Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Zimbabwe : retenu par l'armée Robert Mugabe préside tout de même une cérémonie

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Le baiser imposé d'Al Franken

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

COP 23 en Allemagne : une occasion manquée ?

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Crise au Liban : La France à la manoeuvre

En savoir plus

TECH 24

Quoi de neuf, e-docteur ?

En savoir plus

LE GROS MOT DE L'ÉCO

Taux directeur : le diapason système bancaire

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Afrique - Chine : le piège de la dépendance ?

En savoir plus

#ActuElles

Consentement sexuel des mineur(e)s : quel âge minimum ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

La France, terre de vin et de tourisme

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Une personnalité française ou internationale, issue de l’univers économique, culturel, politique ou diplomatique, nous livre son regard sur l’actualité. Le samedi à 8h45.

Dernière modification : 13/03/2015

La lettre persane de Delphine Minoui

© France 24

La journaliste Delphine Minoui a passé dix ans en Iran en tant que correspondante pour différents médias. Issue d'une famille mixte franco-iranienne, elle retrace dans le livre "Je vous écris de Téhéran", une lettre émouvante adressée à son défunt grand-père, cette expérience professionnelle et personnelle. Elle est l'invitée de Sylvain Attal.

Accro à l’Iran. Ainsi se dépeint Delphine Minoui, cinq ans après avoir quitté Téhéran, en 2009, la peur au ventre, harcelée par la police d'un régime qui n’a cessé, dix ans durant, de jouer avec les nerfs de la correspondante du "Figaro", comme avec ceux de beaucoup d’autres journalistes occidentaux, particulièrement lorsqu’ils avaient, comme elle, des origines iraniennes.

Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle tournait le dos "à cette moitié retrouvée d’elle même", quasi certaine de ne plus y revenir. Mais à chaque fois, il y eut de nouvelles invitations, au gré des caprices d’un régime intrigant (dans tous les sens du terme), en délicatesse avec l’occident depuis 35 ans, mais régulièrement tenté de communiquer avec lui. Et de séduire.

Dans "Je vous écris de Téhéran", Delphine Minoui raconte ces parties de cache-cache à répétition avec la police, interrogatoires terrorisants, ces départs précipités invariablement suivis de retours pleins d’espoir. Et jusqu’au cambriolage de son studio parisien où lui fut volé son ordinateur. À chaque fois elle y est retournée, consentant à ce jeu qui, elle le sait d’expérience, aurait pu la jeter au fond d’une geôle : "Plus l’Iran me maltraitait, plus j’en redemandais, comme une femme battue qui refuse de reconnaître ses cicatrices".

Car, évidemment, la quête de la jeune pigiste, fraîchement diplômée d’une école de journalisme, n’a rien d’une aventure strictement professionnelle. Lorsqu’elle prend, un jour de 1998, un billet pour Téhéran, elle pense y rester une semaine, le temps d’un reportage pour Radio France sur un pays qui traverse alors (déjà ?) un vent de libéralisation avec l’élection à la présidence d’un mollah réformiste, Mohammad Khatami. Ce départ suit aussi de quelques mois la disparition de son grand-père iranien, Babaï, à la fois si proche et si lointain. Elle n’avait avec lui, exceptées quelques vacances au "pays au goût de grenadine", que des liens épistoliers. Il n’avait jamais voulu quitter son pays. En dix ans, Delphine Minoui va à la fois renouer avec cette identité mythique (elle se sent française à 100 %), et acquérir ses lettres de noblesse journalistique (lauréate du prix Albert Londres en 2006). Son récit prend la forme d’une lettre posthume à son aïeul, à la fois carnet de route journalistique et témoignage personnel.

Les paradoxes iraniens

Touchée par l’amour de tous les Iraniens pour leur pays, même des plus acharnés contre la République islamique, elle attrape le virus. Elle est, bien entendu, en empathie avec ces Iraniens, en particulier cette jeunesse qui rêve de liberté et d’ouverture, au point de franchir parfois la limite théoriquement établie entre l’activisme et le journalisme. Elle partage avec eux leurs espoirs comme leurs terreurs : après les années Khatami, le tour de vis conservateur d’Ahmadinejad (à partir de 2005), les élections truquées de 2009, la victoire volée à un autre modéré Hossein Moussavi.

Même aux prises avec un régime brutal et inquiétant, qui piétine les droits de l’Homme et restreint singulièrement la liberté de la presse, elle ne cesse jamais de nous le présenter dans toute sa complexité. Ces fameux "paradoxes iraniens", elle a plus d’une fois posé son doigt dessus : il y a ce jeune mollah en blouson de cuir, accro à Internet, qui lui propose un "sigheh", un mariage temporaire. Elle comprend alors, à peine arrivée, que le fondamentalisme chiite sait avoir ses petits accommodements avec le désir… Ou bien Fatemeh, l’épouse d’un bassidji, un de ces miliciens chargés de faire respecter même brutalement l’ordre et la morale islamique, qui a, elle, un penchant pour les réformes et l’attire dans des soirées "entre filles" où l’on troque le tchador pour des tenues sexys. Et encore ce commerçant juif du bazar, Moses Baba, qui derrière ses bouteilles de vodka, et malgré les brimades et les persécutions qui visent régulièrement sa communauté, lui confie que pour lui "l’Iran est plus tendre qu’une mère".

Delphine Minoui, "Je vous écris de Téhéran", 320 pages, éditions du Seuil, 2015

 

Par Sylvain ATTAL

COMMENTAIRE(S)

Les archives

15/11/2017 Organisation État islamique

Florence Parly : "L’EI est d’ores et déjà en train de redéployer son action"

Florence Parly, ministre française des Armées, a accordé un entretien à France 24, en marge du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qui s’est tenu dans la...

En savoir plus

11/11/2017 FRANCE

"Il a fallu dompter ce nouveau corps" : un rescapé du 13-Novembre raconte

Aristide Barraud, joueur de rugby professionnel, a été blessé par trois balles de kalachnikov au Petit Cambodge le 13 novembre 2015 à Paris. Dans son livre "Mais ne sombre pas"...

En savoir plus

11/11/2017 Amériques

Delcy Rodriguez : "Les États-Unis veulent intervenir militairement au Venezuela"

La présidente de l’Assemblée Constituante du Venezuela, Delcy Rodriguez, a accordé un entretien exclusif à France 24, depuis Caracas. Elle revient notamment sur la situation...

En savoir plus

04/11/2017 Organisation État islamique

"Une destruction à la mesure de l'imaginaire qu'on a projeté sur le groupe État islamique"

Défaite militaire ou pas, l'organisation État islamique conserve une place centrale dans la constellation politique du Moyen-Orient, et c'est exactement ce qu'elle voulait....

En savoir plus

28/10/2017 Cybercriminalité

Marc Goodman : "Aujourd’hui, la cyber-menace vient de partout"

Marc Goodman, consultant à la tête du Future Crime Institute, est notre invité, à l’occasion de la sortie en France de son livre "Les crimes du futur" (Éd. Nouveau Monde), un...

En savoir plus