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Economie

Airbnb et la mairie de Paris enterrent la hache de guerre

© Dominique Faget, AFP | L'entretien entre Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris (à gauche), et Brian Chesky, co-fondateur et PDG d'Airbnb (à droite), le 26 février 2015.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/02/2015

Alors que les professionnels du tourisme critiquent la concurrence jugée déloyale des sites de location entre particuliers, le PDG d'Airbnb a été reçu à la mairie de Paris, son premier marché. Il se dit prêt à collaborer avec les autorités.

Après leur rencontre, jeudi 26 février à l’Hôtel de Ville, Bruno Julliard, le premier adjoint à la mairie de Paris, et Brian Chesky, co-fondateur et PDG d'Airbnb, ont voulu montrer leur bonne entente face aux caméras. C’est tout sourire que les deux hommes ont répondu aux questions de la presse. "Nous avons eu un entretien très cordial", a renchéri Bruno Julliard.

Il faut dire que depuis sa création en 2008, cette plateforme numérique proposant la location d'hébergements entre particuliers n’a pas toujours entretenu des relations très apaisées avec les autorités françaises. De plus en plus populaire, ce site est dans le viseur des professionnels du tourisme qui s’inquiètent de leur manque à gagner et qui font pression sur le gouvernement pour renforcer la législation sur ce type de location. Pour la seule zone de l’Île de France, le premier marché au monde pour Airbnb, plus de 40 000 logements sont disponibles sur le site.

Interrogé à ce sujet, Brian Chesky, le jeune dirigeant du site Internet a balayé ces accusations de concurrence déloyale : "Si nous gagnons, ça ne veut pas dire que quelqu'un doit y perdre, hôteliers ou autre. Je pense que nous permettons à des gens qui n'ont pas assez de revenus de partager leur espace. Et nous permettons aussi à des gens qui n'auraient pas eu les moyens de venir à Paris, de faire du tourisme ici. Le taux de fréquentation des hôtels était très haut avant que l'on arrive ici, et c'est toujours le cas".

Le premier adjoint à la mairie de Paris a lui aussi tenu à rassurer les hôteliers de la capitale jugeant qu’il y avait de la place pour tout le monde : "Airbnb est devenu une offre essentielle d’hébergement à Paris, notamment pour une population de touristes plus jeunes. Cela répond aussi à un déficit de chambres d’hôtel. […] Le prix des chambres est également très important. La moyenne est de 175 euros et donc pour un certain nombre de touristes, il est difficile d’avoir accès à des chambres d’hôtel qui sont en plus très chères".

Respecter les règles en vigueur, renforcer les contrôles

Pour continuer à s’attirer les bonnes grâces des autorités, Brian Chesky s’est surtout déclaré prêt à "être en conformité avec les réglementations locales". Bruno Julliard a d'ailleurs annoncé que la taxe de séjour (entre 0,20 et 0,75 euro), l’un des principaux sujets de discorde, "s’appliquera pour les logements Airbnb". En novembre dernier déjà, l’Assemblée nationale avait adopté un amendement permettant aux sites de location entre particuliers de collecter directement cette taxe et de la reverser ensuite aux communes.

La capitale française et le site américain se sont en outre engagés à collaborer pour mieux traquer ceux qui abusent du système dans un but lucratif. "Nous devons travailler ensemble pour sanctionner ceux qui passent outre les règles et les lois et qui ont transformé des appartements en meublés touristiques à usage exclusif. Cela n’est pas acceptable pour nous", a expliqué Bruno Julliard. Depuis plusieurs mois, la mairie de Paris multiplie ainsi les contrôles dans ce type de logements pour vérifier qu’ils restent bien des lieux d’habitation et non des locations de tourisme illégales.

Première publication : 26/02/2015

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