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SPORT

Ligue 1 : Hervé Renard, un double champion d’Afrique au chevet de Lille

© PIUS UTOMI EKPEI / AFP | Hervé Renard, nommé entraîneur du LOSC pour les trois prochaines saisons.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 27/05/2015

Hervé Renard a été nommé à la tête du club de football de Lille lundi. Et ce, pour trois ans. Le double vainqueur de la CAN en 2012 et 2015 prend enfin les rênes d’un club aussi ambitieux que lui.

Des Éléphants ivoiriens aux Dogues lillois… Hervé Renard a été nommé entraîneur du Lille Olympique (Losc) pour les trois prochaines saisons, a annoncé lundi 25 mai le club de football nordiste dans un communiqué. Le technicien de 46 ans, natif d'Aix-les-Bains, a enfin l’opportunité d’exercer dans un très bon club de Ligue 1, financièrement stable, relativement ambitieux, et doté d’installations sportives remarquables.

"C’est un honneur d’arriver dans un club aussi prestigieux que le Losc, confie-t-il sur le site du club. Ce jour comptera dans mon parcours d’entraîneur, il faut désormais que ceux qui vont suivre soient encore plus beaux (…). Un challenge très excitant se profile à l’horizon et je compte bien le relever avec ambition."

Adulé en Zambie et en Côté d’Ivoire, deux nations qu'il a mené au titre de champion d'Afrique, respectivement en 2012 et en 2015, il peut se targuer d’être le premier sélectionneur à avoir remporté ce titre avec deux sélections différentes.

Beau-gosse et meneur d’hommes

Le Savoyard n’a toutefois jamais caché son envie d’être reconnu sur ses terres. Nullement agacé par son image de beau gosse à la tignasse blonde et au corps d'athlète véhiculée par les médias, Hervé Renard a fini par en user habilement comme d’un outil de communication efficace. Il veut désormais briller par ses résultats, lui qui regrettait que des clubs de National (3e division française) aient rejeté sa candidature en 2011. Et montrer qu’il n’a pas seulement l’étoffe d’un sélectionneur, mais aussi les épaules assez larges, au sens propre comme figuré, pour manager un effectif de l’élite au quotidien.

Il avait déjà eu l’occasion de démontrer ses talents de meneur d’hommes avec le FC Sochaux lors de la saison 2013-2014, en revivifiant un club condamné à la relégation, et n’aura échoué dans sa mission qu’au terme de la dernière journée de championnat (avec une relégation en Ligue 2 sur le fil). Depuis, son nom n’a jamais été rayé des tablettes des clubs de Ligue 1, revenant souvent avec insistance du côté de Lille et de Saint-Étienne, à chaque fois que l’avenir de l’entraîneur en place était remis en question.

Poussé sur le banc par une blessure

Et dire qu’à la fin des années 1990, il était à la tête d’une société de nettoyage. Car l’histoire d’Hervé Renard avec le monde du football n’a pas toujours été rose. Pensionnaire du centre de formation de l’AS Cannes, célèbre pour avoir accueilli en son temps Zinedine Zidane, Patrick Vieira et Yohan Micoud, celui qui évolue alors au poste de défenseur ne brillera pas sur les pelouses, et sa carrière ne décollera jamais malgré quelques apparitions en Bleus avec les très jeunes. Il évoluera finalement à Vallauris entre 1991 et 1997, puis à Draguignan entre 1997 à 1998, dans les échelons inférieurs du football français. C’est finalement une blessure au genou qui le pousse, à 29 ans, à embrasser une carrière d’entraîneur, qui le mènera notamment à exercer en National, à Cherbourg, de 2005 à 2007.

Mais c’est surtout sa rencontre avec Claude Leroy, le plus africain des techniciens français, vainqueur de la CAN 1988 avec le Cameroun, qui va bouleverser sa carrière. Hervé Renard devient l’adjoint du "sorcier blanc" à Shanghai, puis au Ghana, en passant par la quatrième division anglaise. "Sans Claude, je pense que je serais encore entraîneur en National. Quand on est à Cherbourg, qu’on joue le maintien chaque année, c’est difficile ! Si j’ai fait mon trou, c’est grâce à lui", confiait-il à Ouest-France en 2012.

De l’Afrique au Nord Pas-de-Calais

Jusqu’au jour où il endosse le costume de sélectionneur de l'équipe de Zambie, avec qui il atteint les quarts de finale de la CAN en 2010, avant de tenter une expérience à l'USM Alger. Sans succès. En 2012, il reprend en mains la destinée des Chipolopolos et la Zambie remporte remporte la CAN à la surprise générale. La légende Renard est née.

Réputé droit et très efficace dans la préparation mentale de ses joueurs, celui qui n’hésite pas à élever la voix et à houspiller ses joueurs en des termes très virils remportera à nouveau cette compétition en février 2015 avec les Ivoiriens, qui attendaient ce titre continental depuis 1992.

Il ne reste plus au Savoyard qu’à prouver que sur sa terre natale aussi, sa méthode peut fonctionner. Nul doute qu’Hervé Renard saura trouver les mots pour secouer des Dogues qui sortent d’une saison insipide, terminée à la 8e place de la Ligue 1, lui qui n’a jamais caché son envie de disputer la Ligue des champions.
 

Première publication : 26/05/2015

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