Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

"Merci qui? Merci François Hollande"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

George Weah : la légende du football officiellement président du Liberia

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Afrine : une balle dans le pied d'Erdogan ?

En savoir plus

LE DÉBAT

Guerre en Syrie : les Kurdes, grands perdants du conflit ? (Partie 2)

En savoir plus

LE DÉBAT

Guerre en Syrie : les Kurdes, grands perdants du conflit ? (Partie 1)

En savoir plus

FOCUS

Réfugiés syriens au Liban : la voie difficile, voire impossible, du retour au pays

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Seba, une voix gabonaise hors du temps

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

"Choose France" : Macron reçoit les patrons étrangers à Versailles pour une opération séduction

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Pendant le "shutdown", Donald Trump travaille "dur, dur, dur"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Une personnalité française ou internationale, issue de l’univers économique, culturel, politique ou diplomatique, nous livre son regard sur l’actualité. Le samedi à 8h45.

Dernière modification : 13/03/2015

La lettre persane de Delphine Minoui

© France 24

La journaliste Delphine Minoui a passé dix ans en Iran en tant que correspondante pour différents médias. Issue d'une famille mixte franco-iranienne, elle retrace dans le livre "Je vous écris de Téhéran", une lettre émouvante adressée à son défunt grand-père, cette expérience professionnelle et personnelle. Elle est l'invitée de Sylvain Attal.

Accro à l’Iran. Ainsi se dépeint Delphine Minoui, cinq ans après avoir quitté Téhéran, en 2009, la peur au ventre, harcelée par la police d'un régime qui n’a cessé, dix ans durant, de jouer avec les nerfs de la correspondante du "Figaro", comme avec ceux de beaucoup d’autres journalistes occidentaux, particulièrement lorsqu’ils avaient, comme elle, des origines iraniennes.

Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle tournait le dos "à cette moitié retrouvée d’elle même", quasi certaine de ne plus y revenir. Mais à chaque fois, il y eut de nouvelles invitations, au gré des caprices d’un régime intrigant (dans tous les sens du terme), en délicatesse avec l’occident depuis 35 ans, mais régulièrement tenté de communiquer avec lui. Et de séduire.

Dans "Je vous écris de Téhéran", Delphine Minoui raconte ces parties de cache-cache à répétition avec la police, interrogatoires terrorisants, ces départs précipités invariablement suivis de retours pleins d’espoir. Et jusqu’au cambriolage de son studio parisien où lui fut volé son ordinateur. À chaque fois elle y est retournée, consentant à ce jeu qui, elle le sait d’expérience, aurait pu la jeter au fond d’une geôle : "Plus l’Iran me maltraitait, plus j’en redemandais, comme une femme battue qui refuse de reconnaître ses cicatrices".

Car, évidemment, la quête de la jeune pigiste, fraîchement diplômée d’une école de journalisme, n’a rien d’une aventure strictement professionnelle. Lorsqu’elle prend, un jour de 1998, un billet pour Téhéran, elle pense y rester une semaine, le temps d’un reportage pour Radio France sur un pays qui traverse alors (déjà ?) un vent de libéralisation avec l’élection à la présidence d’un mollah réformiste, Mohammad Khatami. Ce départ suit aussi de quelques mois la disparition de son grand-père iranien, Babaï, à la fois si proche et si lointain. Elle n’avait avec lui, exceptées quelques vacances au "pays au goût de grenadine", que des liens épistoliers. Il n’avait jamais voulu quitter son pays. En dix ans, Delphine Minoui va à la fois renouer avec cette identité mythique (elle se sent française à 100 %), et acquérir ses lettres de noblesse journalistique (lauréate du prix Albert Londres en 2006). Son récit prend la forme d’une lettre posthume à son aïeul, à la fois carnet de route journalistique et témoignage personnel.

Les paradoxes iraniens

Touchée par l’amour de tous les Iraniens pour leur pays, même des plus acharnés contre la République islamique, elle attrape le virus. Elle est, bien entendu, en empathie avec ces Iraniens, en particulier cette jeunesse qui rêve de liberté et d’ouverture, au point de franchir parfois la limite théoriquement établie entre l’activisme et le journalisme. Elle partage avec eux leurs espoirs comme leurs terreurs : après les années Khatami, le tour de vis conservateur d’Ahmadinejad (à partir de 2005), les élections truquées de 2009, la victoire volée à un autre modéré Hossein Moussavi.

Même aux prises avec un régime brutal et inquiétant, qui piétine les droits de l’Homme et restreint singulièrement la liberté de la presse, elle ne cesse jamais de nous le présenter dans toute sa complexité. Ces fameux "paradoxes iraniens", elle a plus d’une fois posé son doigt dessus : il y a ce jeune mollah en blouson de cuir, accro à Internet, qui lui propose un "sigheh", un mariage temporaire. Elle comprend alors, à peine arrivée, que le fondamentalisme chiite sait avoir ses petits accommodements avec le désir… Ou bien Fatemeh, l’épouse d’un bassidji, un de ces miliciens chargés de faire respecter même brutalement l’ordre et la morale islamique, qui a, elle, un penchant pour les réformes et l’attire dans des soirées "entre filles" où l’on troque le tchador pour des tenues sexys. Et encore ce commerçant juif du bazar, Moses Baba, qui derrière ses bouteilles de vodka, et malgré les brimades et les persécutions qui visent régulièrement sa communauté, lui confie que pour lui "l’Iran est plus tendre qu’une mère".

Delphine Minoui, "Je vous écris de Téhéran", 320 pages, éditions du Seuil, 2015

 

Par Sylvain ATTAL

COMMENTAIRE(S)

Les archives

20/01/2018 Droits de l'Homme

Kenneth Roth, HRW : "Macron a gagné en affrontant directement l'extrême droite"

À l'occasion de la publication du rapport mondial 2018 de Human Rights Watch sur la situation des droits de l'Homme dans près de 90 pays en 2017, France 24 a reçu son directeur...

En savoir plus

19/01/2018 Moyen-Orient

Saeb Erekat : "La solution à deux États a été détruite"

Les relations diplomatiques ont rarement été aussi mauvaises entre l'Autorité palestinienne et les États-Unis, et le processus de paix semble un peu plus à l'arrêt encore. Pour...

En savoir plus

17/01/2018 Guinée équatoriale

Obiang : "La tentative de coup d'État en Guinée équatoriale a commencé en France"

Dans une interview exclusive accordée à France 24 et RFI, le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, s’exprime pour la première fois sur la récente tentative...

En savoir plus

16/01/2018 Migrants

William Lacy Swing : "La migration n’est pas un problème à résoudre, c’est une réalité humaine à gérer"

Notre invité, William Lacy Swing, dirige l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), récemment liée aux Nations unies. Selon lui, le phénomène migratoire a toujours...

En savoir plus

13/01/2018 ONU

Louise Arbour : "La réalité des migrants est plus positive que les perceptions stéreotypées"

Les migrants représentent aujourd'hui 250 millions de personnes dans le monde, dont 10% sont des réfugiés ou des demandeurs d'asile. Louise Arbour, représentante spéciale pour...

En savoir plus