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Afrique

Quand Laurent Gbagbo dézingue Chirac et la "Françafrique"

© AFP - Laurent Gbagbo

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 27/06/2014

Dans son ouvrage "Pour la vérité et la justice", Laurent Gbagbo, en attente de son procès, livre sa version des événements qui ont secoué la Côte d’Ivoire ces dernières années. L’ancien président n’épargne pas les hommes politiques français.

Le célèbre adage : "La meilleure défense, c’est l’attaque" ne pouvait trouver incarnation plus parfaite qu’en Laurent Gbagbo. Dans son livre "Pour la vérité et la justice", sorti le 26 juin, l’ancien président ivoirien, accusé de crimes contre l’humanité pour son rôle pendant la crise post-électorale de 2010-2011, déroule sa lecture des événements ayant secoué la Côte d’Ivoire ces dernières années.

(Éditions du Moment)

Depuis sa cellule de la prison de Scheveningen, près de La Haye, l’ancien président ivoirien égratigne un large spectre de personnalités politiques ivoiriennes et françaises - qu’il rend toutes responsables à plus ou moins grande échelle de sa chute politique. Dans ce plaidoyer de 320 pages coécrit avec le journaliste François Mattei, Laurent Gbagbo - dont la plume est aussi incisive que victimaire - n’épargne ni Alassane Ouattara, l’actuel président ivoirien, ni Dominique de Villepin, ancien ministre français des Affaires étrangères, et encore moins Jacques Chirac ou Robert Bourgi, ex-conseiller Afrique de l’Élysée. Extraits.

  • Laurent Gbagbo affirme avoir financé la campagne de Jacques Chirac en 2002

"C'était en 2001, je pense. Villepin et Robert Bourgi m'ont demandé de cracher au bassinet pour l'élection en 2002 en France. Nous étions au Voltaire, un restaurant qui est sur le quai du même nom, près de la Documentation française [à Paris, près du domicile privé de Jacques Chirac, NDLR]. C'était le prix pour avoir la paix, en Françafrique. J'ai eu une entrevue avec Chirac, tout s'est très bien passé, il m'a raccompagné, il était très amical, et il m'a dit en me tapant sur l'épaule, sur le perron : 'Je ne suis pas un ingrat.' Je ne suis pas fier de cet épisode, mais je pensais y gagner la marge de manoeuvre nécessaire pour avancer vers nos objectifs. On me l'a reproché en disant que c'était la preuve de mon double langage, que je m'appuyais sur le néocolonialisme pour le critiquer. Comme si on pouvait toujours répondre à des partenaires aussi puissants […]"

  • La "bavure française" de Bouaké (2004)

[À propos du bombardement d'une base militaire française à Bouaké en novembre 2004 par l'aviation ivoirienne. On dénombra neuf morts. En représailles, la France détruisit la flotte aérienne ivoirienne.] "Il s’est avéré ensuite qu’il s’agissait d’un complot dont le but ultime était de renverser le gouvernement légitime et de m’évincer du pouvoir", écrit l’ancien chef de l’État.

À la suite de la destruction de la flotte ivoirienne, Gbagbo assure également que l’armée française a intentionnellement encerclé sa résidence présidentielle, à Abidjan. "Les Français ont dit après coup qu’ils avaient fait une erreur de trajet. Quand on connait Abidjan, c’est impossible à croire." L’ancien président soutient la thèse selon laquelle Paris voulait le renverser et mettre à sa place son chef d’état-major, le général Mathias Doué.

  • L’investiture de décembre 2010 avant la crise électorale

"J’ai prêté serment le samedi 4 décembre 2010, au Palais, après que le Conseil constitutionnel eut statué sur les recours que nous avions déposés […] Le Conseil constitutionnel venait de proclamer les résultats, et me désigner comme vainqueur de l’élection. J’ai reçu le jour même un coup de fil de Sarko. Il était furieux : 'Il ne fallait pas que le Conseil constitutionnel fasse ça, non, non, il ne fallait pas !' C’est la démarche d’un fou, pas celle d’un chef d’État. Comment peut-on se permettre aujourd’hui, au XXIe siècle, d’appeler un autre chef d’État pour lui dire une chose pareille ? C’est à ce moment précis, quand j’ai raccroché, que j’ai eu le sentiment que tout pouvait déraper."

Selon Laurent Gbagbo, l’élection présidentielle de 2010 était un "traquenard", "préparé de longue date" destiné à installer Alassane Ouattara à la magistrature suprême.

  • Sarkozy et de Villepin, l’arrogance personnifiée

"Sarkozy ramène tout à lui. […] Il était l'ami de Ouattara et il ne m'aimait pas, je l'ai toujours su. […] Chez lui, à la place des idées, il y a l'arrogance. Georges W. Bush était le symbole achevé de ce type d'homme. Ce sont des hommes sans pensée profonde. C'est dans cette catégorie que je classe Sarkozy. Ou Villepin. Des arrogants, qui utilisent leur arrogance en lieu et place de la pensée. C'est comme cela qu'ils croient montrer que la France est grande, alors qu'ils prouvent seulement qu'elle est devenue petite."

  • François Hollande, ce "lâche"

"François Hollande, il venait me voir à mon hôtel chaque fois que j'étais à Paris. Je n'en ai jamais rien attendu, et je n'en attends rien. Les avocats de Ouattara ici, à La Haye, sont ses amis intimes, Jean-Paul Benoit et Jean-Pierre Mignard. Ouattara ne les a certainement pas choisis au hasard. Il sait ce que lobbying veut dire... Les socialistes français ont un complexe... Ils veulent faire croire qu'ils gouvernent comme la droite. Au début des années 2000, Villepin les a tous manipulés, en leur disant le monstre que j'étais... Ils ont eu peur d'être éclaboussés, ils m'ont lâché."
 

Première publication : 27/06/2014

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