. Elle raconte l’histoire de personnes vivant ensemble et qui passent de bons comme de mauvais moments. C’est notre fierté. C’est un message de paix."

D’une tonalité très triste, cet art dont l’origine remonte à l’Empire ottoman est un peu le Blues des Balkans, pour Božo : "La mélancolie est peut-être typique des Bosniens. Nous avons dû nous battre autrefois et avoir du courage pour survivre."

Même si pour leur passion, ces musiciens puisent dans le passé, ces trentenaires sont aussi résolument tournés vers l’avenir. Ils espèrent que le coup de projecteur donné sur Sarajevo va permettre d’insuffler une nouvelle dynamique à leur pays. À deux heures de vol de Paris, ils veulent enfin qu’on situe leur ville sur la carte du Vieux continent. "Nous voulons montrer au monde que nous sommes une ville européenne. La Première Guerre mondiale a démarré ici il y a cent ans et nous ne sommes toujours pas dans l’Union européenne, insiste Dino. Nous sommes plus Européens que d’autres pays qui le sont déjà. Nous avons la même histoire, les mêmes racines et le même visage !" Ouverts vers l’extérieur, les membres d’Halka ne demandent qu’une chose : faire partager leur culture ancestrale et tendre la main aux autres. Ils n’ont d’ailleurs pas choisi leur nom par hasard. En arabe, Halka signifie le cercle.

Halka en concert

 

 

Première publication : 27/06/2014

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