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FRANCE

Le "World's 50 Best", un classement gastronomique anti-français ?

© Johannes Eisele, AFP | Assiette du restaurant français "Paris rouge" présentée lors de l'événement culinaire "Goût de France / Good France"

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 02/06/2015

Le classement "50 Best" a dévoilé lundi le nom du "meilleur restaurant du monde", en pleine polémique sur ce hit parade gastronomique pointé du doigt pour ses méthodes opaques. Il est notamment accusé de "French bashing" dans l’Hexagone.

Le restaurant "El Celler de Can Roca" ne vous dit rien ? Il faudra pourtant réserver plusieurs mois à l’avance pour déguster son filet de maquereau mariné aux œufs de mulets, l’une des spécialités de la table des frères Roca. L’établissement espagnol de Gérone a été élu lundi 1er juin "meilleur restaurant du monde" par l’influent classement britannique "The World's 50 Best Restaurants". 

Face au guide Michelin déclinant, ce classement lancé en 2002 par le magazine "Restaurant", s’est imposé en quelques années comme le hit parade annuel de la gastronomie mondiale, la crème des "top chefs", le "baromètre annuel du goût gastronomique", aux dires de ses organisateurs.

Chaque année, un panel international vote pour ses tables préférées. Le palmarès, qui bénéficie d'un fort retentissement médiatique, fait exploser la cote et la fréquentation des élus. Déjà propulsé en tête du classement en 2013, "El Celler de Can Roca" a enregistré plus de 2,5 millions de visiteurs sur son site  dans les 24 heures qui ont suivi la publication du classement.

Subjectivité et méthodes opaques

Pour autant, la méthodologie du "50 Best" fait grincer des dents. Tout particulièrement celles des Français, jamais couronnés et quasi systématiquement absents du top 10. Un jury anonyme de 972 votants, composé de chefs, de journalistes et de "gourmets expérimentés" répartis dans 27 régions, doit voter pour sept restaurants coup de cœur. Mais des raisons de son choix, nous ne savons rien.

>> À lire sur France 24 : "Guide Michelin 2015" : la France compte 26 restaurants trois étoiles

Contrairement au Michelin qui a une liste de critères établis pour l’attribution de ses étoiles (qualité des ingrédients, maîtrise des cuissons et des saveurs, personnalité du chef dans sa cuisine, rapport qualité/prix, etc…), le "50 Best" revendique au contraire la totale subjectivité de ses jurés.

"Les votants n’ont pas de critères établis pour juger les restaurants et c’est essentiel dans la méthode du '50 Best'. Le choix est laissé à l’appréciation des jurés. Ils doivent simplement voter pour leur meilleure expérience gastronomique dans les 16 derniers mois", explique à France 24 Amelie Hawkins, chargée de communication du palmarès.

Par ailleurs, les jurés ne sont pas tenus de fournir les factures des restaurants, empêchant toute vérification. Sans parler des liens ambigus du groupe de marketing William Reed, propriétaire du classement, avec certains sponsors et pays partenaires. Ou encore des conflits d’intérêts de certains membres du jury.

"Un classement qui ne repose sur rien"

Depuis le 16 mai, une pétition circule sur la Toile pour dénoncer l’opacité du concours. Le manifeste intitulé "Occupy 50 Best" a été lancé par trois Françaises, Marie Motto, Hind Meddeb et Zoé Reyners, respectivement blogueuse, journaliste et consultante en relations publiques. Ces "citoyennes lambdas" dénoncent un classement "opaque, sexiste et complaisant" qui " ne repose sur aucun critère gastronomique, déontologique et encore moins sanitaire."

La pétition, qui se voulait au départ être un "coup de gueule" de ces "gastronomes amatrices" a recueilli plus de 400 signatures, dont celle de chefs de renommée internationale comme les Français Thierry Marx, Georges Blanc ou Joël Robuchon, dont "L’Atelier Saint Germain", classé 31e du "50 Best" en 2014, recule cette année à la 63e place.

"Nous ne critiquons pas les chefs qui se trouvent dans le classement et ne sommes pas là pour dire s’ils sont bons ou mauvais. Nous voudrions savoir pourquoi ils ont été choisis. Tout ce que nous demandons c’est plus de transparence et moins de copinage", explique à France 24 Zoé Reyners, qui ne relaye néanmoins pas les accusations de "French bashing" dont on accuse le palmarès. "La France n’est pas représentée comme elle le souhaiterait mais elle bénéficie néanmoins d’une belle représentation", ajoute-t-elle, soulignant que la France vaut pour une région, au même titre que la Russie, l’Europe centrale et l’Europe de l’Est réunies.

French bashing ?

Les Français, qui multiplient les étoiles au Michelin, n'ont que cinq restaurants classés cette année, le premier à la 11e place (Mirazur, à Menton) et le dernier à la 47e (Plaza Athénée à Paris).

Régulièrement accusé de "French bashing", une équipe de "50 Best" a fait le déplacement courant mai à Paris. "Nous sommes parfois en France décrits comme anti-Français, nous voulions démontrer que c'est très loin de la réalité !", a expliqué William Drew, rédacteur en chef des "World's 50 Best". Le classement peut également se prévaloir d'avoir couronné la Française Hélène Darroze "Meilleure femme chef du monde" pour 2015.

>> À lire sur France 24 : "Gastronomie, la nouvelle cuisine des affaires étrangères"

Mais à l’heure où la gastronomie est devenue un atout essentiel de rayonnement international et d’attractivité, cette reconnaissance n’est pas suffisante. Alors, le Quai d’Orsay n’hésite pas à s’en mêler. Dans son rapport d’étape du 20 octobre 2014, le Conseil de promotion du tourisme, mis en place par Laurent Fabius, souligne "les faiblesses déontologiques et conceptuelles du classement". Mais il reconnaît que "c’est un marketing efficace" et qu’une "proportion croissante du grand public s’y réfère, qu’on le veuille ou non". Après avoir organisé en mars l’opération "Goût de France/Good France" pour promouvoir la gastronomie française, le Conseil préconise la mise en place de son propre palmarès, une sorte de "classement des classements". Il devrait être dévoilé à la rentrée.

Première publication : 02/06/2015

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