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Sanctions contre la Russie : Obama interdit tout commerce avec la Crimée

© Sergey Bobok, AFP | De l'aide humanitaire polonaise pour un camp de réfugiés à proximité de Kharkiv dans l'est de l'Ukraine, le 19 décembe 2014.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/12/2014

Alors que les efforts de paix s'enlisent en Ukraine, où cinq soldats ont été tués en 24 heures, Barack Obama a émis un décret interdisant tous les échanges commerciaux avec la Crimée, territoire annexé par la Russie.

Les États-Unis ont interdit vendredi 19 décembre tous les échanges commerciaux avec la Crimée pour protester contre son annexion par Moscou. Dans le même temps, les efforts de paix s'enlisent en Ukraine.

Assombrissant encore les perspectives diplomatiques, le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a annoncé que cinq soldats avaient été tués et sept blessés en 24 heures, ce qui constitue le pire bilan journalier pour l'armée depuis la nouvelle trêve du 9 décembre.

"J'appelle à nouveau la Russie à cesser son occupation et ses tentatives d'annexion de la Crimée [et] à cesser son soutien aux séparatistes dans l'est de l'Ukraine", a déclaré le président américain, qui a émis un décret dans lequel il interdit tout échange de "biens, de technologies et de services" en direction ou en provenance de la Crimée, au lendemain de sanctions similaires prises par l'Union européenne.

Des armes léthales pour l'Ukraine

Accusé par les autorités ukrainiennes et les Occidentaux d'armer les séparatistes dans l'Est et d'y avoir déployé des troupes - jusqu'à 10 000 soldats selon Kiev -, Moscou dément catégoriquement.

Interrogé jeudi sur le nombre de militaires russes en Ukraine, Vladimir Poutine s'est contenté d'évoquer ceux qui "suivant l'appel de leur conscience, accomplissent leur devoir ou qui en tant que volontaires combattent dans l'est de l'Ukraine".

Déjà frappée par de lourdes sanctions économiques occidentales qui ont contribué à aggraver une crise monétaire, la Russie risque de nouvelles mesures américaines contre ses entreprises énergétiques et militaires.

Barack Obama avait en effet annoncé jeudi la promulgation d'une loi qui lui donne la possibilité d'introduire de nouvelles sanctions contre la Russie et qui, selon le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, peuvent "saper pour longtemps" les relations entre les deux pays.

Cette loi autorise également les États-Unis à fournir à l'Ukraine des armes létales, une éventualité à laquelle Barack Obama s'était jusqu'ici opposé.

Les yeux rivés sur Minsk

Tous les acteurs de la crise ukrainienne placent leurs espoirs dans l’éventualité d’une rencontre à Minsk entre les rebelles et le Groupe de contact composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), pour trouver une solution au conflit. Mais les représentants de Kiev et des séparatistes n'étaient pas parvenus vendredi soir à fixer une date pour la tenue de cette réunion.

En visite à Kiev, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, dont le pays est le principal médiateur européen dans la crise ukrainienne, avait estimé vendredi que tout devait être fait pour qu'ait lieu la rencontre.

"Je voudrais qu'une rencontre physique ait lieu entre les protagonistes, probablement dimanche", avait-il déclaré à l'issue d'une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko. "Nous devons faire des efforts dans ce sens et il y a de bonnes prémisses pour cela," avait-il poursuivi.

Après avoir parlé au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel, les présidents français François Hollande et russe Vladimir Poutine, Petro Porochenko a aussi avancé cette semaine la date de dimanche.

Mais les responsables des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, auxquelles l’Ukraine a coupé tout financement en novembre, ont annoncé vendredi en fin de journée qu'aucune date de reprise de pourparlers n'avait été fixée. "Il faut encore trouver des compromis", a souligné Denis Pouchiline, représentant de la république de Donetsk cité par l'agence Interfax.

La rencontre de Minsk, où avaient déjà été signés les accords de paix le 5 septembre, était initialement prévu le 9 décembre, le jour de l'instauration du nouveau cessez-le-feu.

Avec AFP

Première publication : 20/12/2014

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