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FRANCE

Laurent Fabius sur France 24 : "Il faut être ferme face à la Russie"

© Capture d'écran France 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 29/08/2014

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius s'est exprimé vendredi sur France 24. Interrogé notamment sur la situation en Ukraine, le ministre a estimé que les sanctions contre la Russie devront probablement être renforcées.

Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, s’est exprimé vendredi 29 août sur France 24, après son discours lors de la 22e conférence annuelle des ambassadeurs à Paris. Lors de cette interview, le chef de la diplomatie française a abordé la situation en ukraine, la lutte contre l'organisation de l'État islamique, ainsi que le problème du virus Ebola.

  • Ukraine : "Personne ne peut souhaiter qu’il y ait une guerre avec la Russie"

Concernant la situation en Ukraine, le ministre français des Affaires étrangères a dit avoir "des indications extrêmement alarmantes qui montrent qu’il y a des forces militaires russes en Ukraine […] Lorsqu'un pays envoie des forces militaires dans un autre pays sans l’accord et même contre l’accord de cet autre pays, cela s’appelle une intervention. C’est évidemment inacceptable."

"Il faut faire preuve à la fois de fermeté et de dialogue, a continué Laurent Fabius. Le dialogue, nous l’avons essayé, mais encore faut-il qu’il ait une réponse […] Si la Russie ne modifie pas son comportement, il est probable que les sanctions vont être encore renforcées."

Concernant l’hypothèse d’une intervention militaire des Occidentaux, le ministre considère que "personne de sensé ne peut souhaiter qu’il y ait une guerre avec la Russie. Il faut rester raisonnable. Mais il faut, par une pression de plus en plus forte, faire que la Russie renonce."

  • L’État islamique "encore plus dangereux qu’Al-Qaïda"

Autre chapitre abordé lors de cet entretien exclusif, la progression de l’organisation de l’État islamique (EI) en Irak et en Syrie. Laurent Fabius a rappelé l’idée du président de la République François Hollande d’une "grande conférence internationale pour stabiliser ce qui se passe en Irak et pour lutter contre l’EI, qui est d’une dangerosité extrême, encore plus dangereux qu’Al-Qaïda". Selon le chef de la diplomatie française, cette organisation terroriste "menace le monde entier".

"Notre proposition, a-t-il affirmé, c’est que tous les pays fassent bloc pour résister, pour lutter et pour finir par neutraliser cet EI. Cela demande des moyens de renseignement, des moyens de force, et qu’on coupe les ressources financières [de l’EI, NDLR]."

Cependant, envisager une intervention au sol reste "compliquée", selon Laurent Fabius, qui a souligné que les combattants de l’EI étaient à la fois présents en Irak et en Syrie. "Si vous voulez lutter contre une organisation transnationale, il faut aussi avoir une action d’ensemble", a-t-il souhaité.

  • "Assad est un dictateur"

Pas question pour autant de s’allier au Syrien Bachar al-Assad. "Il n’est absolument pas question de considérer monsieur Bachar al-Assad comme notre partenaire, a lancé le ministre. Monsieur Bachar al-Assad est un dictateur. […] Il a été l’une des origines de la création de l’EI. Il a libéré de prisons des terroristes qui ont ensuite constitué l’EI. Et, jusqu’à il y a quelques jours, il épargnait l’EI. Lui d’un côté, et l’EI de l’autre, tapaient à bras raccourcis contre les Syriens modérés."

Pour Laurent Fabius, il n’est donc "pas question de dire aux gens : ‘Vous avez le choix entre ou bien un dictateur ou bien des barbares.’ Il faut arriver à faire en sorte qu’il y ait une alliance de beaucoup de forces à travers le monde pour faire reculer et neutraliser cette organisation extrêmement dangereuse."

  • "Favoriser la paix et la sécurité"

Enfin, le ministre des Affaires étrangères a abordé le problème du virus Ebola, soulignant que la situation était "très difficile car d’un côté il y a des gens à secourir, de l’autre il faut éviter la contagion".

Et le chef de la diplomatie française de conclure que quelle que soit la crise actuelle, en Ukraine ou en Irak, la France a un "point fixe" : "Nous agissons à court et moyen terme pour tout ce qui peut favoriser la paix et la sécurité."
 

Première publication : 29/08/2014

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