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Afrique

Le "califat" de Boko Haram : "Un simple coup médiatique"

© AFP (Capture d'écran) | Vidéo diffusée par Boko Haram le 24 août. Son chef, Abubakar Shekau, y proclame un "califat islamique".

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Steven JAMBOT

Dernière modification : 27/08/2014

Le groupe islamiste armé Boko Haram a placé Gwoza, ville du nord-est du Nigeria, sous le règne du "califat islamique". Une annonce visant d’abord à attirer l’attention internationale sur lui, estime la chercheuse Pauline Guibbaud.

Après l'organisation de l'État islamique (EI), au tour de la secte Boko Haram de proclamer son califat. Un mois à peine après avoir apporté son soutien à l'autoproclamé "calife" Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a décidé de franchir le pas en déclarant que la ville de Gwoza, dans le nord-est du Nigeria, faisait désormais "partie du califat islamique".

Faut-il voir dans cette annonce un changement de stratégie de la part de Boko Haram ? Abubakar Shekau a-t-il les moyens de ses ambitions ? Éléments de réponse avec Pauline Guibbaud, auteure du livre "Boko Haram : Histoire d'un islamisme sahélien" (L’Harmattan) et chercheure-associée au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (Grip).

France 24 : Abubakar Shekau a placé une ville de l’État de Borno "sous le règne du califat islamique". Que faut-il comprendre ? Boko Haram peut-il s’allier à l’État islamique ?

Pauline Guibbaud : C’est la première fois qu’Abubakar Shekau annonce que des villes sont placées sous le règne du "califat islamique". Il avait déjà fait mention de l’État islamique dans une vidéo en juillet, mais je ne pense pas qu’il veuille se placer sous la bannière d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Par le passé, Abubakar Shekau a déjà fait référence dans ses discours à d’autres organisations jihadistes au Sahel, en Afghanistan ou en Irak mais jamais son organisation n’a porté allégeance à Al-Qaïda ou à un aucun autre groupe. Certes, il peut y avoir des références idéologiques communes, mais je ne pense pas que Boko Haram puisse se mettre sous la tutelle d’un quelconque groupe jihadiste.

En fait, Abubakar Skekau veut juste donner une résonnance internationale à ses actes en faisant un grand coup médiatique. Longtemps, ses vidéos n’avaient pas réellement d’écho au niveau international. Mais il commet de plus en plus des actes qui cherchent la médiatisation, tel l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles. À la faveur des événements en Syrie et en Irak, il peut également attirer l’attention de la communauté internationale en parlant d’un "califat". Pour moi, cela fait partie de sa stratégie de médiatisation.

Y a-t-il un changement de stratégie de Boko Haram sur le terrain maintenant qu'il contrôle une zone assez vaste ?

Le fait que le groupe se soit emparé de villes et de territoires est assez nouveau, même si début 2013 le président nigérian Goodluck Jonathan avait reconnu ne plus être maître de plusieurs zones du nord-est du pays. Depuis ses débuts en 2002 à l’initiative de Mohammed Youssouf [mort en juillet 2009, NDLR], Boko Haram vise à déstabiliser le pouvoir central en vue d’instaurer la charia dans le nord du Nigeria et de l’étendre au reste du pays.

Mais le mode d’action de Boko Haram ne lui permet pas de disposer d’une base populaire. Il ne peut pas fédérer par la terreur. Dans le nord-est du Nigeria, les populations sont enfermées entre deux violences : celle de Boko Haram et celle de l’armée nigériane, coupable elle aussi d’exactions.

Abubakar Shekau a-t-il la carrure d’un "calife" ? De quels moyens (hommes, matériel militaire, ressources financières, etc.) dispose-t-il ? Ses moyens se sont-ils accrus ?

Shekau n’est pas un leader incontesté au sein de Boko Haram. Il a d’ailleurs du mal à contrôler ses troupes. Certaines actions violentes ont été réalisées par des branches de Boko Haram qu’il ne maîtrise pas. C’est un guerrier, pas une figure idéologique, et il est beaucoup moins charismatique que son prédécesseur, Mohammed Youssouf.

Le nombre de combattants de Boko Haram est difficilement quantifiable. Certains experts l’évaluent à 30 000. Leur armement a évolué. En 2003, lors des premiers attentats, les armes le plus communément utilisées étaient des machettes ou des armes légères. À partir de 2010, un armement plus lourd fait son apparition à la faveur de la corruption auprès de militaires nigérians mais aussi tchadiens.

Preuve que les moyens ont augmenté, l’armée nigériane réclame des armes pour faire face à des combattants mieux armés qu’elle. Financièrement, Boko Haram a fait du pillage systématique de banques, auquel il faut ajouter l’argent des rançons d’otages occidentaux. Certains ont également évoqué une aide financière ponctuelle de la part d’Al-Qaïda au Maghreb islamique [Aqmi]. Donc oui, les moyens de Boko Haram se sont accrus et donc forcément les ambitions également.

Première publication : 27/08/2014

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