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Ukraine: l'UE frappe l'économie russe, mais doute de faire céder Poutine

© Ria-Novosti/AFP | Le président Vladimir Poutine lors d'une réunion de son cabinet, le 30 juillet 2014 près de MoscouLe président Vladimir Poutine lors d'une réunion de son cabinet, le 30 juillet 2014 près de Moscou

Les sanctions économiques décidées par l'UE et les États-Unis vont coûter cher à la Russie, mais le doute subsiste quant à leur capacité à contraindre Vladimir Poutine à mettre un terme au chaos provoqué en Ukraine après l'annexion de la Crimée.

"L'efficacité des sanctions est un débat récurrent, et on n'a toujours pas trouvé la réponse", reconnaît Ian Lesser du German Marshall Fund, un groupe de réflexion spécialisé dans les relations internationales à Bruxelles.

Les sanctions imposées à Cuba par les Etats-Unis ont rendu la vie très difficile aux habitants de l'île, mais elles n'ont pas provoqué la chute de Fidel Castro et de son régime. Il en va de même au Zimbabwe, où le président Robert Mugabe continue de défier l'Occident.

En revanche, elles ont contraint le pouvoir en Iran, dont l'économie dépend du pétrole, à accepter des négociations avec les grandes puissances sur leur très controversé programme nucléaire.

L'objectif des sanctions économiques imposées à la Russie a été clairement affiché par les Européens: contraindre le président Vladimir Poutine à renoncer à l'annexion "illégale" de la Crimée et à cesser de soutenir militairement les mouvements séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine.

"L'Union européenne est prête à revenir sur ses décisions si la Russie s'engage à contribuer activement et sans arrière-pensées à trouver une solution pour résoudre la crise en Ukraine", a toutefois assuré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Les sanctions économiques sont entrées en vigueur vendredi. Elles réduisent l'accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, imposent un embargo sur les achats et les ventes d'armes, de matériel militaire et de biens à double usage militaire et civil à la Russie. Elles limitent également les ventes à la Russie de technologies sensibles et d'équipements dans le secteur de l'énergie, notamment pour les forages pétroliers en eaux profondes et dans l?Arctique.

"Se retirer d'Ukraine est la seule chose sensée à faire mais les calculs politiques de Poutine peuvent être tout à fait différents", avertit l'économiste Adam Slater du cabinet Oxford Economics.

- Risque de fuite en avant -

L'Ukraine occupe une place importante dans l'histoire russe.

"Si le pouvoir et la population sont convaincus que le pays est vital, alors ce sera très difficile de les faire bouger," renchérit Ian Lesser.

Konstanty Gerber, chercheur et collaborateur au European Council on Foreign Relations (ECFR), est également très dubitatif sur l'impact des sanctions européennes. "Poutine va chercher à voir à quel point l'UE est sérieuse", a-t-il souligné. "Les premières sanctions vont faire mal, mais elles ne seront pas un désastre pour la Russie", a-t-il assuré.

"Plus il y aura des sanctions, moins Poutine aura à perdre", a estimé à l'AFP un responsable européen très proche du dossier, préoccupé par la menace d'une fuite en avant du président Russe. "Avec ces sanctions, on va au devant d'une confrontation avec escalade économique et militaire. Or après cinq ans de crise, certains de nos membres n'ont pas une forme olympique", a-t-il averti.

Les sanctions vont en effet avoir un coût pour les économies des Etats membres. Il a été pris en compte par les dirigeants européens pendant les négociations qui ont cherché à limiter les répercussions sur leurs économies. "Nous avançons dans un territoire inconnu, plein de risques", a confié un des experts qui a travaillé à l'élaboration de ces sanctions.

"Poutine va essayer de diviser les Européens, et son action sera un test pour l'unité de l'UE", a confié à l'AFP un participant aux négociations. "Les dirigeants européens sont conscients des risques de représailles de la part du pouvoir en Russie, mais ils ont fait les arbitrages après un acte impardonnable et la manière dont il a été géré par le président Poutine", a-t-il assuré.

L'UE a en effet durci sa position pour marquer sa colère après la mort des 298 passagers et membres d'équipage d'un avion de la compagnie Malaysia Airlines abattu le 17 juillet par un missile lorsqu'il survolait les territoires tenus par les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine.