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Centième anniversaire de la naissance du "prince de l'opérette", Luis Mariano

AFP

Un portrait non daté du

Un portrait non daté du "prince de l'opérette" Luis MarianoUn portrait non daté du "prince de l'opérette" Luis Mariano

Le 12 août 1914, officiellement, naissait à Irun, au Pays basque espagnol, un certain Mariano Eusebio Gonzales y Garcia qui deviendra célèbre, grâce à sa belle voix de ténor, sous son nom de scène, Luis Mariano, tant à l'opérette qu'au cinéma.

Aujourd'hui, la "légende marianiste" continue de prospérer, 44 ans après sa mort en 1970, en France comme en Espagne et en Amérique latine où le "prince de l'opérette" enflammait les foules.

"Il n'est pas né le 12, mais le 13", s'amuse Luis Mariano Gonzales Lacan, fils adoptif du ténor, connu sous le diminutif de Marianin. "La mère de Luis Mariano, Gregoria, superstitieuse, le fit déclarer à la mairie le 12", explique-t-il à l'AFP avec un sourire.

A Arcangues, village mythique du Pays basque, près de Biarritz, où le fronton de pelote basque côtoie l'église et où le ténor, entre deux tournées, vécut les dix dernières années de sa vie, Marianin s'active, car, le 13 août, deux spectacles sont à l'affiche: à Arcangues, "Violettes impériales", avec Roberto Galbès, et aux arènes de Bayonne "Luis Mariano 100 ans", raconté par Henry-Jean Servat avec trois ténors.

"Ce n'est qu'un début", confie Marianin évoquant l'ouverture en 2015 d'un musée à Irun consacré à Luis Mariano: "Ma famille a prêté pour trente ans les souvenirs conservés à Marianoko Etchea" (la maison de Mariano, en langue basque), explique-t-il tout en regrettant la vente de la villa néo-basque, en 2012, que le ténor avait dessiné et légué à son fils adoptif et à sa famille mais qu'ils n'ont pu "conserver". "Mon père biologique, Patchi Lacan, ancien chaufeur de Mariano, s'est toujours refusé à faire de l'argent sur le nom de celui qu'il considérait comme son +frère+. En 1970, à la mort de Luis, la vie s'est arrêtée à Marianoko Etchea, nous avons vécu dans son souvenir, figés. Demain, le musée perpétuera sa légende", souffle-t-il.

- La légende marianiste -

Fils d'un mécanicien et d'une brodeuse, Mariano, qui n'est pas encore Luis, vit à la fin des années 1930 à Bordeaux, avec sa famille qui a fui la guerre d'Espagne, où il suit des cours aux Beaux-Arts. Parallèlement, il écume l'Europe avec le groupe vocal Eresoinka formé de réfugiés basques espagnols et dans lequel chantait la mère du futur grand chanteur d'opéra Placido Domingo.

En 1943, il rafle son premier grand rôle, "Ernesto" dans l'opéra-bouffe "Don Pascuale", de Gaetano Donizetti, donné au Palais de Chaillot, à Paris.

Le beau ténor aux yeux de velours prend alors le nom de scène de Luis Mariano et n'en finit pas de charmer les foules avec ses trilles voluptueuses. Sa rencontre, peu de temps après, avec le compositeur Francis Lopez, d'origine basque comme lui, est décisive. L'opérette "La Belle de Cadix", de Francis Lopez, programmée pour six semaines, tient l'affiche cinq ans au Théâtre du Casino Montparnasse. Et un disque avec comme titre "Maria Luisa", prénom de sa soeur, se vend à plus d'un million d'exemplaires.

La légende marianiste est née, c'est l'époque du "Chanteur de Mexico" et de "Violettes impériales". Le ténor, admiré par la grande Maria Callas, se produit dans une vingtaine de films, accompagne le cirque Pinder sur les routes de France et enchaîne les tournées mondiales de 1945 à 1958 où, pour ne citer que Mexico, il est acclamé par 160.000 personnes.

Il faudra attendre l'après-franquisme pour que son pays natal, l'Espagne, et la ville où il a vu le jour, Irun, lui rendent hommage, le "prince de l'opérette" et "roi des coeurs", en dépit de liaisons sans lendemain avec les actrices Martine Carol et Carmen Sevilla, étant régulièrement en butte à des acccusations d'homosexualité.

En 1970, il meurt à Paris, des suites d'une hépatite virale mal soignée, au désespoir de la comédienne Annie Cordy, sa grande amie.

Au cimetière d'Arcangues, sa tombe en pierre de la Rhune, la montagne "sacrée" des Basques, est ornée d'une simple stèle discoïdale. A défaut de violettes, des roses parfument le lieu où il repose, que viennent fleurir chaque jour des "marianistes" fervents.

Première publication : 09/08/2014