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Economie

Chine : des enfants-ouvriers dans l'usine d'un fournisseur de Samsung

© Jung Yeon-Je, AFP | Un fournisseur chinois de Samsung a été accusé de faire travailler des mineurs.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/07/2014

Samsung a décidé, lundi, de suspendre temporairement sa collaboration avec un fournisseur chinois accusé de faire travailler des mineurs de moins de 16 ans. Ce n'est pas la première fois que le géant sud-coréen a est confronté à ce genre de problème.

L'emplacement de l'usine de Shinyang Electronic à Dongguan

Visiblement, certains fournisseurs chinois de Samsung n’ont pas entendu parler de la politique de "tolérance zéro" du constructeur sud-coréen à l’égard du travail des enfants. Le géant de l’électronique a décidé, lundi 14 juillet, de suspendre temporairement toute collaboration avec une usine située à Dongguan, à 100 km au nord de Hong-Kong. En cause : un rapport de l’ONG américaine China Labor Watch (CLW), publié le 10 juillet, pointant du doigt la propension de la société Shinyang Electronic, qui gère le site, à faire appel à des "enfants-ouvriers".

Les enquêteurs de CLW ont pu rencontrer sur place, au mois de juin 2014, cinq jeunes de moins de 16 ans - l’âge légal en Chine pour travailler à l’usine - et plusieurs étudiants sous payés et qui ne bénéficiaient pas des mêmes droits que les autres ouvriers adultes. Tous travaillaient à la confection des coques et autres composants nécessaires à la fabrication des smartphones et tablettes de Samsung.

Situation alarmante des enfants-ouvriers

La situation des mineurs, certains âgés de 14 ans, était particulièrement alarmante d’après les enquêteurs. Ils avaient été embauchés sur la foi de faux documents d’identité, sans aucune vérification de la part des employeurs. Ces enfants étaient tous affectés au travail de nuit et devaient, entre 20 h et 8 h, produire 100 unités par heure. Ils étaient, en fait, soumis aux mêmes cadences de travail que les adultes. Un rythme impossible à tenir pour ces petites mains, ce qui, d’après le rapport, les exposaient en permanence "aux engueulades" de leurs supérieurs.

Ces "enfants-ouvriers" n’avaient "signé aucun contrat de travail" et n’avaient pas le droit de toucher le salaire de nuit. Ils étaient, en outre, payés 10 heures pour un travail effectif de 11 heures. L’un dans l’autre, China Labor Watch a calculé que ces très jeunes travailleurs illégaux étaient rémunérés 67 % de moins que les salariés adultes. Une jolie plus-value pour Shinyang Electronic qui s’est traduite, pour des enfants par "détresse psychologique et physique", d’après les enquêteurs de l’ONG américaine.

Désordre dans l'"Harmonie globale"

Shinyang Electronic n’est pas seul à essuyer les foudres de CLW. Samsung n’y échappe pas non plus. "Les engagements sociaux de Samsung ne sont rien d’autre que de la fausse publicité destinée à améliorer son image d’entreprise citoyenne et responsable", accuse le rapport de l’ONG.

Il faut dire que cette enquête indépendante paraît à un bien mauvais moment pour le géant sud-coréen. Quelques jours auparavant, Samsung avait publié son propre rapport baptisé "Global Harmony" (Harmonie globale). Dans ce document la multinationale se targuait, après inspection des sites de 100 fournisseurs chinois, n’avoir trouvé aucun cas de "travail d’enfants". Elle soulignait néanmoins plusieurs entorses à la législation sur la sécurité au travail qu’il fallait rectifier.

Les révélations de CLW ont obligé Samsung à repartir, ce week-end, à la pêche aux informations dans l’usine de Dongguan. Le groupe y a, cette fois-ci, trouvé des "cas suspects de travail illégal d’enfants". Une autre enquête a donc été lancée et le Sud-Coréen prévient qu’il "cesserait définitivement toute collaboration avec ce fournisseur" si cette violation des lois sur le travail des mineurs étaient confirmée.

Ce n’est pas la première fois que Samsung se fait épingler pour des faits similaires par China Labor Watch. Depuis 2013, l’ONG a affirmé, par trois fois, que des fournisseurs chinois du constructeur sud-coréen faisaient appel à des "enfants ouvriers" notamment aux périodes les plus chargées avant les lancements de nouveaux produits. Jusqu’à présent, Samsung avait toujours démenti les accusations de CLW. C’est la première fois que le groupe reconnaît "des cas suspects" sur l’un des sites en question.

Première publication : 14/07/2014

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