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L'Unità, quotidien historique du Parti communiste italien, a cessé de paraître

AFP

Dernière parution du journal historique italien, l'Unità, longtemps organe de presse officiel du Parti Communiste italien, le 1er août 2014Dernière parution du journal historique italien, l'Unità, longtemps organe de presse officiel du Parti Communiste italien, le 1er août 2014

Dernière parution du journal historique italien, l'Unità, longtemps organe de presse officiel du Parti Communiste italien, le 1er août 2014Dernière parution du journal historique italien, l'Unità, longtemps organe de presse officiel du Parti Communiste italien, le 1er août 2014

Près de 90 ans après sa fondation, le journal historique italien, l'Unità, longtemps organe de presse officiel du Parti Communiste italien, a cessé de paraître vendredi après la faillite de sa société éditrice.

"Après trois mois de lutte, ils y sont malgré tout parvenus : ils ont tué l'Unità", déplorait mercredi sur le site internet du journal, le Comité de rédaction de l'Unità.

Le même jour, en une d'une édition qui proposait exceptionnellement 16 pages vierges en signe de protestation, l'Unità reprenait les mêmes mots en une : "Ils ont tué l'Unità".

Les différents actionnaires de la société éditrice, elle même en cours de liquidation, n'ont pas pu s'entendre sur un nouveau plan de sauvetage, qui aurait pu relancer le journal créé le 12 février 1924 par Antonio Gramsci, une des figures emblématiques et fondatrices du communisme italien.

Faute d'accord, aujourd'hui quelque 80 journalistes et employés du journal, déjà privés de leurs trois derniers mois de salaire, se retrouvent sans travail.

Preuve de la situation économique précaire du quotidien, sa diffusion est restée limitée en avril, dernier chiffre connu, à quelque 21.000 exemplaires, selon l'organisme officiel chargé de superviser la diffusion des médias italiens.

Les journalistes de l'Unità veulent pourtant y croire, et jeudi le journal titrait cette fois en une : "l'Unità est vivante".

"Nous avons déjà sur la table trois offres de plusieurs millions provenant de différents entrepreneurs", révélait ainsi le Comité de rédaction lors de sa dernière réunion jeudi dans les locaux du journal installé le long de la voie Ostiense, au sud de Rome.

Et d'envisager un nouveau retour en kiosque, "pourquoi pas le 7 septembre prochain à l'occasion de la Fête de l'Unité", l'équivalent de la fête de l'Humanité en France.

"Nous voulons un accord politique qui garantisse un respect de l'histoire de notre journal et l'autonomie de notre rédaction", avertit toutefois le comité de rédaction.

Le Parti Démocrate, au pouvoir en Italie depuis février dernier, figure parmi les principaux actionnaires de l'Unità, sans pour autant que le journal soit officiellement celui du parti, un statut bâtard qui lui vaut malgré tout quelques critiques.

"C'est quand même surprenant que le PD n'ait pas su trouver une solution" regrettait ainsi amer Luca Lando, directeur du désormais ex-journal.

Pourtant, Matteo Renzi, le président du Conseil italien, ne s'est pas montré insensible à la situation, retweetant un message du trésorier de son parti : "Même si cela n'est pas de la faute du PD, mais de ceux qui sont à l'origine d'un gouffre de 30 millions, nous maintenons notre promesse : nous rouvrirons l'Unità".

Un message d'espoir auquel s'ajoutent de nombreuses réactions d'hommes politiques de la gauche italienne qui déplorent d'une même voix une perte pour la démocratie et la pluralité de la presse.

Le quotidien Il Tempo, bien qu?étiqueté à droite, a annoncé offrir une place dans ses pages "à ses collègues" : "Un geste au nom de la liberté de la presse, un journal qui s'éteint étant une blessure pour tout le pays".

Première publication : 01/08/2014