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Culture

BD : le collectif de dessinateurs tunisiens LAB619 expose ses planches à la Maison de la Tunisie

© France 24, Nadia Dhab | La dessinatrice tunisienne Nadia Dhab pose un regard aiguisé sur une société tunisienne en pleine mutation.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/02/2016

Le collectif de dessinateurs tunisiens LAB619 expose ses planches à la Fondation de la Maison de la Tunisie, à Paris. Les dessins offrent un regard à la fois drôle, sarcastique et grave sur la société tunisienne de l'après-révolution.

Il se trouvait trop bavard, il a choisi de dessiner pour ne pas déranger… avant de comprendre que ses dessins avaient l’effet inverse. Le Tunisien Nidhal Ghariani manie l’humour aussi bien que le crayon. Cet ex-informaticien est devenu dessinateur sur le tard, lorsque la révolution éclate en Tunisie, le 14 janvier 2011. Il prend alors le pseudonyme de Needall (prononcé à l’anglaise) "par rapport au sentiment qu’on a eu après le 14, l’envie de tout posséder, de conquérir cette liberté d’expression et cette liberté de penser", explique-t-il.

>> À lire sur France 24 : "Cinq ans après la révolution tunisienne, 'on est déçus mais on y croit encore'"

Puis il fonde, aux côtés d’autres dessinateurs, le collectif LAB619, devenu au fil des années un magazine BD trimestriel au succès croissant : il a remporté le premier prix du CairoComix Festival en Égypte en 2015.

Aujourd’hui, et pendant tout le mois de février, Nidhal Ghariani, accompagné de la dessinatrice Nadia Dhab, représentent le LAB619 à la Fondation de la Maison de la Tunisie à Paris. Il y exposent de nombreuses planches en noir et blanc, où l’humour et la gravité se mêlent. Dans une société tunisienne en pleine mutation, les sources d'inspirations sont nombreuses : religion, économie, politique… Rien n’échappe au regard aiguisé des artistes.

L’une des meilleures illustrations en est peut-être cette planche de Nadia Dhab, alias Dlog, qui décrit la longue et coquette toilette d’une femme qui se prépare à sortir… intégralement voilée. "Au-delà du fait que c'est pour faire rire, qu'il y a un côté moqueur ou un côté de la blonde idiote, je veux dire quoi ? Ça peut être aussi de l'autodérision, une femme qui se pose la question : si un jour dans mon pays je suis obligée de m'habiller comme ça, on reste malgré tout des femmes", explique la dessinatrice.

À coups de crayons bien aiguisés, le collectif s’est taillé une belle place dans les kiosques tunisiens. Et compte bien repousser les frontières. Pour leur prochain numéro, le LAB619 ouvre ses pages à des dessinateurs syriens, algériens et soudanais.

Première publication : 05/02/2016

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