Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Zimbabwe : La fin de l'ère Mugabe

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Zimbabwe : Scène de liesse à Harare après la démission de Robert Mugabe

En savoir plus

MARDI POLITIQUE

Hortefeux : "Si le président prend de bonnes initiatives pour les collectivités, nous le dirons"

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"La bataille des sexes" : l’égalité homme-femme en jeu

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : aux États-Unis, le sort incertain des militaires transgenres

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Chancelière ch. partenaire, et plus si affinités"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Le gouvernement américain tente de bloquer la fusion AT&T - Warner Bros

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"La chancelière chancelle"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Allemagne : le crépuscule d'Angela Merkel ?

En savoir plus

Economie

Chute du prix du pétrole : à quoi joue l'Arabie saoudite ?

© Marwan Naamani, AFP | L'Arabie saoudite a assuré ne "pas chercher à politiser le pétrole"

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/11/2014

Le prix du baril de brut a atteint, jeudi, son plus bas niveau en quatre ans. L’Arabie saoudite ne fait rien pour enrayer cette tendance à la baisse et certains se demandent si le royaume n’a pas un intérêt caché à maintenir le cours aussi bas.

Le prix du pétrole chute et l’Arabie saoudite ne bouge pas d’un cil. Le baril de brut est, pour la première fois en quatre ans, passé sous la barre des 80 dollars jeudi 13 novembre. Face à cette situation, l’inertie du royaume, considéré comme le gendarme du prix du pétrole au sein de l’Opep, étonne. “Surtout que tout le monde s’accorde à dire que le prix d’équilibre est aux alentours de 100 dollars”, constate Céline Antonin, spécialiste des questions d’énergie à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Mais quelle mouche a donc piqué les dirigeants saoudiens ? Pour Riyad, il n’y a rien de surprenant dans tout cela. “C'est une simple question d'offre et de demande, c'est uniquement économique", a affirmé, mercredi 12 novembre, Ali al-Naimi, le ministre saoudien du Pétrole. Il a rajouté qu’il ne fallait pas croire que l’Arabie saoudite “cherche à politiser le pétrole”.

L’Arabie saoudite vs la Russie, vs les États-Unis

Depuis plusieurs semaines, face au silence saoudien, plusieurs théories ont commencé à voir le jour, faisant du royaume wahhabite le grand instigateur d’un jeu géopolitique qui nécessite un prix du baril bas.

L’une des thèses voudrait que l’Arabie saoudite agisse de concert avec son allié américain pour faire davantage pression sur la Russie. Moscou dépend, en effet, de ses exportations d’hydrocarbure et se porte d’autant mieux que les cours du pétrole sont hauts. Le géant russe du pétrole Rosneft a affirmé, mi-octobre, que Riyad acceptait de vivre avec un pétrole peu cher dans le but de couler l’économie russe. Ce serait une sanction cachée qui s’ajouterait à celles décidées par les États-Unis et l’Europe et qui frappent le Kremlin depuis le début de la crise ukrainienne.

L’autre hypothèse fait des États-Unis et du Canada les victimes d’une supposée politique saoudienne de l’or noir à bas prix. “C’est une sorte de guerre contre les producteurs de pétrole américain”, a affirmé à la chaîne conservatrice américaine Fox News Phil Flynn, un analyste du cabinet de conseil Price Futures Group. “L’Arabie saoudite et d’autres pays africains peuvent davantage se permettre de supporter un pétrole moins cher que les États-Unis", explique Céline Antonin. En effet, les techniques d'exploration et d'extraction du pétrole non-conventionnel aux États-Unis et au Canada sont plus chères à financer. Leurs marges sont donc plus sensibles à la baisse des prix, ce qui permet à l'Arabie saoudite d'être plus compétitive pour garder ses parts de marché. 

Une simple question d’offre et de demande

Mais pour la spécialiste de l'OFCE, la règle de l'offre et de la demande suffit amplement pour comprendre cette chute des prix. Pas beson d'y voir une stratégie de l'Arabie saoudite. “La demande évolue à un niveau faible et l’offre est surabondante”, rappelle-t-elle.

“La demande américaine est moins forte à cause du boom du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis”, explique encore Céline Antonin. Les pays émergents sont, également, moins demandeurs que prévu, et le marasme économique européen ne fait rien pour arranger les choses.

Du côté de l’offre, l’Opep n’a pas “varié depuis deux ou trois ans son objectif de production quotidienne qui est de 30 millions de barils par jour”, remarque la spécialiste. Elle rappelle que la Libye a recommencé à produire de l’or noir et, aussi, que les infrastructures pétrolières irakiennes semblent moins endommagées que prévu. “Les investisseurs s’attendent donc à ce que la production augmente encore, ce qui maintient une pression à la baisse sur les prix”, analyse Céline Antonin.

Reste que même si l’Arabie saoudite et d’autres pays producteurs du Moyen-Orient peuvent s’accommoder et même trouver leur compte dans la situation actuelle, la chute ne peut pas continuer indéfiniment. Il sera donc intéressant de voir si l’Opep décide de baisser sa production lors du très attendu sommet du 27 novembre de ce cartel des pays producteurs de pétrole.

Première publication : 13/11/2014

  • TERRORISME

    Le pétrole rapporterait 800 millions de dollars par an à l’EI

    En savoir plus

  • IRAK

    Sous les pieds des belligérants irakiens, le pétrole

    En savoir plus

  • RUSSIE

    Igor Setchine, le "Dark Vador russe" dans le collimateur de Washington

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)