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Afrique

Le premier Parlement tunisien post-révolutionnaire fait sa rentrée

© Fethi Belaid, AFP | Vive émotion, mardi 2 décembre, pour la rentrée du premier Parlement tunisien depuis la révolution de janvier 2011.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/12/2014

Le nouveau Parlement tunisien issu des élections législatives du 26 octobre s'est réuni pour la première fois, mardi, mais n'est pas parvenu à élire son président. Une situation que certains députés jugent anti-constitutionnelle.

Moment clé de la transition du pays référence du Printemps arabe, avant le second tour de l'élection présidentielle : le premier Parlement tunisien depuis la révolution de janvier 2011 a pris ses fonctions, mardi 2 décembre.

Le président de l'ancienne Constituante, Mustapha Ben Jaafar, a donné dans la matinée le coup d'envoi de cette première réunion des 217 membres de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) élus le 26 octobre, lors d’un scrutin remporté par le parti anti-islamiste Nidaa Tounès (86 élus) devant les islamistes d'Ennahda (69 députés), majoritaires jusqu'alors.

Mais cette première réunion a immédiatement donné lieu à un imbroglio. Faute d'accord sur un candidat à la présidence de l'Assemblée susceptible d'obtenir une majorité, les élus, notamment des deux principaux groupes parlementaires, ont décidé par 161 voix de prolonger la première séance, mais de la suspendre jusqu'à jeudi.

>> À voir sur France 24 : "Pour Essebsi, 'Ennahda a organisé la campagne de Marzouki'"

"Nous ne sommes pas arrivés à un consensus", a expliqué Ali Ben Salem, qui en tant que doyen de l'Assemblée occupe provisoirement le perchoir.

Cette décision a été dénoncée par d'autres députés comme un artifice juridique alors que la Constitution prévoit que la première mission du Parlement est d'élire son président. "Il n'est pas concevable que la séance continue jusqu'à jeudi sans nouveau président, c'est contraire à la Constitution", a martelé Samia Abbou.

Autre couac, les partisans du chef de l'État Moncef Marzouki ont dénoncé le fait qu'il n'avait pas été invité en bonne et due forme, si bien que ce dernier était absent.

Pas de majorité de gouvernement avant le second tour de la présidentielle

Malgré ces complications, l'émotion était vive dans ce premier Parlement élu démocratiquement. M. Ben Salem a essuyé quelques larmes au perchoir, le chef de Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi, a salué une "journée formidable", et celui d'Ennahda, Rached Ghannouchi, "un autre jour victorieux pour la démocratie".

Si le parti anti-islamiste constitue la principale force au Parlement, il devra composer avec les autres formations pour dégager une majorité absolue et à terme constituer un gouvernement alors que le Parlement est morcelé entre une foule de partis d'horizons différents.

Le parti Nidaa Tounès a cependant indiqué qu'il ne s'attèlerait pas à former de majorité de gouvernement avant la tenue du second tour de la présidentielle opposant son président, M. Caïd Essebsi, 88 ans, au chef de l'État sortant.

>> À voir sur France 24 : "La Tunisie a-t-elle réussi sa transition démocratique ?"

Selon l'instance électorale (Isie), la "date la plus probable" pour ce scrutin est le 21 décembre, mais des recours en justice doivent encore être examinés avant de pouvoir fixer ce calendrier.

Afin d'éviter l'instauration d'une nouvelle dictature, l'essentiel des prérogatives exécutives ont été confiées au chef du gouvernement, responsable devant les députés.

Depuis fin 2011, le pouvoir législatif était exercé par l'Assemblée nationale constituante (ANC) dominée par Ennahda. Elle a achevé en janvier 2014, après plus de deux ans de débats, une Constitution, largement considérée comme un modèle de libéralisme dans le monde arabe.

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Un imposteur au Parlement tunisien

Selon le député Mabrouk Hrizi du parti Congrès pour la république (CPR), un imposteur aurait prêté serment à sa place, mardi 2 décembre dans la matinée. Il aurait profité de son absence lors de la première réunion de l'Assemblée des représentants du peuple.

"Je tenais à expliquer que dans la matinée, je ne pouvais pas me présenter (à l'Assemblée) en raison d'un problème de santé", a-t-il affirmé. "Un citoyen s'est présenté et a usurpé mon identité et a, à ma place, prêté serment en tant que député du CPR", a-t-il ajouté avant d'être autorisé à prêter serment lui-même.

Avec AFP

Première publication : 02/12/2014

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