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Départementales 2015 : un parti musulman présente huit candidats

© Richard Bouhet, AFP | L'Union des démocrates musulmans français mise sur le vote communautaire aux départementales de mars 2015.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 09/03/2015

Pour les élections départementales de mars 2015, l'Union des démocrates musulmans français va présenter des candidats dans huit cantons. Le petit parti, qui se défend de vouloir islamiser la France, veut donner une voix aux musulmans.

Houellebecq visionnaire ? Dans "Soumission", numéro un des ventes en France depuis sa sortie, l’écrivain imagine une France islamisée en 2022, après l'élection à la présidentielle du chef d'un parti musulman. Un rêve à ce jour irréaliste pour l'Union des démocrates musulmans français (UDMF), qui n’a pas décroché son millier d’adhérents. De la recherche de "Like" sur Facebook jusqu'à la présentation de listes aux élections départementales, le petit parti tente néanmoins de se faire une place sur l’échiquier politique français.

Créé en novembre 2012, l'UDMF assure compter dans ses rangs plus de 900 adhérents et emporter le soutien de quelque 8 000 sympathisants. Les récents attentats qui ont frappé la France en janvier ainsi que la polémique soulevée par la parution de "Soumission" auraient déjà attiré près de 200 nouvelles recrues depuis le début 2015.

Misant sur le vote communautaire, la formation joue la carte de l'exclusion et se propose de "donner une voix à une partie de la population qui ne se retrouve pas dans les partis traditionnels". Cette "partie de la population", ce sont les musulmans de France, qui font, selon l'UMDF, l'objet de clichés et de stigmatisation. Le parti se propose de leur ouvrir une nouvelle voie et de combattre "l’échec des politiques d’intégration". Pas question en revanche d’islamiser la société ni d’imposer la charia, assurent ses dirigeants.

Au programme donc : intégrer la finance islamique pour assainir l’économie, miser sur le business du halal pour réduire le chômage, renforcer l’enseignement de la colonisation et de la guerre d'Algérie à l’école ou instaurer le droit de vote des étrangers. Concernant le respect de la laïcité, l’UMDF promeut la tolérance des religions et le droit de porter le voile à l'école, ce que la loi française interdit.

Parti religieux et laïcité ?

Anticipant les critiques quant à la légitimité d’un parti communautaire à référence religieuse, l’UMDF rappelle qu’il existe en France le Parti chrétien démocrate dirigé par Christine Boutin, mais il déplore deux poids deux mesures : "Nous voyons bien que les choses sont bien différentes lorsque l'on évoque un parti musulman démocrate. Nous sommes aujourd'hui calomniés par ceux qui tentent désespérément de museler la réalité et qui lui préfèrent le fantasme et les clichés moyenâgeux", dénonce le président du parti Emir Megharbi, sur le site de l’UMDF.

Mais la loi coupe court au fantasme. Dans le droit français, rien n'empêche de constituer une formation politique sur la base d'une référence religieuse. Les partis (le Cnccfp en recensait 326 en 2011) ont le statut d’association loi 1901 et n’ont qu’une seule obligation, édictée par l’article 4 de la Constitution : "Respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie".

Ce n’est d’ailleurs pas une première en France. En 1997, le Parti des musulmans de France avait été créé à Strasbourg, avec à sa tête Mohamed Latrèche, qui avait obtenu 0,92 % des voix aux législatives de 2007. La petite formation, qui avait axé son discours sur la critique d’Israël, a fini par disparaître à la fin des années 2000. En 2009, une autre micro formation - le Parti démocrate musulman - se créait à Béziers, ville désormais dirigée par Robert Ménard, soutenu par le Front National (FN). Mais aucune de ces formations n’a réussi à s’imposer, dans la durée, au niveau national, ni même local.

L'UMDF aux départementales

Pour les élections départementales de mars prochain, l’UMDF compte présenter des candidats dans huit cantons au moins. Une liste a déjà été déposée pour le canton de Bobigny (Seine-Saint-Denis), emmenée par Khalid Majid, 36 ans, et Shérazade Benhaddad, 34 ans, révèle le Parisien. Sept autres listes doivent être présentées, à Bagneux (Hauts-de-Seine), aux Mureaux (Yvelines), à Marseille, Lyon, Nice, Avion (Pas-de-Calais) et Strasbourg.

L'initiative demeure modeste : sur un peu plus de 2 000 cantons à renouveler, cela reste infime. Mais c’est un premier pas pour ce parti marginal qui a déjà un élu à Bobigny grâce au soutien apporté à la liste de l'actuel maire UDI de la ville, Stéphane de Paoli. La route reste donc longue avant que "Soumission" ne s’impose en prophétie réalisatrice : il faudrait déjà que l’UMDF réunisse les 500 signatures nécessaires pour pouvoir présenter un candidat à la présidentielle de 2017.

Première publication : 12/02/2015

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