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Impôts: la suppression de la "demi-part des veuves" sale la note de nombreux retraités

© AFP/Archives / Par Isabelle TOURNÉ | Le mot "Impôts" sur des billes de banque, à Lille le 25 août 2014Le mot "Impôts" sur des billes de banque, à Lille le 25 août 2014

Pour de nombreux retraités, la réception des avis d'imposition a fait l'effet d'une douche froide. Car la suppression de "la demi-part des veuves" a alourdi la facture de milliers de personnes âgées, même si d'autres mesures ont été prises pour adoucir la note.

Micheline Boucher, 89 ans, n'en est pas revenue: elle qui ne payait pas d'impôt devra cette fois s'acquitter de 400 euros. Après s'être déplacée dans un guichet du fisc, elle a compris que ce dû s'expliquait par la suppression de la demi-part fiscale qui profitait jusqu'ici aux parents isolés ou aux veufs et veuves ayant eu un enfant.

"Je ne suis pas contre le fait de payer des impôts mais ça nous tombe dessus comme ça, sans qu'on soit prévenu", s'est émue Mme Boucher auprès de l'AFP.

C'est la majorité précédente qui avait voté en 2008 la fin progressive de cette demi-part, avec un avantage devant se réduire petit à petit, jusqu'à disparaître totalement cette année. N'est maintenu le bénéfice que pour les personnes ayant élevé seules leurs enfants pendant au moins cinq ans.

A cette suppression s'ajoute une autre mesure de nature à augmenter les impôts de milliers de personnes âgées: la fiscalisation de la majoration de 10% des pensions des retraités ayant eu au moins trois enfants, jusqu'ici non taxée, qui a été décidée dans le précédent budget.

Pour Régine Devoucoux, 72 ans, c'est la "double peine": non imposable il y a encore deux ans, elle a payé 130 euros l'année dernière et doit 471 euros cette année, en raison de la fin des deux avantages fiscaux. Vivant avec 1.300 euros par mois de retraite et pension de réversion, elle affirme que ce sera "autant d'argent en moins à consacrer aux loisirs ou à donner à (son) petit-fils en recherche d'emploi". "J'ai aussi décidé de prendre une mutuelle moins chère, qui me couvrira moins bien", soupire-t-elle.

- "Les retraités malmenés" -

Francisco Garcia, le président de l'Union nationale des retraités et des personnes âgées, dénonce "une accumulation de dispositifs qui pèsent lourdement sur cette catégorie de la population". Car "pour certains, les hausses d'impôts équivalent à un mois de pension", jure-t-il, jugeant "les retraités de plus en plus malmenés".

Pour atténuer les effets de ces mesures, le gouvernement a consenti différents gestes en faveur des ménages les plus pauvres comme la réindexation du barème de l'impôt sur l'inflation, et le relèvement de la décote, un mécanisme permettant de réduire, voire d'effacer le montant de l'impôt dû par les plus modestes. Ou, plus récemment, une réduction d'impôt profitant à plus de 3 millions de ménages.

"Il y a forcément des gagnants et des perdants, impossible pour l'instant de savoir combien", glisse Vincent Drezet, secrétaire général de Solidaires-Finances publiques, principal syndicat des impôts. "Mais il est certain que pour certains retraités, les gestes fiscaux n'atténuent pas la fin de la demi-part et la fiscalisation de la majoration des pensions", ajoute-t-il.

Selon ses calculs, "sur les 3,6 millions de contribuables concernés par la suppression de la demi-part des veuves, environ 2 millions vont devenir imposables ou voir leurs impôts augmenter".

Autre risque, selon lui: une hausse de la taxe d'habitation pour un certain nombre de personnes, le montant de cet impôt étant calculé en fonction du revenu fiscal de référence, qui tient compte du nombre de parts.

C'est la crainte d'Astrid Bastien, 64 ans, qui doit payer cette année 485 euros d'impôts de plus que l'an dernier et s'attend également à voir sa taxe d'habitation augmenter. "Je ne peux plus gâter mes petits-enfants", lâche-t-elle, "éc?urée". Et d'ajouter: "qu'ils nous rendent notre demi-part! On n'a pas demandé à être veuf".

Par Isabelle TOURNÉ