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Afrique

Attentats de Ouagadougou : le point sur l’enquête

© Issouf Sanogo, AFP | Un soldat devant devant l'hôtel Splendid à Ouagadougou, cible de l'assaut jihadiste du 15 janvier.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/01/2016

Combien d’assaillants ? Qui sont les commanditaires ? Les forces de sécurité ont-elles failli ? Trois jours après l’assaut jihadiste meurtrier qui a frappé Ouagadougou, l'enquête avance mais des zones d’ombre subsistent. France 24 fait le point.

Trois jours après l'assaut jihadiste qui a fait 29 morts à Ouagadougou, vendredi 15 janvier, l'enquête se poursuit dans la capitale du Burkina Faso. Sur le théâtre de l'attaque, des enquêteurs, la plupart en blouse blanche, collectent informations et données. Dix-huit enquêteurs français, dont des magistrats et des membres de la police scientifique, sont sur place pour épauler les Burkinabè, qui tentent de lever les nombreuses zones d'ombre. France 24 fait le point sur l’avancée des investigations.

• Que sait-on sur les assaillants ?

De nombreux témoignages recueillis après l’attaque jihadiste ont fait état de plusieurs assaillants. "On sait désormais de source militaire que les assaillants étaient au nombre de trois", rapporte Sarah Sakho, envoyée spéciale de France 24 à Ouagadougou.

"On sait que les assaillants étaient au nombre de trois"

Les corps des jihadistes ont été identifiés, a fait savoir le ministre burkinabè de l'Intérieur, Simon Compaoré, sans donner de nom. Il s’agit de trois hommes.

Repéré, lundi, par la société Site, qui surveille les contenus jihadistes sur Internet, un communiqué d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué l’attaque (voir ci-dessous) indique qu'ils s'appelaient Al Battar al-Ansari, Abu Mohammed al-Buqali al-Ansari et Ahmed al-Fulani al-Ansari. Al-Ansari est un nom de guerre qui désigne habituellement un combattant du Nord-Mali ; le suffixe peut aussi indiquer d'où vient la brigade à laquelle il appartient.

Des photos des trois hommes, apparemment jeunes, accompagnent le communiqué. Ils posent en tenue de camouflage, Kalachnikov à la main, un léger sourire aux lèvres. Deux sont noirs, le troisième, à la peau plus claire, pourrait être un Arabe ou un Touareg.

Plusieurs témoins avaient également évoqué la présence de deux femmes, une thèse écartée par les autorités pour le moment. "L’un des assaillants avait les cheveux longs, ce qui aurait pu induire en erreur les témoins", précise Sarah Sakho.

Sur le déroulement des faits, le ministère de l'Intérieur a indiqué qu’avant de passer à l'attaque, les jihadistes ont prié dans une mosquée située près de l'hôtel. Selon une source au sein de la gendarmerie, ils ont réservé une chambre à l'hôtel Splendid, l'un des établissements attaqués, et ont donc probablement procédé à des repérages des lieux avant de passer à l'acte. La police burkinabè cherche à établir si les jihadistes ont bénéficié de complicités.

Les enquêteurs vont aussi passer peigne fin la ou les voitures utilisées par les assaillants, qui ont incendié leurs véhicules "pour brouiller les indices", selon les termes de Simon Compaoré. 

• Que sait-on sur les victimes ?

Selon un décompte du ministère de l'Intérieur, 14 étrangers ont été tués dans l'attaque (quatre Canadiens, trois Ukrainiens, deux Français, deux Suisses, deux Portugais et un Néerlandais) ainsi que huit Burkinabè. De son côté, le procureur du Burkina Faso, Maïza Sérémé, a avancé un bilan de 15 morts parmi des étrangers (quatre Canadiens, deux Ukrainiens, une Franco-Ukrainienne, deux Français, deux Suisses, un Portugais, un Néerlandais, un Américain et un Libyen) et annoncé la mort de sept Burkinabè. Sept corps doivent encore être identifiés. 

>> À lire sur France 24 : "Blessée à Ouagadougou, la photographe Leila Alaoui est hors de danger"

Les deux victimes françaises sont originaires de l'Oise et étaient collègues de travail, avait indiqué dès le lendemain de l’attaque la maire de Beauvais, préfecture de ce département, Caroline Cayeux. Eddie Touati, 54 ans, et Arnaud Cazier, 41 ans, travaillaient tous deux pour la société de transport Scales, basée à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise.

