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Afghanistan: le correspondant du New York Times interdit de quitter le pays

© AFP/Archives | L'entrée du New York Times, le 8 mars 2011 à New YorkL'entrée du New York Times, le 8 mars 2011 à New York

Le correspondant à Kaboul du New York Times est depuis mardi interdit de sortie d'Afghanistan pour un article sur la présidentielle afghane, une décision de la justice afghane annoncée par le journal américain et condamnée par le département d'Etat.

D'après un article du quotidien américain, Matthew Rosenberg, correspondent du NYT dans la capitale afghane depuis trois ans, a été convoqué mardi par le procureur général d'Afghanistan avant de se voir signifier une interdiction de quitter le pays.

Selon le Times, M. Rosenberg avait publié ce mardi un article affirmant que de "puissantes figures gouvernementales afghanes discutaient de la mise sur pied d'une commission gouvernementale temporaire pour sortir de l'impasse consécutive à l'élection" présidentielle afghane.

L?Afghanistan est politiquement paralysé depuis le premier tour de la présidentielle d'avril, suivi par un second tour en juin qui n'a pas réussi à départager hors de tout doute les rivaux Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani.

La diplomatie américaine a vivement réagi à la mesure prise contre le journaliste du NYT.

"Nous sommes profondément troublés par les actions du procureur général afghan et par cette interdiction de voyage apparemment appliquée et nous exhortons le gouvernement afghan à respecter les libertés fondamentales d'expression et de la presse", a dénoncé la porte-parole du département d'Etat, Marie Harf.

Elle a assuré que son ministère "surveillait la situation" et était "en contact" avec le NYT.

Les Etats-Unis sont profondément impliqués en Afghanistan, militairement et politiquement, depuis leur intervention fin 2001 pour chasser les talibans et installer l'actuel président Hamid Karzaï.

Afin d'écarter les risques d'instabilité dans ce pays, les deux prétendants à la succession de M. Karzaï --MM. Abdullah et Ghani-- ont signé début août, sous le regard du secrétaire d'Etat John Kerry, un accord pour un gouvernement d'unité nationale quel que soit le vainqueur de la présidentielle.

Les deux rivaux se sont aussi engagés à accepter les résultats du scrutin après l'audit en cours des 8,1 millions de bulletins de vote. Mais cet audit complexe avance à pas de tortue et les risques de désaccord entre les deux rivaux persistent.

Washington a dit vouloir qu'un président "investi" et son gouvernement puissent se présenter au sommet de l'Otan les 4 et 5 septembre au Pays de Galles.