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FRANCE

Vidéo : à Paris, les coiffeuses sans-papiers de Château d'eau se rebellent

© Capture d'écran FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/08/2014

Plusieurs coiffeuses du quartier de Château d'eau, à Paris, sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. France 24 est allé à la rencontre de ces travailleuses rebelles sans-papiers venues de Côte d'Ivoire, du Nigeria ou encore de Guinée.

Elles sont en train de briser un tabou. Des coiffeuses sans-papiers du quartier parisien de Château d'eau (Xe arrondissement) se rebellent et occupent leur salon de plusieurs étages au 57, boulevard de Strasbourg. Elles viennent de Côte d'Ivoire, du Nigeria ou encore de Guinée et n'étaient pas payées plus de 400 euros par mois.

"On travaillait dans de mauvaises conditions. On n’avait pas de repos en tant que tel. On travaillait du lundi au samedi de 8h30 à 23h", explique l'une d'elles. “[La grève] a commencé parce qu’on n’était pas payées depuis deux mois. Et à chaque fois que l’on réclamait un salaire, cela posait problème. Le propriétaire se disait que comme on n’avait pas de papiers, on n’était pas déclarées et donc de toute façon, on n’avait pas d’endroit où aller se plaindre pour avoir notre argent", explique une autre.

"Deux ou trois personnes gèrent le quartier"

Grâce à leur mobilisation, ces coiffeuses ont obtenu des contrats de travail. Mais tout de suite après, en juillet, le gérant a déposé le bilan. La CGT, qui soutient ces employées, a porté plainte pour faillite frauduleuse et traite d’êtres humains. Le syndicat dénonce une exploitation organisée de travailleurs vulnérables. "Deux ou trois personnes, en fin de compte, gèrent tout le quartier de Château d’eau et placent des gérants, de fait, qui sont là mais qui ont été placés par des personnes qui ferment, ouvrent, telle boutique, exploitent volontairement des personnes en situation de vulnérabilité", explique Marilyne Poulain, responsable immigration à la CGT.

Le syndicat explique que tant que ces travailleuses n'auront pas de papiers, la lutte restera ardue. Pour l'heure, les employées rebelles sont très mal vues par les autres gérants. "Les patrons se moquent de nous. Il dissent que plus personne ne va nous prendre sur le boulevard. Souvent dehors on nous appelle ‘la CGT’, pas par notre nom", explique l'une d'elles.

La lutte se poursuit

Ni la préfecture de police, ni l'association des gérants de salons de coiffure du quartier n'ont donné suite aux sollicitations de France 24. Le maire du Xe arrondissement de Paris, le socialiste Rémi Féraud, lui, soutient le mouvement des coiffeuses : "Lorsque les salariés eux-mêmes, en situation d’exploitation, ne réclament pas que le droit du travail soit appliqué, c’est très compliqué. Là, il y a une chance. Si elle n’est pas saisie, notamment par la justice, on aura loupé quelque chose."

Les coiffeuses du 57, boulevard de Strasbourg affirment que si elles perdent cette lutte pour obtenir des indemnités et des papiers, cela enverra un signal catastrophique pour les travailleurs du quartier, et même au-delà.

Première publication : 28/08/2014

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