Leur collègue Antonio De Oliveira Basto a également été tué durant l'attaque. Cet emloyé portugais qui résidait en France depuis 1981 et était marié à une Française, aura son rapatriement et ses obsèques pris en charge "au même titre que nos deux compatriotes décédés", a indiqué le Quai d'Orsay.  

Que sait-on sur les commanditaires ?     

Selon l'organisation américaine Site, Aqmi a posté un message attribuant les attaques de Ouagadougou au groupe Al-Mourabitoune, dirigé par le chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar.

Également connu sous le nom de Khaled Abou al-Abbas, cet homme de 43 ans s’est rendu célèbre avec des opérations aussi sanglantes que spectaculaires dans le Sahel. C’est son organisation qui a revendiqué l'attentat meurtrier, le 20 novembre 2015, contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako (20 morts dont 14 étrangers et deux assaillants abattus). Elle aussi qui se trouvait derrière le premier attentat meurtrier contre des Occidentaux à Bamako, le 7 mars 2015, au bar-restaurant La Terrasse (cinq morts : trois Maliens, un Français et un Belge).

Ancien cadre d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar a été donné pour mort à de multiples reprises, notamment en avril 2013 et juin 2015, lorsqu'il a été la cible déclarée d'une frappe américaine en Libye. Insaisissable, il court toujours. Les États-Unis ont mis sa tête à prix pour cinq millions de dollars.   

• Les services de renseignement et les forces de sécurité burkinabè ont-elles failli ?

Vendredi, l'attaque a commencé à 19 h 40 (heure locale) et les forces de sécurité, en faible nombre, ne sont arrivées que plus de deux heures plus tard, à distance de l'hôtel Spendid et du café-restaurant Cappuccino, épicentres de l'attaque.

"Il y a eu un gros problème de coordination. On ne savait pas qui devait faire quoi, il n'y avait pas de communication entre les différentes unités. Le ministre de l'Intérieur en personne a dû se rendre sur les lieux pour coordonner les actions", a souligné à l’AFP une source sécuritaire.

>> À lire sur France 24 : "Face à la montée de l’EI en Afrique, Al-Qaïda montre ses muscles"

Les gendarmes d'élite burkinabè, faute de matériel, ont attendu l'arrivée des forces spéciales françaises basées en banlieue de Ouagadougou dans le cadre de l'opération Barkhane de lutte contre les groupes jihadistes au Sahel, selon une autre source. Une partie de ces forces spéciales étaient au Mali et il a fallu les attendre.

Finalement, l'assaut sur l'hôtel Splendid où, croyait-on alors, se trouvaient les jihadistes, a débuté vers 1 h du matin. Mais les jihadistes avaient déjà quitté les lieux, non sans avoir piégé certaines portes avec des grenades, et la sécurisation de l'hôtel a pris plusieurs heures.

Si le Burkina n'avait jamais connu une attaque d'une telle ampleur (29 morts), le pays se savait menacé : il avait subi récemment plusieurs attaques à ses frontières et les infiltrations de groupes en provenance du Mali étaient connues. L'ambassade de France déconseillait d'ailleurs aux voyageurs de se rendre dans une grande partie du pays. 

Selon une source gouvernementale, des renseignements sur l'attaque de vendredi sont remontés dans l'appareil sans qu'ils ne soient traités ou utilisés correctement. Il est toutefois impossible de dire qu'ils auraient permis de prévenir l'attaque : des cas similaires d'informations non utilisées ont déjà été soulignés après d'autres attaques dans le monde.

>> À lire sur France 24 : "Assaillants tués, hôtels sécurisés... fin d’une nuit de cauchemar à Ouagadougou"

Une source politique souligne que la dissolution, en septembre 2015, du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a pesé à plusieurs niveaux. Dirigé par le général Gilbert Diendéré, aujourd’hui emprisonné pour avoir pris la tête du putsch visant à renverser le régime de transition démocratique, le RSP avait son unité antiterroriste bien entraînée et bien équipée. Disposant de moyens importants, son chef avait mis en place un réseau lui permettant de contrôler le pays et de disposer de renseignements sur les groupes jihadistes dans la sous-région. "Tout le service de renseignement burkinabè a été désarçonné" depuis l’arrestation du général Diendéré, estime la source politique.

Samedi, lors d'un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a décidé la mise en place "urgente d'une Agence nationale de renseignement".

Avec AFP

Première publication : 18/01/2016

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