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FRANCE

"Boules puantes" et règlements de compte : la débandade de l’UMP

© Kenzo Tribouillard, AFP | Selon un sondage BVA, un tiers des sympathisants UMP réclament la dissolution pure et simple du parti

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 12/07/2014

En une semaine, l’UMP a fait tour à tour face à un audit financier qui a révélé une dette abyssale du parti et à une avalanche de règlements de compte internes. De quoi ternir l’image d’un grand parti aujourd’hui mis dans l’embarras.

Il faudrait presque se pincer pour y croire. À l’heure où l’UMP se débat pour s’amender de la scandaleuse affaire Bygmalion, pour laver le déshonneur de son ancien président Jean-François Copé et pour sauver celui de Nicolas Sarkozy – mis en examen pour "corruption active" -, les ténors du premier parti d'opposition ont décidé de se livrer à un immense règlement de compte. Et ce, à la suite d’un audit des comptes du parti révélant une dette abyssale de plus de 74 millions d’euros…

Il faut dire que personne à l’UMP ne souhaite être lié à ce déficit colossal dont une partie - qui aurait servi les intérêts personnels de certains de ses membres - remet sérieusement en cause l’intégrité du parti. Personne, non plus, ne veut porter la responsabilité de l’agacement des sympathisants UMP, qui sont aujourd’hui près d’un tiers à réclamer la dissolution pure et simple du parti, selon un sondage BVA publié samedi 12 juillet. Ils n’étaient que 15 % il y a quinze jours.

Alors, depuis une semaine (du 6 au 11 juillet précisément), à l’UMP, on se dédouane, on s’accuse et on se lynche sur la place publique – et sur réseaux sociaux – pour sauver son honneur politique et prouver que l’on n’est lié ni de près, ni de loin à de quelconques abus financiers. On jure surtout qu’il existe "une taupe" qui veut "nuire au mouvement". Mais en attendant de l’identifier, la "taupe" en question a lancé sa première salve le 6 juillet.

Le "Journal du Dimanche" (JDD) a révélé ce jour-là que le parti avait payé 24 000 euros de billets d’avion à Nadia Copé, la femme de Jean-François Copé, en 2013 - qui n’a pourtant aucun rôle officiel au sein de l’UMP. La seconde salve a touché Geoffroy Didier, un sarkozyste, accusé d’avoir empoché plus de 6 000 euros nets par mois en tant que "collaborateur" de Brice Hortefeux.

"Moi, je n’ai pas fait le choix d’hôtel sept étoiles…"

Jusque-là ces révélations n’avaient pas donné lieu à une guerre de tranchées entre les ténors du parti. Mais c’était sans compter sur la réaction de Xavier Bertrand. Accusé à son tour, mardi, dans le "JDD", d’avoir fait facturer ses vacances à Center Parcs pour un réveillon en famille, l’ancien ministre a choisi la contre-attaque. "À l'époque, certains des dirigeants s'étaient moqués de moi en disant : ‘Ah bon, tu passes tes vacances de fin d'années à Center Parcs’. C’est vrai que moi, je n’ai pas fait le choix des hôtels sept étoiles dans des îles lointaines, au soleil... " Voilà pour l’ouverture des hostilités.

Le lendemain, mercredi 9 juillet, Rachida Dati passe elle aussi à l’attaque frontale. Soupçonnée d’avoir rémunéré son "assistante" 7 000 euros, l’ancienne Garde des Sceaux accuse haut et fort le clan Fillon de chercher à la salir. "Ce n’est pas ma faute, ni celle de quiconque, si François Fillon a accepté d’être humilié cinq ans par Nicolas Sarkozy". C’est ensuite un déferlement d’attaques croisées et de phrases assassines qui s’étalera sur la fin de la semaine. Le "Canard enchaîné" dévoilera encore que Rachida Dati s'est fait rembourser des factures téléphoniques astronomiques par l’UMP (10 000 euros), et que les trois téléphones portables de Copé auraient coûté 8 000 euros au parti.

François Fillon, l’actuel président par intérim de l’UMP, n’est pas non plus épargné par la fameuse "taupe". Il est accusé de s’être fait payer en 2006-2007, à une époque où il n’était pas encore à Matignon, plusieurs allers-retours en Falcon et en hélicoptère privé pour 14 000 euros. Marc-Philippe Daubresse, le député UMP de la circonscription du Nord, est, lui, accusé d’avoir utilisé en 2013 une voiture de fonction mise à sa disposition en tant que vice-président du parti et d’avoir dépensé pour 7 000 euros de "frais de bouche". Et enfin, jeudi 10 juillet, cerise sur le gâteau, "L’Express" affirme que le siège de l’UMP a été victime d’une tentative de cambriolage.

"Ils nous font honte"

Un vaudeville, donc. Mais si au moins, il était bon, juge sévèrement "Le Figaro". S’il était digne des Borgia "avec complots, coups de poignard et empoisonnements à la clé", écrit le quotidien. Mais non. À l’UMP, on manœuvre petit, on accuse son voisin, on lâche ses "boules puantes" sur les réseaux sociaux, et on jure, à grands coups de tweets que l’on est blanc comme neige. "Ils nous font honte", titre, dépité, "Le Figaro".

Dans cet interminable orage qui foudroie l’UMP, reconnaissons toutefois au premier parti de droite de laisser la gauche en dehors de ses règlements de comptes. Depuis le début du grand déballage, aucun ténor de l’UMP n’a tenu responsable le parti socialiste des "fuites" distillées dans la presse. "Tout ce qui sort […] Ca ne vient pas de la gauche", a ouvertement déclaré Rachida Dati. Même Nadine Morano, habituelle détractrice du PS, cherche le coupable dans sa propre famille politique. "L'UMP, c'est comme la déculottée du Brésil sauf que c'est nous qui marquons contre notre propre camp", a-t-elle publié sur son compte twitter.

Dans le camp d’en face, on se réjouit, certes, de la désintégration en marche de l’UMP. Mais le spectacle des déboires de ses ennemis politiques ne devrait pas faire oublier au Parti socialiste qu’il est lui aussi confronté à d’imposants démons, à commencer par celui d’assumer un président mal-aimé – et de surcroît, le plus impopulaire qu’ait jamais connu la Ve République.

Première publication : 12/07/2014

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