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Larry Flynt, hérault du porno, fête les 40 ans d'Hustler

© AFP / Par Veronique DUPONT | Larry Flynt s'exprime lors du 40e anniversaire de son magazine "Hustler", dans ses bureaux de Beverly Hills le 26 août 2014Larry Flynt s'exprime lors du 40e anniversaire de son magazine "Hustler", dans ses bureaux de Beverly Hills le 26 août 2014

Larry Flynt, l'empereur du porno et provocateur en chef, célèbre les 40 ans de son magazine X Hustler, et autant d'années de combats pour la liberté d'expression.

"Je suis le plus gros fournisseur de contenus pour adultes dans le monde, nous sommes dans plus de soixante pays", se félicite le magnat du X, en costume beige et bagues en or et diamants, depuis son immense bureau rond de Bervely Hills à l'épaisse moquette verte et à la décoration rococo.

Sur son bureau style napoléonien sont disposées des photos de sa femme, de lui et Bill Clinton, des caricatures et toute une collection du magazine Hustler ("petite frappe" en français).

Sur la couverture du numéro anniversaire, une blonde à quatre pattes en jarretières a revêtu un sautoir de perles, pour l'occasion. L'intérieur du magazine ne fait, lui, pas dans la dentelle: du sexe très X, sous toutes ses coutures et en très gros plan.

"Une étude montre que les femmes aiment la qualité, les belles images et mises en scène. Les hommes, ils s'en fiche, ils aiment ça brut de décoffrage", sourit le magnat âgé de 71 ans, depuis son fauteuil roulant plaqué or, où il est cloué depuis un attentat en 1978.

Son magazine voit peut-être ses jours comptés, avec un tirage qui a fondu face à l'abondance de contenus porno en libre accès sur internet: "tant que nous restons rentables, je continuerai à publier, après nous passerons sur internet seulement", admet Flynt.

Le site de Hustler ne gagne "pas beaucoup" d'argent non plus, concurrencé lui aussi par les vidéos X en ligne gratuites, souvent amateur.

- 'Je m'en fiche du président' -

L'avenir pour son groupe se trouve surtout dans les chaînes de télévision X et les vidéos à la demande, mais aussi dans les boutiques d'accessoires et les casinos, que le groupe ouvre à tout va.

"Nous avons eu notre meilleure année l'an dernier", assure-t-il. La vente du siège de Hustler à Beverly Hills pour 89 millions de dollars y a sans doute contribué.

Mais ce dont il est le plus fier, ce sont ses victoires légales en faveur de la liberté d'expression: ses détracteurs "n'ont pas réussi à (le) mettre en faillite, même s'ils ont fait tout ce qu'ils ont pu".

Il a été poursuivi tour à tour pour pornographie, outrage au drapeau américain, refus de révéler ses sources, diffamation et, le plus célèbre motif: "détresse émotionnelle".

C'est cette plainte déposée à la suite d'une parodie de publicité dans laquelle apparaissait le révérend Jerry Falwell, perdue en première instance, qu'il a combattue férocement jusqu'à ce que la Cour Suprême lui donne raison: le célèbre "The people vs Larry Flynt", titre du film de Milos Forman qui lui est dédié.

"Ce cas a protégé le droit à la parodie et a bénéficié aux médias en général", assure-t-il. Il répète régulièrement que des émissions comme The Daily Show ou le Colbert Report n'auraient pas existé sans cette victoire.

"Tout le monde se dit en faveur de la liberté d'expression mais beaucoup se méprennent sur ce qu'elle signifie: ce n'est pas seulement pour les idées que vous aimez mais pour celles que vous haïssez le plus, y compris les discours haineux", fait valoir cet ardent libertaire.

Pro-gays, anti-peine de mort, il s'est même prononcé (en vain) contre l'exécution du tueur en série qui l'a rendu hémiplégique.

S'il est engagé politiquement, "ce n'est pas pour les mêmes raisons que la plupart des gens. Je me fiche de qui est président, ce qui compte c'est qui ils nomment à la Cour Suprême, car c'est à vie et leurs décisions affectent votre vie de tous les jours".

Il cite ainsi "Citizen United" (2010), une décision qui "considère les entreprises comme des personnes" et les autorise à donner de l'argent aux candidats à des élections avec des montants désormais déplafonnés: "la décision la plus ridicule que j'ai jamais vue".

Par Veronique DUPONT