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Moyen-Orient

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki poussé vers la sortie

© AFP | Le premier ministre Nouri al-Maliki

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 02/07/2014

Accusé d’autoritarisme et de sectarisme, pis, incapable de stopper l'offensive djihadiste en Irak, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006, voit ses chances de se maintenir à son poste sensiblement s'amenuiser.

Aux commandes de l’Irak depuis 2006, les jours au pouvoir du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki sont comptés. Incapable de mettre un terme à l'offensive djihadiste de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), et accusé d’autoritarisme et de sectarisme par la communauté sunnite, ses chances de se maintenir à son poste sont minimes.

D’autant plus qu’il est de plus en plus poussé vers la sortie par des membres de son propre camp mais aussi par les puissances occidentales, les États-Unis en tête, qui ont appelé à la formation d’un gouvernement d’union nationale.
 
Maliki ne veut pas renoncer au pouvoir
 
Mais peu enclin à faire des concessions, il refuse avec entêtement de former un tel gouvernement, comme l’exige pourtant la situation chaotique d’un pays au bord du démembrement et rongé par les tensions confessionnelles entre chiites et sunnites. Fort de son bloc qui est arrivé en tête aux législatives du 30 avril (92 sièges parlementaires sur 328), Nouri al-Maliki ne veut pas renoncer au pouvoir.
 
Et ce, malgré l'échec cuisant de la session inaugurale du nouveau Parlement, qui s’est tenue le 1er juillet dans le chaos le plus total, et au cours de laquelle des élus se sont insultés et ont dénoncé la politique du Premier ministre sortant. Les députés sunnites et kurdes ayant claqué la porte, faute d'accord sur le nom du successeur de Maliki, la séance a été logiquement levée avant que soit élu le président du Parlement, étape préalable à la désignation d’un président et d’un Premier ministre. La prochaine session a été fixée au 8 juillet.
 
L’entêtement de Maliki a convaincu d’autres partis chiites de tenter, en vain pour l’instant, de nouer des alliances afin de le remplacer au sommet de l’État. "Nous voulons changer M. Maliki pour prouver notre bonne volonté", a ainsi déclaré Hussein al-Muraibi, cité par le "New York Times", qui appartient au bloc parlementaire du Premier ministre chiite. Selon lui, il serait impossible de rallier des sunnites ou des Kurdes dans un nouveau gouvernement, sans remplacer Nouri al-Maliki.
 
Il y a quelques mois, le leader chiite Moqtada Al-Sadr avait même gratifié le Premier ministre sortant du sobriquet  "nouveau Saddam".
 
Des successeurs potentiels
 
C’est dans ce contexte de blocage que des noms de candidats chiites potentiels commencent à circuler. Selon une règle non écrite en Irak, le poste de Premier ministre revient à un chiite, la présidence aux Kurdes et la tête du Parlement aux sunnites. Et selon le "New York Times" et le "Guardian", certains hommes politiques auraient été approchés soit par les Américains, soit par les Iraniens, qui exercent une grande influence sur le camp chiite irakien, où encore par les deux ensemble.  
 
Le premier est Hussein al-Chahristani, le numéro deux du gouvernement sortant, qui détient le portefeuille stratégique du pétrole. Même s’il jouit d’une image d’incorruptible, il est improbable que Kurdes et sunnites acceptent ce candidat qui les a fortement mécontentés par son insistance à ce que la gestion des ressources pétrolières de l'Irak soit exclusivement assurée par le pouvoir central.  
 
Le deuxième qui revient avec insistance est celui de Falah al-Fayyad, le monsieur sécurité de Nouri al-Maliki. Il a notamment été chargé  de superviser les relations avec Ankara et Washington. Toutefois, sa proximité avec le Premier ministre peut être fatale à sa nomination éventuelle.
 
Mais ce n’est pas tout. Les noms de personnalités connues des Irakiens comme l'ancien vice-président Adel Abdel Mehdi, l'ex-Premier ministre Ibrahim al-Jaafari ou encore l'ancien vice-Premier ministre Ahmed Chalabi, ont également émergé.
 
En Irak, à moins d’un coup politique dont il a le secret, ou de profiter du blocage actuel pour raffermir sa position, Nouri al-Maliki pourrait être contraint de tourner la page de huit ans de pouvoir sans partage.
 
Avec AFP

Première publication : 02/07/2014

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