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Les Brics et leur nouvelle banque au rendez-vous de l'Amérique latine

AFP

Indian Prime Minister Narendra Modi (R) shakes hands with Brazilian President Dilma Rousseff during the 6th BRICS Summit in Fortaleza, Brazil, on July 15, 2014. Leaders of the BRICS (Brazil, Russia, India, China and South Africa) group of emerging powers gathered in Brazil on Tuesday to launch a new development bank and a reserve fund seen as counterweights to Western-led financial institutions. AFP PHOTO/YASUYOSHI CHIBALa présidente du Brésil Dilma Rousseff salue le Premier ministre indien Narendra Modi, le 15 juillet 2014 à Fortaleza au Brésil

Indian Prime Minister Narendra Modi (R) shakes hands with Brazilian President Dilma Rousseff during the 6th BRICS Summit in Fortaleza, Brazil, on July 15, 2014. Leaders of the BRICS (Brazil, Russia, India, China and South Africa) group of emerging powers gathered in Brazil on Tuesday to launch a new development bank and a reserve fund seen as counterweights to Western-led financial institutions. AFP PHOTO/YASUYOSHI CHIBALa présidente du Brésil Dilma Rousseff salue le Premier ministre indien Narendra Modi, le 15 juillet 2014 à Fortaleza au Brésil

Les dirigeants des puissances émergentes des Brics ont clarifié mercredi à Brasilia les objectifs de leur nouvelle banque, fondée la veille pour faire contrepoids aux institutions internationales, lors d'une rencontre avec les chefs d'Etats sud-américains.

La présidente brésilienne Dilma Roussef a organisé au ministère des Affaires étrangères à Brasilia ce rendez-vous totalement inédit entre ses pairs de la région et ses partenaires de Russie, d'Inde, de Chine et d'Afrique du sud.

Avant cette réunion à huis clos, Mme Rousseff a effectué une mise au point sur les objectifs et le champ d'action de la banque de développement des Brics, fondée la veille lors de leur sommet à Fortaleza (nord-est) pour tenter de faire contrepoids à la Banque mondiale ou au Fonds monétaire international (FMI).

Cette nouvelle banque, dotée d'un capital de départ de 50 milliards de dollars mais qui dispose d'une force de frappe potentielle de 100 milliards, n'a pas pour but de "nous éloigner du FMI", a-t-elle souligné, à l'issue d'un entretien bilatéral avec le Premier ministre indien, Narendra Modi.

"Au contraire, nous avons intérêt à le démocratiser, à le rendre le plus représentatif possible", a ajouté Mme Rousseff, tout en affirmant que le Brésil entretenait une "relation d'indépendance" avec l'organisme monétaire basé à Washington.

Lors du sommet des Brics, qui s'achève ce mercredi dans la capitale brésilienne, le président chinois Xi Jinping avait également appelé à accroître "la représentativité et la voix des pays en développement".

L'agence de presse officielle chinoise Xinhua a rappelé mercredi que la nouvelle banque, qui sera basée à Shanghai, constituait une "alternative attendue depuis longtemps et utile aux institutions financières mondiales dominées par l'Occident".

La position des Brics, qui représentent 40% de la population et le cinquième du PIB de la planète, séduit en particulier les pays d'Amérique du sud, sensibles à ce message d'autonomie vis-à-vis de l'influence traditionnelle des Etats-Unis dans la région.

- "vision ouverte et généreuse" -

L'ensemble des douze présidents sud-américains ont répondu à l'invitation du Brésil, dont la Chilienne Michelle Bachelet, l'Equatorien Rafael Correa, le Colombien Juan Manuel Santos, le Vénézuélien Nicolas Maduro ou encore l'Argentine Cristina Kirchner, qui s'est rendue dès mardi soir à Brasilia.

La création d'une banque mais aussi celle d'un fonds de réserve de 100 milliards, destiné à répondre aux situations de crise ou en cas de difficultés pour la balance de paiement, a de quoi intéresser tout particulièrement l'Argentine, plongée dans la crise de la dette, après la décision de la justice américaine l'obligeant à payer 1,3 milliards de dollars en faveur des "fonds vautours".

A Fortaleza, Mme Rousseff avait assuré que les Brics auraient une "vision ouverte et généreuse", se disant prête à "examiner" si l'Argentine pouvait "bénéficier ou non" de leurs instruments financiers.

Le chef de cabinet du gouvernement argentin, Jorge Capitanich, avait qualifié le sommet de "fondamental", critiquant les autres "banques de développement pratiquant l'extorsion auprès des pays plus développés".

Avant de s'envoler pour le Brésil, M. Correa, figure de la gauche antilibérale, avait aussi fustigé les dangers du "capital spéculatif".

Du côté des émergents, le rendez-vous de Brasilia illustre tout l'intérêt que représente l'Amérique latine, à la fois riche en matières premières et où le besoin d'infrastructures se fait fortement sentir.

Dans un entretien à l'agence Prensa Latina, le président russe Vladimir Poutine, satisfait d'avoir rompu son isolement diplomatique provoqué par la crise ukrainienne, a réaffirmé son intérêt de "créer des alliances pleines" avec la région.

La Russie envisage notamment de participer à un projet de construction d'une centrale nucléaire civile en Argentine. Des rumeurs font aussi état d'une possible participation du géant gazier russe Gazprom avec Wintershall, filiale du groupe chimique allemand BASF en Argentine.

En tournée latino-américaine pour la seconde fois, le président chinois Xi Jiping poursuit également son opération de séduction sur ce continent où Pékin a consacré près du cinquième de ses investissements étrangers l'an dernier.

La Chine, devenue le deuxième partenaire commercial de nombreux pays de la région, a prévu d'organiser jeudi à Brasilia un forum spécial avec la Celac (Communauté d'Etats d'Amérique latine et des Caraïbes).

Première publication : 16/07/2014