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Kasparov à l'assaut du monde des échecs avec Poutine en ligne de mire

AFP

Le président de la Fédération internationale des échecs Kirsan Ilioumjinov à Tripoli avec l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le 14 juin 2011Le président de la Fédération internationale des échecs Kirsan Ilioumjinov à Tripoli avec l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le 14 juin 2011

Le président de la Fédération internationale des échecs Kirsan Ilioumjinov à Tripoli avec l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le 14 juin 2011Le président de la Fédération internationale des échecs Kirsan Ilioumjinov à Tripoli avec l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le 14 juin 2011

Dans une partie où tous les coups semblent permis, la légende Garry Kasparov aspire à s'emparer du leadership de la planète des échecs, une ambition qui revêt un côté politique avec Vladimir Poutine dans le collimateur.

L'ex-champion du monde de 51 ans briguera la présidence de la Fédération internationale des échecs (FIDE) face au sortant, le Russe Kirsan Ilioumjinov, lundi en marge de l'Olympiade d'échecs à Tromsoe dans le Nord de la Norvège.

Le premier est un opposant acharné du président Poutine, le second passe pour être l'homme du Kremlin, une tête d'affiche propice aux analogies avec la logique de blocs qui règnait pendant la Guerre froide.

"Toutes les ambassades russes à travers le monde se sont mobilisées pour soutenir M. Ilioumjinov pour qu'il reste en place", affirmait cette semaine Kasparov au journal norvégien Dagbladet. "On comprendra que ce n'est pas qu'une affaire d'échecs. C'est un pur combat politique", a-t-il estimé.

Se présentant comme le modernisateur indispensable d'un système opaque et figé, il assure vouloir "mettre fin aux abus et à la corruption" qui entachent la Fide contrôlée depuis 19 ans par son indéracinable rival.

Excentrique qui affirme avoir été enlevé un jour par des extra-terrestres en combinaison jaune avec il communiquait par télépathie, Ilioumjinov, 52 ans, a le don de fricoter avec des personnalités sulfureuses.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Bachar el-Assad: tous ont reçu ses délicates attentions alors même qu'ils subissaient les foudres d'une grande partie de la communauté internationale.

En juin 2011, en pleine campagne de bombardements par l'Otan, ce bouddhiste richissime s'était ainsi rendu à Tripoli pour disputer une partie d'échecs hautement médiatisée avec le dictateur libyen, lequel reçut même le titre de "grand maître international".

Certains voient dans ces contacts décalés une sorte de diplomatie parallèle du Kremlin. "Poutine, la Russie, Ilioumjinov, tout est lié", affirme Gérard Demuydt, un responsable du magazine Europe Echecs.

Selon lui, ces liaisons dangereuses font du tort à la discipline des échecs passablement désargentée.

"Si vous recherchez Ilioumjinov sur Google, vous trouvez son nom associé à +aliens+, +Saddam Hussein+, "Kadhafi+. Cela effraie les sponsors susceptibles de contribuer au développement du jeu et cantonne Ilioumjinov dans l'isolement avec pour seules sources de financement des groupes russes et des gens sans scrupule", souligne-t-il.

- Kasparov donné perdant -

Alors que son rival et compatriote a choisi le chemin de l'exil vers Manhattan d'où il éreinte le "dictateur" russe sur Twitter et dans les médias, M. Ilioumjinov agite son patriotisme.

"J'adore mon pays", a-t-il déclaré au New York Times. "Kasparov, qui a grandi dans ce pays, qui a reçu son éducation ici, qui est devenu un champion ici (...), est encensé pour son combat contre la Russie et sa population. N'est-ce pas fou?".

Si M. Poutine n'a pas apporté officiellement son soutien au président sortant de la Fide, sa position ne fait pas de mystère.

De l'avis des observateurs, Kasparov a de toute façon très peu de chances de remporter son pari. Dans un scrutin "un pays, une voix", l'attention qu'Ilioumjinov a toujours porté aux nombreuses petites fédérations nationales devrait lui assurer sa réélection face à un outsider qui a longtemps privilégié les grosses fédérations occidentales.

La campagne n'en aura pas moins été marquée par de multiples piques et coups bas ainsi que des allégations, de part et d'autre, de pressions, menaces et achat de votes.

Pour Bachar Kouatly, premier grand maître international français en 1989 et directeur d'Europe Echecs, c'est de toute façon "bonnet blanc et blanc bonnet".

Derrière ses déclarations pour la transparence et la démocratie, Kasparov est, selon lui, une personnalité aussi clivante et intransigeante que son ennemi déclaré au Kremlin.

"Kasparov est l'idiot utile de Poutine. Les deux ont un intérêt mutuel à exister", estime M. Kouatly. "Poutine parce que Kasparov est un détracteur qui ne représente rien à l'intérieur du pays et qu'il détourne l'attention des médias occidentaux de la véritable opposition russe, Kasparov parce qu'éreinter Poutine lui permet de continuer à entretenir sa marque 10 ans après avoir pris sa retraite de joueur".

Première publication : 10/08/2014