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Moyen-Orient

La manifestation pro-palestinienne prévue samedi à Paris interdite

© Kenzo Tribouillard, AFP | La manifestation organisée mercredi 23 juillet à Paris s'était déroulée sans heurts majeurs.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/07/2014

La manifestation pro-palestinienne prévue samedi à Paris a été interdite par la préfecture de police. Les organisateurs ont saisi la justice en urgence, espérant l'aval du tribunal administratif.

Après une manifestation qui s'est déroulée sans heurts mercredi 23 juillet à Paris, les organisateurs de rassemblements de soutien à Gaza espéraient renouveler l'opération samedi. Mais vendredi 25 juillet, la préfecture de police a décidé d'interdire la manifestation que plusieurs collectifs souhaitaient organiser samedi dans la capitale, ont indiqué plusieurs sources. 

La préfecture juge insuffisantes les garanties en matière de sécurité, a précisé à l'agence Reuters Youssef Boussoumah, dirigeant du Parti des Indigènes de la République (PIR), qui fait partie des organisateurs de ce défilé prévu initialement à partir de 15h entre les places de la République et de la Nation. Un parcours pourtant "parfaitement sécurisé" qui avait été étudié avec la police, fait valoir Youssef Boussoumah.

La justice saisie pour casser l'interdiction

Les organisateurs ont saisi la justice en urgence dans la foulée. "J'introduis un mémoire en référé-liberté auprès du tribunal administratif de Paris", a déclaré à l'AFP Me Hosni Maati, avocat des organisateurs, les mêmes qui avaient appelé à la manifestation interdite du 19 juillet ayant dégénéré en violences dans le quartier parisien de Barbès. "On épuisera tous les recours juridiques", a déclaré Omar Alsoumi, membre du Palestinian Youth movement, l'un des organisateurs de cette manifestation aux côtés notamment du NPA et du PIR.

Le tribunal administratif de Paris devait vendredi après-midi statuer sur le référé introduit par les organisateurs pour tenter d'obtenir la levée de l'interdiction. Pour la manifestation du 19 juillet, le tribunal administratif, déjà saisi par les organisateurs, avait confirmé l'interdiction de la préfecture de police.

Cazeneuve appelle les organisateurs "à renoncer"

Vendredi après-midi, en marge d'un déplacement à Mont-de-Marsan (Landes), le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a appelé les organisateurs à "renoncer", a déclaré son entourage à l'AFP. "On sait à quels débordements a conduit la manifestation de samedi dernier", a-t-il rappelé, évoquant un "trajet à haut risque" proposé par les organisateurs. "Je demande que la journée de demain (samedi) soit une journée de responsabilité et de recueillement", a-t-il ajouté, selon les propos rapportés par son entourage.

Interdiction d'un "droit fondamental"

"C'est une décision politique, pas une décision de la police", a déclaré Youssef Boussoumah. "Nous avons affaire à un État qui a peur de sa jeunesse." Omar Alsoumi a jugé cette interdiction "extrêmement grave" : "Le gouvernement est en train d'interdire un droit fondamental", "il crée une division entre des citoyens qui seraient légitimes à s'exprimer et d'autres non", a-t-il estimé. Alain Pojolat, du NPA, s'est dit "stupéfait" alors que les organisateurs "devaient négocier aujourd'hui un parcours de manifestation". "Les arguments, c'est qu'il y aurait beaucoup de monde et qu'on serait incapables d'encadrer la manif", or "on aurait pu avoir 200 personnes pour le service d'ordre", a-t-il affirmé.

Une manifestation organisée par les mêmes mouvements avait été interdite samedi dernier, mais des manifestants étaient passés outre et le rassemblement, dans le quartier de Barbès, dans le XVIIIe arrondissement, avait donné lieu à des violences.

Avec AFP

Première publication : 25/07/2014

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