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Moyen-Orient

Ce qu'il faut retenir de la vidéo de la décapitation de James Foley par l'EI

© Nicole Tung, AFP | James Foley à Alep, en Syrie, le 5 novembre 2012

Texte par Steven JAMBOT

Dernière modification : 20/08/2014

La vidéo macabre de la décapitation du journaliste américain James Foley par un jihadiste de l'organisation de l'État islamique marque un retour aux pratiques d'Al-Qaïda après l'intervention américaine en Irak, en 2003. Les réseaux sociaux en plus.

Que voit-on dans cette vidéo ?

La vidéo de 4 minutes 40, authentifiée par la Maison Blanche mercredi 20 août, commence par un texte en anglais et en arabe : "Obama autorise des opérations militaires contre l’État islamique, plaçant de fait l’Amérique sur une pente glissante vers un nouveau front contre les musulmans."

Elle se poursuit par un long extrait vidéo du discours prononcé le 7 août par Barack Obama annonçant des frappes aériennes américaines contre les jihadistes et une mission humanitaire en Irak. Disponible en haute définition sur le site de la Maison Blanche, il comporte le logo WH.gov, en haut à droite.

Après un fondu au noir, s’ensuit une longue séquence d’un homme blanc vêtu d’une tenue orange rappelant celle des détenus de la prison de Guantanamo. Il est agenouillé dans un paysage désertique non-identifié. Derrière lui, un homme en noir, le visage dissimulé, impassible. À gauche de l’écran, une inscription : "James Wright Foley".

Le prisonnier, visiblement stressé mais apparemment en bonne santé, déclare, sous la contrainte : "J’appelle mes amis, ma famille et ceux que j’aime à s’élever contre mes véritables meurtriers, le gouvernement des États-Unis, car ce qui va m’arriver n’est que la conséquence de son arrogance et de sa criminalité."

Après une interruption, le jihadiste prend la parole, un couteau à la main, pour dénoncer le gouvernement américain qui s’est "placé en première ligne de l’agression contre l’État islamique". Il s’exprime dans un anglais britannique parfait. Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a d’ailleurs confirmé que cet homme pourrait être l'un de ses compatriotes. Après sa tirade, il se place derrière son supplicié, l’étouffe d’une main et commence à trancher sa gorge de l’autre. L’écran passe au noir puis apparaît le cadavre, la tête ensanglantée posée sur la poitrine.

À la fin de la vidéo, un autre prisonnier en tenue orange apparaît à l’écran. Il est identifié : "Steven Joel Sotloff". Journaliste indépendant américain, il a été porté disparu en juillet 2013 alors qu’il se trouvait dans le nord de la Syrie. "La vie de ce citoyen américain, Obama, dépend de ta prochaine décision", dit l’homme au visage masqué.

Une production soignée, pensée comme un clip

Cette vidéo respecte les codes des vidéos d’otages devenus familiers des journalistes et des experts de l’anti-terrorisme depuis plus d’une décennie. Mais elle est sans aucun doute bien plus professionnelle dans sa production. L’image est en HD, une deuxième caméra est même utilisée pour avoir un autre angle. Derrière cette mise en scène : Al-Furqan Media, l’organe médiatique officiel de l'organisation de l’État islamique.

L’anglais est la seule langue utilisée durant toute la vidéo, sans doublage. Seuls des sous-titres en arabe ont été incrustés, ce qui différencie encore cette vidéo de la plupart des précédentes, dans lesquelles des jihadistes s’exprimaient en arabe.

Un cérémonial qui rappelle d'autres décapitations d'Occidentaux en Irak

En 2003, après l’invasion américaine de l’Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, chef d’Al-Qaïda en Irak, avait publié une série de décapitations d’otages occidentaux comme le Britannique Ken Bigley ou les Américains Eugene Armstrong et Jack Hensley. Selon les services de renseignement américains, ces vidéos avaient fait débat au sein même d’Al-Qaïda. Dans des messages internes, Ayman al-Zawahiri et Oussama Ben Laden, chefs de la nébuleuse terroriste, avertissaient de la mauvaise image que ces vidéos donnaient du groupe auprès des opinions publiques arabes.

Si cette vidéo de décapitation n’est pas la première de l’État islamique – qui tranche des gorges à rythme soutenu –, c’est la première fois qu’un citoyen américain en est la victime depuis le début du soulèvement contre Bachar al-Assad en Syrie, en 2012. Son intitulé, "Un message à l’Amérique", montre aussi que le groupe jihadiste se sent menacé par les frappes aériennes américaines et veut montrer sa détermination de façon sanglante.

Une diffusion sur plusieurs canaux

La vidéo a commencé à circuler mardi 19 août sur Internet, aux alentours de 22 heures (heure de Paris). Dès sa mise en ligne, les réseaux sociaux se se sont mobilisés pour empêcher sa propagation. La vidéo et ses duplications ont été rapidement supprimées de YouTube et des comptes Twitter qui avaient relayé des liens vers la vidéo ont été suspendus.

Pour contrer l’opération de communication macabre de l’EI, des internautes ont lancé le hashtag #ISISmediaBlackOut appelant à ne pas relayer les images de l'exécution. Des relais jihadistes ont rapidement répliqué en formant un "front médiatique pour soutenir l’EI". Mercredi après-midi, au moment où nous avons publié cet article, la vidéo intégrale de l'exécution était toujours disponible au téléchargement sur des plateformes d’échange de fichiers.

France 24 a décidé de ne pas diffuser sur ses antennes ou publier en ligne la vidéo de cette exécution – ni même des captures d’écran.

La plupart des médias internationaux ont refusé de diffuser les images de cette décapitation. Dans le monde arabe, Al-Arabiya les a diffusées en s’arrêtant avant le début du supplice. Les télévisions américaines, à l’instar de CNN et de la conservatrice Fox News, ont choisi de montrer une capture d’écran de James Foley à genoux, le jihadiste debout derrière lui.

Quant au "New York Post", tabloïd connu pour ne pas avoir de limites, il a fait sa une avec le jihadiste la lame posée sur la carotide de James Foley. En gros titre : "Sauvages".

Première publication : 20/08/2014

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