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Ebola : Cuba fait perdurer la tradition de l’entraide médicale

© Adalberto Roque, AFP | L'école de médecine cubaine ELAM, une des plus avancées au monde.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 20/09/2014

La Havane doit envoyer 165 médecins et infirmiers en Sierra Leone pour lutter contre le virus Ebola. Comment Cuba arrive-t-elle à rester en pointe dans le secteur médical malgré ses difficultés économiques ? Éléments de réponse.

Une brigade de 165 collaborateurs cubains, constituée de médecins, infirmières, épidémiologistes et spécialistes des soins intensifs, sera envoyée d'ici une dizaine de jours en Sierre Leone pour lutter contre le virus Ebola. Il s’agit de la contribution "la plus importante" d'experts de la santé depuis le début de l’épidémie, a noté la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan.

Malgré la crise et l’embargo économique imposé par les États-Unis depuis plus d’un demi-siècle, Cuba reste reconnue dans le domaine de la santé. Pas plus tard que cet été, l’OMS qualifiait le système de santé cubain "d’exemple à suivre" pour son approche préventive et ses recherches en matière de santé publique.

Les données démographiques le prouvent : avec une espérance de vie de 78 ans, le pays fait figure depuis plusieurs années de champion du continent américain. L’île affiche aussi le taux de mortalité infantile (4,2 pour mille) le plus faible du continent, inférieur même à celui des États-Unis.

"La priorité absolue du gouvernement"

"La santé a toujours été, et reste la priorité absolue du gouvernement cubain", affirme le spécialiste de l’Amérique latine Jean Ortiz. L'île jouit de l'un des plus forts taux de médecins par habitant, soit un pour 137 habitants, selon l'Office national des statistiques (ONE). Cuba se place également parmi "les pays leaders dans le secteur pharmaceutique", remarque Stéphane Witkowski, président de l'Institut des hautes études d'Amérique latine (IHEAL). "L’île dispose du premier centre de biotechnologie au monde avec 20 000 employés, et exporte des médicaments génériques dans toute l’Amérique latine", ajoute-t-il.

Sans compter son autre atout majeur : la formation. L’École latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane accueille actuellement 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations. Selon Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, il s'agit de l’école de médecine "la plus avancée au monde".

"La politique internationaliste se poursuit"

Depuis le début de la révolution cubaine en 1959, l'île a développé cette politique solidaire d’accès au soin en l’étendant hors de ses frontières. Dès 1963, La Havane envoyait un contingent de médecins après un tremblement de terre au Chili. Le régime communiste des frères Fidel et Raul Castro a, par la suite, dépêché pas moins de 135 000 soignants à travers le monde, que ce soit pour des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires en Amérique latine et en Afrique. Aujourd’hui, environ 50 000 médecins et personnels de santé sont toujours déployés dans 66 pays, selon le ministère cubain de la Santé.

Mission la plus emblématique, l’"Opération Miracle" lancée au Venezuela en 2004, a permis d’opérer gratuitement des Latino-américains atteints de maladies oculaires en contrepartie de livraisons de pétrole. En une décennie, ce programme, qui fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact, a profité à plus de 2,8 millions de personnes, selon des sources officielles cubaines. Le succès est tel qu’il est désormais étendu aux 14 pays d’Amérique latine. Reste que les équipes cubaines sont parfois accusées, par certains locaux, de faire du prosélytisme politique sur le terrain.

10 milliards de dollars

Aujourd’hui, même si la crise économique affecte les équipements sur l’île, "la qualité des médecins, et particulièrement celle des psychiatres et des généralistes, reste incontestable", précise Stéphane Witkowski. "Et Cuba poursuit sa politique internationaliste en matière de santé", note-t-il. Au Brésil, plus de 10 000 médecins cubains consultent dans des zones délaissées par leurs confrères locaux. Cuba a également lancé, cette année, une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays.

Pour rester en pointe dans un domaine en perpétuelle évolution, Cuba fait payer depuis 2004 certains pays bénéficiaires, comme le Venezuela et l'Afrique du sud. L'exportation de services médicaux, mais aussi éducatifs et sportifs, rapporte chaque année au gouvernement 10 milliards de dollars. C'est la principale source de devises de l’île devant les envois d'argent de l'étranger et les exportations de nickel et de canne à sucre.

La délégation médicale cubaine sera déployée en Sierra Leone au début du mois d'octobre pour une durée de six mois. Avec cet engagement, l’OMS espère ainsi "stimuler davantage de pays à apporter leur aide".

Première publication : 20/09/2014

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