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EUROPE

Ada Colau, des squats à la mairie de Barcelone

© Quique Garcia, AFP | Ada Colau le soir de la victoire de sa liste Barcelone en commun, le 24 mai 2015.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/05/2015

Rendue célèbre par sa lutte contre les expulsions immobilières, Ada Colau est en passe de devenir la première maire "indignée" d'Espagne après être arrivée en tête dimanche aux élections municipales à Barcelone. Portrait.

Sur le point de s’emparer de la mairie de Barcelone, la militante Ada Colau vient révolutionner le paysage politique espagnol. En jeans et T-shirt, cette ancienne squatteuse de 41 ans au visage rond et au regard pétillant n’a rien en commun avec les professionnels de la politique.

Sans passé politique et sans avoir jamais adhéré à aucun parti, Ada Colau a mené aux municipales la liste Barcelone en commun, alliance de plusieurs partis de gauche intégrant notamment la formation antilibérale Podemos, portée par le mouvement des Indignés qui avait occupé les places d'Espagne en 2011. Accusée d'être populiste, inexpérimentée et radicale par ses rivaux, elle est parvenue à rallier les suffrages de plus de 176 000 électeurs lors des municipales, faisant de la deuxième ville la plus peuplée d'Espagne, avec 1,6 million d'habitants, le premier bastion des Indignés. Dimanche 24 mai, sa liste a obtenu onze sièges, contre dix pour le maire sortant Xavier Trias, un nationaliste conservateur. Ada Colau doit ainsi logiquement être investie par le conseil municipal, même si elle peut encore être renversée par une coalition d'opposants.

Le soir de sa victoire, en larmes, elle a affirmé devant des militants euphoriques qu'avec sa liste, c'était "l'espoir" qui avait gagné. L’espoir de la fin de l’austérité, dans un pays où plus d’un actif sur quatre est au chômage, et l’espoir d’une société "juste".

"C’est une vraie personne, pas encore un personnage. Pas un produit de laboratoire, comme certains de ses collègues de la gauche radicale", commente le journaliste Xavier Vidal-Folch, dans "El País". "Elle est pleine de réalités tangibles, de combats réels. C’est son grand atout."

Une "terroriste" décorée par le Parlement européen

Son "combat réel" le plus retentissant reste celui qu’elle a mené contre les expulsions de familles frappées par la crise en Espagne.

Après le krach immobilier de 2008 et devant le spectacle de milliers de familles à la rue sans un sou, cette militante antimondialisation et anti-guerre en Irak décide de concentrer ses efforts sur le droit au logement. Elle co-fonde alors la PAH (Plateforme des affectés par l'hypothèque) et dénonce avec force les excès de banques "complices" des dirigeants politiques.

Révoltée, elle s’illustre dans des actions musclées, au point d'être interpellée à plusieurs reprises par les forces de l’ordre. En juillet 2013, elle est évacuée d'une agence de la Banco Popular, envahie en soutien à un homme qui ne pouvait plus rembourser son crédit hypothécaire.

Six ans plus tard, Ada Colau dresse un bilan performant : selon des déclarations faites début 2014, la PAH a empêché plus d'un millier d'expulsions et aidé à reloger un millier de personnes. Son travail lui a valu le Prix du citoyen européen en 2013 attribué par le Parlement européen. La même année, le Parti populaire au pouvoir, conservateur, est contraint de revoir en partie la réglementation bancaire, sous pression d'une proposition de loi populaire de la PAH ayant recueilli 1,4 million de signatures. Rien de tel pour accroître l’aura de la militante, qualifiée de "terroriste" par le gouvernement. C’est alors qu’elle décide de se présenter aux municipales de 2015.

Études avortées et petits boulots

Dans sa jeunesse, la quadragénaire ne rêvait pourtant pas d'une carrière politique. Issue d’un milieu modeste, la jeune Ada a dû interrompre ses études de philosophie pour aider financièrement sa famille grâce à des petits boulots. Tour à tour consultante en communication, traductrice et même comédienne de sitcom télé, elle est embauchée dans un Centre d'études économiques et sociales en 2007, un an avant l’explosion de la bulle immobilière. "Le salaire le plus élevé que j'ai jamais touché était de 1 500 euros", a-t-elle récemment révélé.

Désormais, elle ne devrait pas toucher plus de 2 200 euros par mois. Elle a en effet promis de baisser sensiblement le salaire qu’elle percevra – le maire actuel touche lui 143 000 euros par an, soit près de 12 000 euros par mois.

Ada Colau ne devrait ainsi rien changer à ses habitudes et continuer à prendre les transports en commun et à vivre dans un logement en location avec son compagnon. Elle entend également en finir avec les privilèges liés à sa future fonction en réduisant le nombre de voitures officielles et limitant à deux le nombre de mandats.

Une fois au pouvoir, elle compte par ailleurs mener à bien un certain nombre de réformes : suspendre les expulsions dans la ville, convertir les appartements vides en logements sociaux, forcer les entreprises à réduire les prix de l'eau, du gaz, de l'électricité ou encore lancer un revenu minimum de 600 euros pour les familles au bord de la misère. En somme, faire de Barcelone "une référence mondiale en tant que ville démocratique et socialement juste".

Avec AFP

Première publication : 26/05/2015

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