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Economie

Verona : la paix au Proche-Orient est-elle simple comme une appli de rencontre ?

© Capture d'écran | L'application Verona ressemble à Tinder et se propose de favoriser les rencontres entre Israéliens et les Palestiniens.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 18/05/2015

L’application Verona, disponible depuis dimanche, propose aux Palestiniens de rencontrer des Israéliens et vice-versa. Son créateur assure avoir voulu créer un Tinder qui pourrait aider à résoudre le conflit au Proche-Orient. Rien que ça.

Faites l’amour pas la guerre. C’est le message du développeur informatique américain Matthew Nolan aux Israéliens et Palestiniens. À cet effet, il a rendu disponible, dimanche 17 mai, son application de rencontre Verona sur les smartphones Android. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa célèbre concurrente Tinder, mais ne s’adresse qu’aux belligérants du conflit israélo-palestiniens. “Est-ce que Verona peut contribuer à la paix dans le monde ? Hey, tout est possible !”, peut-on lire sur la page de téléchargement de cette application.

Dans Verona, la paix ne serait donc qu’une affaire de rencontres avec ou sans lendemain. Lorsqu’un mobinaute ouvre pour la première fois cette application, il doit indiquer s’il est Israélien ou Palestinien. Il n’y a, à ce titre, aucune vérification particulière, les concepteurs de Verona semblent compter sur la bonne foi des utilisateurs. Un nouvel inscrit doit ensuite choisir son “hobby principal” et se voit présenter un catalogue de photos de personnes du sexe et du camp opposés qui se trouvent à proximité. Comme dans Tinder, un simple balayage sur l’écran vers la gauche ou la droite permet d’éliminer ou de garder un profil. Deux personnes qui se sont mutuellement “appréciées” peuvent ensuite discuter en direct d'amour, de sexe ou de comment faire mieux que Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas pour résoudre le conflit au Proche-Orient.

“On se moquait des sites de rencontre réservés aux Israéliens avec un ami palestinien qui avait eu une copine israélienne, quand je me suis dit qu’il faudrait plutôt faire une application pour faciliter les rencontres entre les deux peuples”, raconte Matthew Nolan au site américain Refinery29. Il assure croire fermement que favoriser la naissance de relations entre membres de “deux cultures aussi fortement séparées par un conflit” peut aider à renouer le dialogue. Rien de tel que des mots doux sussurés à l’oreille dans un lit douillet pour faire taire les tirs de roquettes et bombardements ?

Roméo et Juliette au Proche-Orient

Il reconnaît lui-même que les potentielles vertus diplomatiques de son application de rencontres ne vont probablement pas mettre un terme à l’un des conflits les plus complexes de l’histoire contemporaine. Ce n’est pas un hasard s’il l’a appelée Verona, en référence à la ville italienne qui sert de cadre à Roméo et Juliette, la plus célèbre histoire d’amour contrarié. “Cette application s’intéresse aux symptômes du conflit - l’absence de dialogue - et pas aux causes”, affirme Simona Sharoni, auteure de l’ouvrage “Le genre dans le conflit israélo-palestinien”. En somme pour elle, l’amour serait peut-être plus fort que les frontières mais, pour autant, ne les fait pas disparaître.

Reste qu’elle pourrait servir de signal. “Dans les années 80, beaucoup de Palestiniens travaillaient en Israël et il y avait donc bien plus d’interactions quotidienne qu’aujourd’hui et si cette application rencontre un vrai succès, cela permettrait d’indiquer aux décideurs qu’il y a, sur place, une réelle volonté de se parler pour se comprendre”’, assure à Refinery29 Thomas Zeitzoff, un chercheur américain spécialisé dans les violences en temps de conflit.

Encore faut-il que Verona soit réellement utilisée par les habitants de la zone de conflit. Pour l’instant, Matthew Nolan reconnaît que la majorité des 1 000 personnes qui l’ont téléchargée se trouvent aux États-Unis. L’application n’est, en effet, pas exclusivement réservée aux résidents de l’État hébreu ou des territoires palestiniens. Mais de “plus en plus de personnes de Tel Aviv et de Cisjordanie la téléchargent”, se félicite son créateur new-yorkais.

Un autre obstacle à l’éventuel succès de l’application viendrait des extrémistes de tout poil. Le “Nouvel Observateur” a constaté que la page de présentation de l’application sur Google Play (la plateforme de téléchargement d’applications pour smartphone Android) était envahie de commentaires racistes et antisémites qui ont été effacés entre-temps par des modérateurs. La plupart de ces détracteurs ont aussi donné la pire note possible à l’application qui se retrouve, ainsi, dans les tréfonds du classement. Impossible ou presque de la découvrir par hasard.
 

Première publication : 18/05/2015

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