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FRANCE

L'islam, un sujet brûlant pour Les Républicains

© Stéphane de Sakutin, AFP | Nicolas Sarkozy lors de son discours inaugural du parti "Les Républicains", le 30 mai 2015, à Paris.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 04/06/2015

Les Républicains, ex-UMP, se réunissent à huis clos, jeudi 4 juin à Paris, pour une journée de travail consacrée à l'islam en France. Un sujet clivant au sein de la droite.

Les adhérents de l’UMP ont voté et "Les Républicains" l’ont emporté. Appelés à s’exprimer les 28 et 29 mai, les militants ont validé la réforme des statuts et la nouvelle appellation du principal parti de l’opposition. Mais au-delà d’un nom, c’est une bataille sur la ligne politique qui s’est jouée dans les urnes, notamment sur la question de l’islam.

L’islam est en effet au cœur des préoccupations des Républicains, au point d’y consacrer leur première journée de travail. Une réunion sur "l'islam en France ou l'islam de France" est organisée le jeudi 4 juin à Paris, en présence d’élus de terrain et de spécialistes de la laïcité. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) refuse, lui, d'y participer. "On ne peut pas participer à une telle initiative, qui stigmatise les musulmans. En France, il y a une urgence, c'est la crise économique, sociale et morale, c'est à cela que doivent s'atteler les partis politiques", a déclaré Abdallah Zekri, qui deviendra le 30 juin secrétaire général du CFCM.

C’est lors d'une table ronde sur "la crise des valeurs" en France, le 7 février, que le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, avait annoncé cette réunion. "Il s'agira d'établir non pas ce que la République est prête à faire pour s'adapter à l'islam, mais comment faire pour que l'islam en France soit un islam de France", avait-il annoncé à cette occasion. Initialement prévue en avril, la réunion a été repoussée et se déroulera à huis clos, notamment pour éviter de laisser éclater au grand jour les divisions internes. Car au-delà d’une réflexion sur l’islam et la laïcité, la réunion devrait tenter de donner aux Républicains une ligne commune sur un sujet clivant.

Différentes écoles

"Il y a une telle tension sur ces sujets qu’il nous faut mettre des digues, fixer des règles. Mais le pire serait que nous continuions à en débattre tous les quatre matins", avait déclaré Henri Guaino, député des Yvelines en charge, avec le député du Nord Gérald Darmanin, de plancher sur les questions d’islam et laïcité pour faire émerger des "propositions concrètes".

Ces derniers mois, les occasions de discorde sur la question de l’islam n’ont pas manqué au sein de l’opposition où se confrontent plusieurs écoles. D’un Benoist Apparu, pourfendeur du "totalitarisme laïcard", à Éric Ciotti qui a déposé une proposition de loi visant à interdire le voile à l'université, difficile de trouver un terrain d’entente. Même l’organisation de la journée du 4 juin est loin d’avoir fait l’unanimité. Les critiques estiment que le redressement économique de la France devrait être le premier des débats à droite.

"Avoir l’air de dire que le premier sujet, pour cette formation politique, c’est l’islam et la République, c’est une mauvaise idée", a déclaré début mai sur BFM-TV la vice-présidente de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet. Redoutant que le nouveau parti ne permette à Nicolas Sarkozy d’imposer une ligne trop axée sur les sujets identitaires, celle qui envisage de présenter sa candidature à la primaire de 2016 estime que "la question religieuse prend trop de place dans le débat public. (…) On a trop tendance à ramener notre identité à la question religieuse."

Sarkozy fait de l’islam un sujet de premier plan

Et pour cause. Depuis son discours "fondateur" du 7 novembre, Nicolas Sarkozy a fait de la question religieuse un sujet de premier plan. À maintes reprises, il a décliné sa vision d’une République où "celui qui nous rejoint doit s’assimiler, adopter notre mode de vie, notre culture", comme il l’a lancé le 20 mars, à Dammarie-les-Lys. En fin de campagne des élections départementales, Nicolas Sarkozy a radicalisé son discours, prenant position contre les repas de substitution dans les cantines et le port du voile à l’université. Une stratégie électorale qui a jeté de l’huile sur le feu dans sa famille politique.

L’offensive a recueilli les soutiens de Valérie Boyer, Bruno Retailleau, Eric Ciotti ou encore Brice Hortefeux qui n’a de cesse de marteler que "face au communautarisme, il faut mettre le pied dans la porte et empêcher qu’elle se referme". Une tactique qu’abhorre Henri Guaino qui a toujours estimé qu’une politique maurassienne mènerait la droite à sa perte. Pour l’ancienne plume du président, Nicolas Sarkozy a créé "un problème là où il n’y en avait pas, au risque, pour récupérer d’irrécupérables voix d’extrême droite, de désigner encore davantage les musulmans comme des fauteurs de troubles identitaires".

François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, ou encore Claude Goasguen ont également dénoncé ces prises de position. Lorsque Nicolas Sarkozy a soutenu la décision du maire UMP de Chalon-sur-Saône de ne plus servir de plats de substitution aux enfants ne mangeant pas de porc à la cantine, Claude Goasguen s’est montré incisif : "La situation en France est tellement difficile que ce n'est pas la peine de remettre un peu de vinaigre ni d'acide sulfurique", a lâché le député de Paris sur i-télé. Ajoutant même : "C'est une vision laïque intégriste qui n'est pas la mienne (…). À l'UMP, nous ne sommes pas tous sur la même ligne." La réunion du 4 juin sera l’occasion de découvrir si Les Républicains sauront, ou non, faire émerger le consensus qui faisait défaut à l’UMP.

 

Première publication : 01/06/2015

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