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Jeff Koons, star controversée de l'art contemporain, à Beaubourg cet automne

AFP

Une sculpture de Jeff Koons pendant la rétrospective au Whitney Museum of American Art, à New York, le 24 juin 2014Une sculpture de Jeff Koons pendant la rétrospetive  au Whitney Museum of American Art le 24 juin 2014

Une sculpture de Jeff Koons pendant la rétrospective au Whitney Museum of American Art, à New York, le 24 juin 2014Une sculpture de Jeff Koons pendant la rétrospetive au Whitney Museum of American Art le 24 juin 2014

Les Français succomberont-ils au charme de Jeff Koons cet automne? La star controversée de l'art contemporain sera célébrée à Paris avec une grande rétrospective organisée par le Centre Pompidou qui mise déjà sur le succès de l'exposition.

Six ans après l'exposition de Koons au château de Versailles qui avait créé la polémique, cette rétrospective, qui balaie plus de 35 ans de carrière de l'artiste américain, se tiendra à Paris du 26 novembre 2014 au 27 avril, après New York et avant Bilbao en Espagne.

Conçue en collaboration avec le Whitney Museum, qui la présente actuellement, l'exposition montrera quelque cent sculptures et peintures.

Les icônes de l'artiste seront là: le fameux lapin gonflable en inox "Rabbit", un grand "Balloon Dog" couleur Magenta qui appartient à François Pinault, une sculpture de Michael Jackson en porcelaine. Mais aussi des oeuvres de la sulfureuse série "Made in Heaven" représentant Koons en plein acte sexuel avec "la Cicciolina", ex-star du porno qui a été son épouse au début des années 1990. Elles seront présentées dans une salle à part avec un avertissement pour le public.

"C'est une exposition chère" à organiser, a souligné sans ambages Alain Seban, le président du Centre Pompidou, lors d'une présentation à la presse, en présence de l'artiste.

Les oeuvres de Koons sont "très chères, très fragiles, très lourdes, très complexes à monter et pour l'essentiel, elles appartiennent à de très grands et exigeants collectionneurs privés", a-t-il souligné.

Toutefois, "ce n'est pas l'exposition la plus chère de ces dernières années" pour le Centre Pompidou, a relativisé M. Seban, sans révéler son coût.

Si l'on met en face les recettes escomptées, "cette exposition apparaît même comme un investissement judicieux, qui génèrera plus de recettes" qu'elle n'occasionnera de frais, a-t-il dit. Dans un contexte de baisse des subventions de l'Etat, "nous ne pouvons pas nous passer d'expositions à fort potentiel de visites qui contribuent positivement à notre équilibre économique".

- 'Leçon d'optimisme' -

L'exposition aura pour commissaire Bernard Blistène, le directeur du musée national d'Art moderne, qui connaît Jeff Koons depuis très longtemps.

Vêtu d'un costume bleu marine, le regard bleu sombre, Jeff Koons, qui frise la soixantaine, a expliqué qu'à ce stade de sa carrière, son oeuvre a assez "muri" pour permettre une rétrospective et "un dialogue" avec le public.

"Je vais essayer d'aller encore plus loin, de repousser les limites (...) Il me reste trente ou quarante ans. Picasso, qui a vécu plus de 90 ans, est pour moi un excellent exemple qu'à tout moment de votre vie, vous pouvez exercer votre liberté et avoir une vie riche et pleine", a souligné l'artiste.

Alain Seban "ne doute pas que l'exposition sera un très grand succès de fréquentation". Koons est actuellement l'artiste vivant le plus cher au monde pour une oeuvre: son "Balloon Dog" orange a été adjugé 58,4 millions de dollars en novembre 2013 à New York.

Le Centre Pompidou a loupé le coche en n'achetant aucune de ses oeuvres à l'époque où elles étaient abordables.

A un journaliste qui lui demandait s'il était prêt à aider à y remédier, Koons a répondu qu'il pouvait seulement espérer que le Centre Pompidou reçoive des oeuvres par donation. Le MOMA (Museum of Modern Art) de New York avait lui aussi "raté" l'artiste mais grâce à une généreuse donation, il en possède plusieurs désormais, a-t-il souligné.

Alain Seban, qui dit s'attendre à "un peu de polémique" autour de l'exposition,se demande "comment la France qui, aujourd'hui, broie du noir recevra une telle leçon d'optimisme". Il espère que ce sera pour elle "une grand bouffée d'air frais".

"Si la France a le blues, je suis désolé de l'entendre. Ce serait merveilleux que cela change. La meilleure chose à faire, c'est d'éprouver la joie d'être, de savoir ce que nous signifions pour nous-mêmes et pour les autres", a estimé Jeff Koons.

Première publication : 03/07/2014