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Le réchauffement climatique, un allié des terroristes selon le Pentagone

© Saul Loeb, AFP | Le réchauffement climatique est une menace pour la sécurité nationale d'après le Pentagone

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/10/2014

Le Pentagone a publié, lundi, un rapport qui fait du réchauffement climatique une "menace immédiate" pour la sécurité nationale. Ce phénomène créerait, entre autre, des conditions favorables au développement des organisations terroristes.

Il n’y a pas que les climatologues qui tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences du réchauffement climatique. L’armée américaine s’y met aussi. Le Pentagone a publié, lundi 13 octobre, un nouveau rapport qui, pour la première fois, fait de ce phénomène “un risque immédiat” pour la sécurité nationale américaine. Jusqu’à présent, comme dans un rapport de 2004, l’armée ne mettait en garde que contre les risques futurs.

Ce nouveau document d’une vingtaine de pages souligne la nécessité pour les militaires d’adapter leur organisation à toutes les conséquences du changement climatique. Il y a, bien sûr, la multiplication des catastrophes naturelles et des "événements extrêmes" qui nécessitent de former l’armée américaine aux spécificités des interventions pour "raisons humanitaires", qui sont amenées à se multiplier” d’après ce rapport.

Un boulevard pour les organisations terroristes

Mais pour les militaires américains, le changement climatique est aussi un allié potentiel du terrorisme et des organisations prônant “une idéologie extrémiste”.

D'abord parce qu'il fragilise les États. Dans certaines régions d' Afrique, par exemple, les effets du réchauffement peuvent "entraîner des restrictions de l’accès à l’eau ou à la nourriture, endommager les infrastructures, provoquer des déplacements massifs de population ou encore aggraver la pauvreté en interrompant les activités commerciales". Pour des gouvernements déjà instables, remarquent les auteurs de ce rapport, c’est une catastrophe sécuritaire en puissance… et un boulevard pour les organisations terroristes.

Ensuite parce que le réchauffement rapproche les populations des groupes extrémistes : "Le changement climatique et son impact sur la disponibilité d’eau potable a pu contribuer, en Syrie, à pousser les fermiers à rejoindre les centres urbains où ils étaient plus susceptibles de succomber à la propagande de groupes extrémistes", explique au "New York Times" Marcus D. King, un expert du climat et des relations internationales à la George Washington University.

Ouragan Katrina ou Al-Qaïda ?

Mais d'autres spécialistes sont moins prompts à faire un lien aussi clair entre terrorisme et réchauffement. Celui-ci "est davantage un multiplicateur de risques qu’un allié direct des organisations extrémistes", nuance Duncan Dupledge, chercheur associé à la Royal United Services Institute for Defense and Security de Londres. Pour cet expert des questions d’environnement et de sécurité, le réchauffement  peut avoir des conséquences “néfastes qui nourrissent le ressentiment des populations contre le pouvoir en place et les rendent plus perméables à l’influence des organisations terroristes qui offrent une autre perspective d’avenir”.

Le réchauffement climatique ne serait donc qu’un élément parmi d'autres susceptible de nourrir le terrorisme. Un facteur cependant appelé à peser de plus en plus : "Il n’est plus possible d’envisager l’évolution de ces organisations extrémistes sans prendre en compte l’aspect climatique", insiste Duncan Dupledge.

Conséquence pour l'armée américaine : il va falloir hiérarchiser les priorités.  Car comme indiqué dans le rapport, celle-ci est appelée à intervenir de plus en plus souvent sur le front des catastrophes naturelles, comme on l'a vu avec l’ouragan Katrina aux États-Unis ou les typhons en Indonésie. “L’armée américaine n’a pas des ressources extensibles à l’infini, et si elle doit en allouer davantage aux interventions humanitaires, cela risque de se faire au détriment d’autres fronts”, souligne Duncan Dupledge.

Si les États-Unis ou des pays alliés sont frappés par des catastrophes climatiques à répétition, la pression populaire pourrait obliger l’armée à dépenser plus pour y faire face... Et, du coup, moins pour lutter contre Al-Qaïda, l’organisation de l’État islamique (EI) ou d’autres groupes terroristes. À l’heure où le réchauffement s'aggrave, il va devenir de plus en plus difficile d’être le gendarme du monde.

Première publication : 14/10/2014

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