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Moyen-Orient

Les zones d’ombre autour du meurtre des trois Israéliens

© AFP | Des Israéliens durant les funérailles de Gilad Shaer, Naftali Frenkel et Eyal Ifrach, le 1er juillet

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/07/2014

Cafouillage de la police israélienne, confusion autour de la revendication des responsables… Le meurtre des trois Israéliens enlevés en Cisjordanie est loin d’être élucidé. En réaction à ce drame, des heurts ont embrasé l’État hébreu mercredi.

Alors que Jérusalem s’embrase après la découverte des corps des trois Israéliens, enlevés en Cisjordanie le 12 juin, de nombreuses questions restent en suspens en ce qui concerne les circonstances du drame. À commencer par les cafouillages de la police israélienne.

Le jour même de l’enlèvement des trois adolescents – deux âgés de 16 ans, l’un de 19 ans -, l’un d’eux, Gilad Shaer, a téléphoné à une cellule d’urgence de la police pour les alerter. "Je suis kidnappé", aurait-il chuchoté, selon le journal israélien "Haaretz". Un appel au secours – que l’interlocuteur n’a pas bien saisi – auquel aurait réagi immédiatement l’un des ravisseurs : dans l’enregistrement de cette brève conversation téléphonique, qui a été rendu public, on peut l’entendre hurler "visage à terre !". Des coups de feu retentissent ensuite. Une scène qui donne à penser que l’exécution des trois jeunes hommes a eu lieu à ce moment-là, soit 18 jours avant la découverte de leur corps.

Croyant à un canular, le service de police qui a reçu le coup de fil de détresse a mis plusieurs heures à réagir. De plus, les policiers n’auraient pas pris la peine de vérifier à qui appartenait le téléphone ou si la famille de son propriétaire avait perdu le contact avec lui.

Cette lenteur a interpelé la commission chargée d’enquêter sur l’affaire, laquelle a estimé qu’il s’agissait d’une "sérieuse faille dans la procédure". Le chef de la police israélienne, Yohanan Danino, a aussitôt relevé de leurs fonctions les officiers impliqués dans l’incident.

Amateurisme

Cependant, au-delà des défaillances du système de sécurité, c’est l’amateurisme des ravisseurs que cet incident révèle : Gilad Shaar semblait être toujours en possession de son téléphone. Certains experts avouent par ailleurs que cette prise d’otages ressemble davantage à un malheureux hasard qu’à une opération bien ficelée.

Les trois jeunes ont d’une part été kidnappés alors qu’ils faisaient de l’auto-stop, près de Kfar Etzion, dans le nord-ouest de Hébron, en Cisjordanie. D'autre part, les ravisseurs n’ont communiqué aucune exigence, comme un échange de prisonniers par exemple.

Plusieurs organisations ont revendiqué ces meurtres mais Tsahal met en doute leur crédibilité. Mardi 1er juillet, un groupe se présentant comme le "soutien" de "l'État islamique à Beit al-Makdess" (Beit al-Makdess désignant Jérusalem), nom sous lequel était également connu l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), a affirmé, sur un forum jugé sérieux, être l'auteur du drame.

Toutefois, d’aucuns estiment que cette revendication pourrait être une diversion de la part du Hamas. L’organisation palestinienne a été directement désignée par le gouvernement israélien comme responsable. Le 26 juin, le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, a dévoilé les noms de deux suspects : Marwan Qawasmeh et Amar Abou Aisha. D'après le site spécialisé sur le Moyen-Orient Al-Monitor, les deux hommes seraient membres d'une tribu de la région de Hébron, qui se caractérise par son indépendance par rapport au Hamas, tout en se réclamant de lui.

Ces présumés coupables restent pour l’heure introuvables, malgré l’étroitesse du territoire et son maillage par l’armée. Dans cette traque, Tsahal a arrêté 42 Palestiniens et démoli la maison d'un membre du Hamas, accusé d'implication dans le meurtre d'un policier israélien en Cisjordanie le 14 avril.

Première publication : 02/07/2014

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