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Mer de Chine méridionale: les tensions au coeur d'une réunion régionale

AFP

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, à une réunion avec ses homologues d'Asie du Sud-Est à Naypyidaw, en Birmanie, le 9 août 2014Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, à une réunion avec ses homologues d'Asie du Sud-Est à Naypyidaw, en Birmanie, le 9 août 2014

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, à une réunion avec ses homologues d'Asie du Sud-Est à Naypyidaw, en Birmanie, le 9 août 2014Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, à une réunion avec ses homologues d'Asie du Sud-Est à Naypyidaw, en Birmanie, le 9 août 2014

La Chine, rejetant toute accusation d'agression, a prévenu samedi qu'elle réagirait avec fermeté en cas de violation de ses intérêts en mer de Chine méridionale, alors que les Etats-Unis appelaient à la retenue tous les protagonistes de ces disputes territoriales.

Les tensions sont montées d'un cran ces derniers mois après une série d'incidents entre Pékin et d'autres pays de la région revendiquant certaines parties des eaux disputées, poussant récemment les Etats-Unis à appeler à la fin des "provocations".

"La position de la Chine pour garantir sa propre souveraineté, ses droits maritimes et ses intérêts est ferme et inébranlable", a déclaré à la presse le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, après une réunion avec ses homologues des dix pays de l'Association des Nations d'Asie du sud-est (Asean).

Notant que la situation était "stable" dans les eaux disputées, il a assuré que Pékin avait toujours agi avec "retenue". "Mais, face aux actes de provocation sans fondement, la Chine est tenue d'avoir des réactions claires et fermes", a-t-il ajouté dans la capitale birmane, Naypyidaw.

La Chine revendique sa souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, traversée par d'importantes routes maritimes et potentiellement riche en ressources gazières et halieutiques.

Elle y a des différends territoriaux avec Brunei, la Malaisie, les Philippines et le Vietnam, ainsi qu'avec Taïwan, qui n'est pas membre de l'Asean (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam).

Les relations entre Pékin et Hanoï ont été particulièrement tendues ces derniers mois après l'installation en mai d'une plateforme pétrolière chinoise près de l'archipel disputé des Paracels, qui a provoqué au Vietnam les émeutes anti-chinoises les plus violentes depuis des décennies. La plateforme a depuis été retirée.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en Birmanie pour participer ce week-end aux réunions de l'Asean élargies à ses partenaires clé, a appelé les différentes parties à éviter toute action risquant d'aggraver les tensions régionales.

S'exprimant juste avant une rencontre avec ses homologues de l'Asean, il a souligné que les Etats-Unis et le bloc régional avaient une "responsabilité commune pour assurer la sécurité maritime de voies maritimes et de ports internationaux essentiels".

"Nous devons travailler ensemble pour gérer les tensions en mer de Chine méridionale et pour les gérer pacifiquement", a-t-il ajouté, soulignant que la question était importante non seulement pour la région et les Etats-Unis, mais pour le monde entier.

Alors que le gouvernement de Barack Obama entend faire de l'Asie le "pivot" de sa politique étrangère, les Etats-Unis cherchent à renforcer leurs alliances dans la région.

Un responsable du département d'Etat a noté que les Etats-Unis ne voulaient pas d'une "confrontation" avec la Chine lors d'une réunion de l'Asean avec tous ses partenaires dimanche.

"J'ai demandé à tout le monde de réaliser que la situation est arrivée à un tel point qu'elle pourrait sans aucun doute commencer à affecter la paix, la sécurité et la stabilité dans la région", a souligné de son côté vendredi soir le ministre philippin des Affaires étrangères Albert del Rosario.

Manille insiste pour la conclusion rapide d'un code de conduite pour gérer les disputes, en discussion avec Pékin depuis plus de dix ans. Mais la Chine préfère les négociations bilatérales, où, selon ses détracteurs, elle peut bénéficier à plein de tout son poids de géant asiatique.

Première publication : 09/08/2014