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En Brière, des couteaux ressuscitent un bois rare

AFP

Jean-Henri Pagnon le 24 juillet 2014 sur l'un des innombrables canaux du marais de BrièreJean-Henri Pagnon le 24 juillet 2014 sur l'un des innombrables canaux du marais de Brière

Jean-Henri Pagnon le 24 juillet 2014 sur l'un des innombrables canaux du marais de BrièreJean-Henri Pagnon le 24 juillet 2014 sur l'un des innombrables canaux du marais de Brière

Lentement, silencieusement, le chaland glisse sur l'un des innombrables canaux du marais de Brière (Loire-Atlantique) - l'un des plus étendus de France - dans un écrin de roseaux et de saules d'où s'échappent quelques bruissements, des chants d'oiseaux, un cygne.

A la man?uvre de cette barque à fond plat, couteau à la ceinture de son jean déchiré, chapeau à la Indiana Jones vissé sur la tête, Jean-Henri Pagnon part "Entre le néolithique et l'âge de bronze, l'eau de mer a envahi la Brière", près de l'estuaire de la Loire, explique ce passionné de coutellerie, cadre d'entreprise dans une vie antérieure. "L'eau salée a grillé les racines d'une forêt de chênes, les arbres sont tombés et se sont enfoncés", une fois l'Atlantique retiré, donnant un matériau noir et dur, en voie de fossilisation.

Pour exhumer ce bois rare, appelé morta, Jean-Henri Pagnon sillonne depuis quatre ans le marais entre la fin de l'été et le début octobre, lorsque le bas niveau d'eau laisse la lande à découvert.

Accompagné de son chien Figaro, un jeune Setter qui "fait le pitre" avec les ragondins et les chevaux, il fouille le sol avec une sonde en inox, longue d'environ un mètre, légère et résistante.

"Il faut se fixer une ligne et avancer tous les 20 centimètres", explique ce grand blond de 40 ans aux yeux bleus. Un travail de titan, sachant que le marais s'étend sur 7.000 hectares.

Mais qui n'entame pas son enthousiasme face à la beauté de l'environnement, "un vrai panel de paysages", entre le spectacle "éblouissant" de l'hiver et la féérie du "vert éclatant des jeunes pousses au printemps" sur fond de nuages gris, raconte ce Brièron d'adoption.

- "carte gold" chez l'ostéopathe -

Lorsque la sonde rencontre une résistance - un tronc de 5 mètres - il le décaisse à la pelle avant de l'extraire centimètre par centimètre de la tourbe noire dans laquelle il dormait depuis l'âge de bronze, à l'aide d'un palan fixé à trois poteaux de châtaignier.

Séquence émotion? "Non, mais une grande satisfaction, c'est la conclusion d'un travail pénible physiquement", commente Jean-Henri Pagnon, en nage. "J'ai ma +carte gold+ chez l'ostéopathe"!, rigole-t-il.

"L'émotion, ça concerne plutôt l'histoire du morta d'une manière générale, il était déjà là à l'Antiquité", confie-t-il, "c'est le matériau noble par excellence".

"Le seul souci, c'est que sur un tronc, on ne peut exploiter que 10 à 20% de matière", poursuit Jean-Henri Pagnon. Débité en morceaux, il sera séché pendant trois ans, cocooné dans un linge avant d'être travaillé.

"Pendant 5.000 ans, il est tranquillement emmailloté dans la tourbe alors quand on le sort du jour au lendemain, il apprécie moyennement", explique l'artisan, qui en récupère quatre à cinq par an.

C'est ensuite dans les 15m2 de son atelier "JHP", une "SARL au fond du jardin", à Saint-André-des-Eaux (Loire-Atlantique), qu'il troque le chapeau contre un masque de protection.

Là commence le façonnage des plaquettes de morta, qui formeront les manches des 500 couteaux, de poche et de table, que cet autodidacte fabrique chaque année et dont les lames viennent de Thiers (Puy-de-Dôme). Les prix s'échelonnent entre 110 et 460 euros pièce.

"Je voulais sortir des sentiers battus en matière de coutellerie", raconte "JHP", dont les créations trônent désormais sur les tables du chef étoilé Éric Guérin, à La mare aux oiseaux, à Saint-Joachim, en Brière. Et ne passent pas inaperçus des clients.

"Je voulais un couteau qui ressemble à la Brière", explique Éric Guérin, qui cuisine "pas mal de plats fumés à la tourbe". Alors, quand Jean-Henri "est arrivé avec ce couteau très pur, très design, c'était juste évident : il représente la Brière qui évolue mais aussi les racines, l'histoire, la culture et le respect de la nature, cet équilibre si fragile".

Première publication : 26/07/2014