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SPORT

France-Allemagne : ces Bleus-là n’étaient pas nés dans les années 80

© AFP - Blaise Matuidi

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/07/2014

L’équipe de France, qui affronte l’Allemagne en quarts de finale vendredi à 18 heures françaises, refuse d'accorder de l’importance au passé. La jeune sélection n'était d'ailleurs pas encore née lors du cauchemar de Séville en 1982.

En dépit du statut de favori de la Mannschaft, les Bleus, à quelques heures du quart de finale du Mondial-2014, qui les oppose à la sélection allemande, refusent de laisser paraître un quelconque complexe d’infériorité. À l'image de Didier Deschamps, les jeunes joueurs français refusent de ressasser le passé et les deux cauchemars de Séville en 1982 et de Guadalajara en 1986, les derniers face-à-face des Bleus avec les Allemands dans une phase finale de Coupe du monde, en demi-finales.

Quand un journaliste évoque l'attirance qu'exercerait le football d'outre-Rhin en France, Blaise Matuidi se montre très ferme pour repousser cette thèse. "J'ai toujours été fier de ce que la France a pu faire par le passé, que ce soit 1998, 2006, a-t-il répliqué. En 1982, 1986, je n'étais pas né. C'est une fierté d'avoir ce maillot, je ne ressens pas le besoin d'envier une autre nation."

Matuidi s'est fait plus précis évoquant "Battiston en 82", "un contact avec le gardien" et le "souvenir de la demi-finale perdue 2-0 en 1986, alors que l'équipe de France avait battu le Brésil avec un grand match", des images qu'il n'a, bien entendu, pas vues en direct mais en "vidéos".

Si par le passé, les Français se sont présentés sur la pelouse la peur au ventre, le souvenir des échecs cuisants revenant à la surface et paralysant toute velléité de victoire, l’encadrement et les joueurs veulent aujourd’hui ce temps révolu.

Le parcours sans faute effectué jusqu'ici, la bonne ambiance qui règne au sein du groupe et le rôle de totem protecteur que remplit parfaitement Didier Deschamps leur ont ôté toute crainte et c'est avec un moral au plus haut qu'ils aborderont ce match couperet.

Rien à envier aux triples champions du monde

"L'équipe de France est une très bonne équipe, a souligné Blaise Matuidi. L'Allemagne est favorite de par son passé mais sur un match tout peut arriver. Il n'y a pas d'équipes favorites en soi. C'est une compétition très difficile, sur un match tout peut arriver et on va faire en sorte de leur poser des problèmes et de tout faire pour se qualifier."

Matuidi a tout de même énuméré les atouts de l'équipe de Joachim Löw - "forte dans tous les compartiments du jeu, avec un bon gardien si ce n'est le numéro 1, de la qualité au milieu, un grand buteur, Thomas Müller" - avant de les annuler d'un trait par un laconique : "Mais toutes les équipes ont leurs faiblesses, il n'y a pas d'équipes parfaites". Visiblement, le 8e de finale poussif de la Mannschaft face à l'Algérie (2-1 a.p.) a aussi eu son petit effet.

"L'Allemagne est une grosse équipe, une grande nation de football mais je n'ai pas trop envie d'en parler, je préfère me concentrer sur notre équipe, garder notre état d'esprit, être concentré sur notre jeu, a expliqué, mercredi 2 juillet, le défenseur Mamadou Sakho à 48 heures de ce choc. Quand on a joué contre eux, il y a un petit moment [défaite 2-1 en amical au Stade de France en février 2013, ndlr], on était en phase de recherche. L'équipe ne se trouvait pas encore très bien mais elle a progressé."

À chaque éloge de l'Allemagne, Sakho a tenu à ajouter un compliment à ses coéquipiers, une manière de dire que la France n'avait désormais rien à envier aux triples champions du monde et à une nation qui s'est hissée au moins dans le dernier carré, à chaque phase finale depuis 2006, Coupe du monde et Euro compris.

"C'est une très belle équipe, quand on regarde le passé, elle a souvent fait de belles choses en Coupe du monde. Elle garde bien le ballon, a un jeu plaisant à voir, mais nous aussi on est très fort et j'ai confiance en nous. Peu importe s'ils sont mieux ou moins bien qu'avant, ce qui m'importe c'est notre jeu et de tout donner pour ce maillot", a déclaré Sakho.

Un discours partagé par l'infatigable Blaise Matuidi, qui s'est même permis d'écarter le mot "exploit" en cas de qualification des Bleus pour les demi-finales.

Vendredi, les acteurs principaux seront une nouvelle fois français et allemands, mais cet épisode reste à écrire.

Avec AFP

Première publication : 03/07/2014

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