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Etudiants mexicains disparus : le maire d’Iguala visé par un mandat d’arrêt

© Yuri Cortez, AFP | Le maire d'Iguala, José Luis Abarca, est impliqué dans la disparition des 43 étudiants mexicains.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/10/2014

La justice mexicaine a lancé un mandat d’arrêt contre José Luis Abarca, le maire d’Iguala, au Mexique, et son épouse. Ils sont accusés d’avoir ordonné l’attaque à l’origine de la disparition des 43 étudiants fin septembre.

Les autorités judiciaires mexicaines ont lancé, mercredi 22 octobre, un mandat d'arrêt contre le maire d'Iguala (sud du Mexique), accusé d'avoir ordonné l'attaque d'étudiants qui a fait 6 morts et 43 disparus, a déclaré le ministre de la Justice.

José Luis Abarca est soupçonné d'être "l'instigateur des faits survenus à Iguala", a affirmé le ministre. Sur la base de témoignages de détenus, il a indiqué que le maire avait donné "l'ordre d'affronter" les étudiants par crainte que ces élèves de l'école normale d'Ayotzinapa, située comme Iguala dans l'État de Guerrero, sabotent un événement public que tenait son épouse comme directrice d'un organisme public de protection de l'enfance.

Cette procédure judiciaire concerne également sa femme, Maria de los Angeles Pineda, ainsi que le responsable municipal de la sécurité publique.

C'est la première fois que les autorités judiciaires, qui ont déjà procédé à 52 arrestations, dont une quarantaine de policiers municipaux, révèlent l'identité des instigateurs d'un crime qui a bouleversé le Mexique et le monde.

L’épouse du maire, "principale opératrice d'activités criminelles"

L'édile, élu du Parti de la révolution démocratique (gauche), et Maria de los Angeles Pineda, sœur d'au moins trois narcotrafiquants, sont liés au cartel des Guerreros Unidos [Guerriers unis], que les autorités accusent d'avoir fait disparaître les étudiants.

Le ministre de la Justice Jesus Murillo Karam a présenté Mme Pineda comme "la principale opératrice d'activités criminelles" depuis la mairie d'Iguala, avec la complicité de son époux et du responsable municipal de la sécurité publique, Felipe Flores.

Selon les autorités, ce sont des policiers municipaux d'Iguala, ainsi que ceux du bourg voisin de Cocula, qui ont remis les 43 étudiants à des membres des Guerreros Unidos.

Le ministre de la Justice a expliqué, mercredi, que Sidonio Casarrubia, détenu considéré comme le leader du cartel des Guerreros Unidos, avait reconnu avoir été contacté par un de ses lieutenants à Iguala. Ce dernier lui aurait présenté les étudiants comme des membres d'un groupe criminel rival, raison pour laquelle Casarrubia aurait "donné son aval" à l'action contre les jeunes "pour la défense de leur territoire".

Manifestations contre les autorités

À Iguala, des milliers de manifestants, révoltés contre l'incapacité des autorités à retrouver les disparus, ont fait irruption dans la mairie et l’ont incendiée, en l'absence des forces de sécurité fédérales qui ont pris en charge le contrôle de la ville après la disparition des étudiants. C'est la troisième fois qu'un bâtiment est incendié dans l'Etat du Guerrero depuis la disparition des 43.

43 étudiants disparus: les Mexicains manifestent

Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs autres villes du pays, notamment à Mexico où 45 000 personnes ont défilé en soutien aux parents des victimes.

Depuis les disparitions, les autorités ont trouvé neuf fosses clandestines à Iguala et ses environs avec un total de 30 cadavres, a dit le ministre. Les expertises ont déterminé que 28 d'entre eux ne correspondent pas aux étudiants disparus, soulevant de nouvelles questions sur l'identité de ces morts.

Avec AFP

Première publication : 23/10/2014

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