Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FACE À FACE

Mondial-2018 : une victoire pour les Bleus... et Emmanuel Macron ?

En savoir plus

L'ENTRETIEN DE L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE

Mines en Guyane : le projet Montagne d'or "inacceptable" pour les autochtones

En savoir plus

DANS LA PRESSE

"Donald Troll"

En savoir plus

DANS LA PRESSE

Après la victoire des Bleus, "comment entretenir la flamme ?"

En savoir plus

L'INFO ÉCO

Google : vers une amende record de Bruxelles pour abus de position dominante

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Ingérence dans la présidentielle américaine : les poupées russes du mensonge

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Côte d'Ivoire : lancement officiel du parti unifié RHDP

En savoir plus

LE DÉBAT

Sommet d'Helsinki : et Trump céda à Poutine...

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Festival d'Avignon : les questions de genre sur le devant de la scène

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Une personnalité française ou internationale, issue de l’univers économique, culturel, politique ou diplomatique, nous livre son regard sur l’actualité. Le samedi à 7h45.

Dernière modification : 13/03/2015

La lettre persane de Delphine Minoui

© France 24

La journaliste Delphine Minoui a passé dix ans en Iran en tant que correspondante pour différents médias. Issue d'une famille mixte franco-iranienne, elle retrace dans le livre "Je vous écris de Téhéran", une lettre émouvante adressée à son défunt grand-père, cette expérience professionnelle et personnelle. Elle est l'invitée de Sylvain Attal.

Accro à l’Iran. Ainsi se dépeint Delphine Minoui, cinq ans après avoir quitté Téhéran, en 2009, la peur au ventre, harcelée par la police d'un régime qui n’a cessé, dix ans durant, de jouer avec les nerfs de la correspondante du "Figaro", comme avec ceux de beaucoup d’autres journalistes occidentaux, particulièrement lorsqu’ils avaient, comme elle, des origines iraniennes.

Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle tournait le dos "à cette moitié retrouvée d’elle même", quasi certaine de ne plus y revenir. Mais à chaque fois, il y eut de nouvelles invitations, au gré des caprices d’un régime intrigant (dans tous les sens du terme), en délicatesse avec l’occident depuis 35 ans, mais régulièrement tenté de communiquer avec lui. Et de séduire.

Dans "Je vous écris de Téhéran", Delphine Minoui raconte ces parties de cache-cache à répétition avec la police, interrogatoires terrorisants, ces départs précipités invariablement suivis de retours pleins d’espoir. Et jusqu’au cambriolage de son studio parisien où lui fut volé son ordinateur. À chaque fois elle y est retournée, consentant à ce jeu qui, elle le sait d’expérience, aurait pu la jeter au fond d’une geôle : "Plus l’Iran me maltraitait, plus j’en redemandais, comme une femme battue qui refuse de reconnaître ses cicatrices".

Car, évidemment, la quête de la jeune pigiste, fraîchement diplômée d’une école de journalisme, n’a rien d’une aventure strictement professionnelle. Lorsqu’elle prend, un jour de 1998, un billet pour Téhéran, elle pense y rester une semaine, le temps d’un reportage pour Radio France sur un pays qui traverse alors (déjà ?) un vent de libéralisation avec l’élection à la présidence d’un mollah réformiste, Mohammad Khatami. Ce départ suit aussi de quelques mois la disparition de son grand-père iranien, Babaï, à la fois si proche et si lointain. Elle n’avait avec lui, exceptées quelques vacances au "pays au goût de grenadine", que des liens épistoliers. Il n’avait jamais voulu quitter son pays. En dix ans, Delphine Minoui va à la fois renouer avec cette identité mythique (elle se sent française à 100 %), et acquérir ses lettres de noblesse journalistique (lauréate du prix Albert Londres en 2006). Son récit prend la forme d’une lettre posthume à son aïeul, à la fois carnet de route journalistique et témoignage personnel.

Les paradoxes iraniens

Touchée par l’amour de tous les Iraniens pour leur pays, même des plus acharnés contre la République islamique, elle attrape le virus. Elle est, bien entendu, en empathie avec ces Iraniens, en particulier cette jeunesse qui rêve de liberté et d’ouverture, au point de franchir parfois la limite théoriquement établie entre l’activisme et le journalisme. Elle partage avec eux leurs espoirs comme leurs terreurs : après les années Khatami, le tour de vis conservateur d’Ahmadinejad (à partir de 2005), les élections truquées de 2009, la victoire volée à un autre modéré Hossein Moussavi.

Même aux prises avec un régime brutal et inquiétant, qui piétine les droits de l’Homme et restreint singulièrement la liberté de la presse, elle ne cesse jamais de nous le présenter dans toute sa complexité. Ces fameux "paradoxes iraniens", elle a plus d’une fois posé son doigt dessus : il y a ce jeune mollah en blouson de cuir, accro à Internet, qui lui propose un "sigheh", un mariage temporaire. Elle comprend alors, à peine arrivée, que le fondamentalisme chiite sait avoir ses petits accommodements avec le désir… Ou bien Fatemeh, l’épouse d’un bassidji, un de ces miliciens chargés de faire respecter même brutalement l’ordre et la morale islamique, qui a, elle, un penchant pour les réformes et l’attire dans des soirées "entre filles" où l’on troque le tchador pour des tenues sexys. Et encore ce commerçant juif du bazar, Moses Baba, qui derrière ses bouteilles de vodka, et malgré les brimades et les persécutions qui visent régulièrement sa communauté, lui confie que pour lui "l’Iran est plus tendre qu’une mère".

Delphine Minoui, "Je vous écris de Téhéran", 320 pages, éditions du Seuil, 2015

 

Par Sylvain ATTAL

COMMENTAIRE(S)

Les archives

12/07/2018 EUROPE

Porochenko : "La position officielle des États-Unis est que la Crimée est ukrainienne"

Dans un entretien réalisé par France 24 lors du sommet de l'Otan, le président ukrainien se déclare certain qu'il n'y aura pas de négociations sur la Crimée entre les présidents...

En savoir plus

09/07/2018 Marc PERELMAN

Président du CICR : "Les accords de rapatriement des Rohingya sont illusoires"

Président du Comité international de la Croix-Rouge, Peter Maurer s’est exprimé depuis Genève pour France 24 sur la situation des Rohingya. De retour de Birmanie et du...

En savoir plus

06/07/2018 Judith GRIMALDI

"La culture n'est pas un rempart suffisant contre le génocide"

Le journaliste et écrivain Alain Genestar vient de publier le livre "Pour mémoire" (éd. Grasset), dans lequel il reprend une interview réalisée pour Paris Match de Simone Veil,...

En savoir plus

05/07/2018 Afrique

Sahara occidental : "Pour le Maroc, le cadre des négociations est celui de l'ONU"

À l'occasion du 31e sommet de l'Union africaine, à Nouakchott, France 24 s'est entretenu avec Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères. Le ministre s'est exprimé...

En savoir plus

24/01/2012 L'Entretien de France 24

Claude Lanzmann, réalisateur du documentaire "Shoah"

Sylvain Attal reçoit Claude Lanzmann, réalisateur de "Shoah", pour discuter de la diffusion de son documentaire par la télévision publique turque. Claude lanzmann salue cette...

En savoir plus