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FRANCE

L'intervention de Nicolas Sarkozy enthousiasme à droite, indigne à gauche

© AFP - Intervention télévisée de Nicolas Sarkozy le 2 juillet 2014

Vidéo par Axelle SIMON

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/07/2014

Les réactions fusent après l’intervention de Nicolas Sarkozy, à la suite de sa mise en examen pour corruption active. À l’UMP, on s’enthousiasme de son retour sur la scène politique.

Les réactions se multiplient, à droite surtout, après la mise en examen de l’ancien chef de l'État dans la nuit de mardi à mercredi, pour recel de violation du secret professionnel, corruption et trafic d'influence actifs.

Président de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux dénonce dans un communiqué un "acharnement permanent, incessant et indigne dont [Nicolas Sarkozy] fait l'objet depuis de nombreux mois et plus particulièrement ces derniers jours". Restant fidèle à la ligne de l’ancien chef de l’État, il accuse la justice et déplore "l'impartialité des magistrats, le secret de l'instruction et la présomption d'innocence, qui ont été malheureusement bafoués à des fins politiques par quelques-uns".

Le député UMP Henri Guaino va même plus loin, souhaitant "supprimer le syndicalisme dans la magistrature" annonce-t-il jeudi matin sur BFM TV. "On va me dire: 'c'est un principe constitutionnel'. Eh bien, il faut faire un référendum et dire que ni dans l'armée ni dans la magistrature, on ne peut être syndiqué", plaide l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy.

Un retour en politique ?

Sur les réseaux sociaux, soutiens et amis de l’ancien chef de l’État ont fait preuve d’enthousiasme, saluant là son pas marqué vers un retour en politique. Sur Twitter, l'ami de l'ancien président et député UMP Patrick Balkany a souligné une intervention "remarquable de justesse et de sincérité ".

De son côté, le député UMP Thierry Mariani a affirmé :

Nadine Morano, très proche de l’ancien président, a souligné le rasage de l’homme politique, y voyant là le signe du retour de Nicolas Sarkozy. Sur Twitter elle interpelle les militants UMP :

Pour l’ancienne ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy Roselyne Bachelot, qui prend un peu de recul :

"Dresser l’opinion contre les juges"

En effet, les opposants politiques à l’ancien chef de l’État n’apprécient pas ce retour sur la scène politique. À droite, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République déplore le discours de l’ex-président :

À gauche, le ton reste à l’indignation, le président des députés PS, Bruno Le Roux souhaiterait que cette affaire se traite avant devant la justice "les confusions, intimidations ou ambitions politiques ne peuvent se substituer à celle-ci" a-t-il rappelé dans un communiqué. Il dénonce le manque de responsabilité de l’ancien chef de l'État, qui selon lui, "cherche à dresser l'opinion contre ses juges. [...] Nicolas Sarkozy n'est pas la victime d'un complot politique ou d'un acharnement judiciaire", a-t-il rappelé. "Il est un justiciable mis en examen qui doit répondre d'accusations extrêmement graves de corruption et de trafic d'influence."

Pour Claude Bartolone, le président PS de l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy commet une faute en s’attaquant à l’institution judiciaire. "Hier, ce qui m'a vraiment choqué, c'est la forme. Est-ce qu'on peut, quand on a été président, venir malmener comme ça publiquement la justice, quand on voit l'institution qu'elle représente pour le pays ?" a-t-il déclaré sur i TELE.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF a quant à lui dénoncé dans les propos tenus par Nicolas Sarkozy une "pression", voire une "menace" exercée sur la justice. "Il n'aura fourni aucune explication, strictement rien, alors que les charges retenues sont particulièrement graves. [...] "M. Sarkozy aime passionnément son pays... un peu moins sa justice qui doit poursuivre son travail sans pression ni menace. Ce qui ne fut pas le cas ce soir" a-t-il ajouté.

Reste à savoir ce qu'en penseront les Français. D’après une enquête menée mardi 1er et mercredi 2 juillet, 63 % des sondés considèrent que l'ex-chef de l'État est traité "comme n'importe quel justiciable", contrairement à ses dires, alors qu'ils n'étaient que 48 % à le penser il y a trois mois. Seul 23 % des personnes interrogées le jugent honnête et 59 % estiment qu'il a fait son temps.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 03/07/2014

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