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FRANCE

Élections départementales : la parité absolue, nouvelle donne pour les partis

© Pascal Pavani, AFP | Les femmes ne représentaient que 22 % des candidats lors des élections cantonales de 2008 et 2011, contre 50 % lors des élections départementales de mars 2015.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 12/03/2015

Ce n'est pas un seul candidat qui se présentera dans chaque canton lors des élections départementales, mais un binôme composé d'un homme et d'une femme. Ce nouveau mode de scrutin a permis un renouvellement et une féminisation des candidatures.

C’est une première dans l’histoire de la politique française. Les élections départementales des 22 et 29 mars verront des binômes homme-femme être élus. Il y aura donc une parité absolue dans l’ensemble des conseils départementaux : 2054 hommes et 2054 femmes y siégeront pour six ans, la plupart d’entre eux étant de nouveaux venus en politique.

Ce nouveau mode de scrutin, ajouté au non-cumul des mandats, a en effet contraint les partis politiques à trouver de nouveaux candidats, et notamment des femmes. Car ces dernières, selon une étude Harris Interactive publiée le 18 février, ne représentaient que 22 % de l’ensemble des candidats aux élections cantonales de 2008 et 2011. "L’effet positif et indéniable de ce scrutin, c’est l’augmentation de l’accès des femmes à des mandats électifs, juge William Genieys, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des élites politiques, contacté par France 24. De nouvelles personnes, les femmes en priorité, peuvent désormais accéder à un début de carrière politique grâce à ce mandat de conseiller départemental. C’est une bonne chose pour le renouvellement de la classe politique."

>> À lire sur France 24 : "Élections départementales : le mode d'emploi"

Certaines formations ont dû réaliser un effort de renouvellement plus important que d’autres. Alors que les femmes représentaient 35 % des candidats Europe Écologie Les Verts aux cantonales de 2008 et 2011, elles ne représentaient que 23 % des candidats du Parti socialiste et 17 % des candidats UMP.

Pour autant, les partis politiques engagés dans la course cette année n’ont pas eu de mal à trouver des volontaires. "C’est faux de dire que c’est compliqué de faire un binôme. Les candidates, on les a", affirme Virginie Duby-Muller, députée de Haute-Savoie également candidate aux élections départementales et secrétaire nationale UMP en charge de la parité, contactée par France 24. "Les dernières municipales ont amené de nombreuses femmes. Elles étaient déjà engagées dans le monde politique, simplement elles n’avaient jamais eu l’occasion d’être en position d’élues", ajoute-t-elle. Même son de cloche au PS où on souligne qu’il y a toujours eu des femmes engagées sur le terrain, mais qui n’étaient pas destinées par le passé à devenir candidates.

"Chaque avancée sur la parité se fait par le bas"

Sur le terrain, l’expérience des binômes varie nettement en fonction des territoires et des personnes. Si l’alchimie prend bien, les deux candidats font campagne d’égal à égal, se répartissant géographiquement le canton ou bien les compétences thématiques. Mais certains hommes politiques ont aussi du mal à accepter de laisser de la place à leur partenaire. "Tous les candidats n’ont pas forcément compris la philosophie de cette loi, regrette Virginie Duby-Muller. Certaines collègues se plaignent de servir de potiches lors des réunions publiques. On ne leur donne pas toujours la parole. Je rappelle donc à ces messieurs qu’elles sont des candidates à part entière et pas des suppléantes."

Comme pour toute nouveauté, il faudra du temps pour que le concept de binôme homme-femme trouve son mode de fonctionnement. L’expérience devra être observée sur le long terme, mais celle-ci a déjà le mérite, selon les experts, d’imposer un renouvellement des candidatures et de montrer que les femmes ont toute leur place dans la vie politique.

>> À voir sur France 24 : "Départementales en France : scrutin local, enjeu national ?"

"En revanche, on observe une fois de plus que chaque avancée sur la parité se fait par le bas, sur les élections les moins valorisantes dans leur échelle d’importance, souligne William Genieys. L’expérience est menée sur des élections locales, lorsque la visibilité des candidats n’est pas primordiale, mais pas du tout au niveau national."

Peut-on alors imaginer de transposer, un jour, un tel mode de scrutin pour les élections législatives ? "Je ne suis pas sûr que les députés soient à même de défendre une telle ligne qui consisterait à devoir partager leurs circonscriptions avec des femmes, estime William Genieys. Et puis tout ne se résume pas aux élections. Il faut aussi s’intéresser aux grandes écoles, aux administrations centrales ou aux cabinets ministériels où la présence des femmes est encore très minoritaire." La parité en politique, en effet, reste encore le plus souvent un vœu pieux. Mais l’expérimentation du binôme homme-femme menée lors des élections départementales sera certainement suivie avec attention.

Première publication : 12/03/2015

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