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Afrique

À Bangui, plusieurs centaines de manifestants réclament le départ des soldats français

© Pacome Pabandji, AFP | Troupes françaises patrouillant dans une rue de Bangui, le 16 août 2014.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/08/2014

Des centaines de personnes ont manifesté, jeudi à Bangui, contre la présence militaire française en Centrafrique. Des heurts ont eu lieu, mardi et mercredi, entre des soldats français et des hommes armés, faisant cinq morts.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté pacifiquement, jeudi 21 août, à Bangui, contre la présence militaire française en Centrafrique, au lendemain de heurts meurtriers dans un quartier musulman de la capitale. 

Hommes, femmes et enfants ont marché malgré la pluie sur plusieurs kilomètres, depuis le quartier musulman du PK5 jusqu'au siège de la Minusca (représentation de l'ONU), aux cris de "Hollande criminel". Ils y ont déposé un mémorandum contenant leurs griefs et revendications.

Les manifestants entendaient exprimer leur mécontentement contre l'armée française, qu'ils accusent de harcèlement contre les musulmans. Ils brandissaient des pancartes en carton, dénonçant l'opération militaire française Sangaris et la force européenne Eufor, qui compte une importante composante hexagonale. "Nous sommes toujours victimes de la France", accusait l'un de ces écriteaux.

"Nous n'avons plus besoin des Français ici"

"On ne comprend pas la colère des Français contre les musulmans du PK5. Et on ne comprend pas non plus que devant tous ces morts et blessés, aucune autorité n'a élevé la voix", a déploré Abakar Moustapha, un notable du quartier, cité par l'AFP.

"Nous n'avons plus besoin des Français ici. Qu'ils s'en aillent ! Ils sont la cause de tous nos malheurs", s'égosillait un manifestant.

Le rassemblement s'est déroulé sans incident. La sécurité du cortège était assurée par des éléments burundais de la force africaine Misca.

Ces protestations interviennent au lendemain de heurts meurtriers entre des soldats français et des hommes armés, qui ont fait cinq morts, dont un volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine. Trois soldats français ont en outre été blessés.

Quelque 2 000 militaires français sont déployés depuis décembre en Centrafrique, en soutien aux 6 000 hommes de la force africaine de maintien de la paix, la Misca.

À partir du 15 septembre, la Minusca - la Mission des Nations nies pour la stabilisation en République centrafricaine - doit se substituer progressivement aux forces internationales, dont la Misca. La force de l'ONU comptera 12 000 hommes à effectif plein.

Avec AFP

Première publication : 21/08/2014

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