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Economie

Hatred ou comment se mettre dans la peau d'un tueur en série

© Capture d'écran | Hatred, sorti le 1er juin, n'est disponible que sur la plateforme de téléchargement Steam.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 02/06/2015

Le jeu vidéo controversé "Hatred" a connu un lancement réussi sur la plateforme de téléchargement Steam. Les créateurs du jeu, qui consiste à commettre des crimes en série, avaient mobilisé une frange influente de la communauté des joueurs.

Plus fort que les créations vidéoludiques dignes d’un studio hollywoodien, "Gran Theft Auto V" ou "The Witcher III". Lundi 1er juin, jour de sa sortie, "Hatred", un petit jeu au fort potentiel polémique, a été le titre le plus demandé sur Steam, la principale plateforme mondiale de téléchargements de jeux vidéo. Son petit prix, 16 euros, n'explique pas à lui seul le succès de l’enfant terrible du studio de développement polonais Destructive Creations.

"Hatred" est un condensé de tout ce qui peut s'avérer polémique. Le jeu est un mélange médiatiquement bien dosé d’ultra-violence gratuite, de propos simplistes et d’absence totale de trame scénaristique. Un objet vidéoludique dérangeant, créé pour susciter l’engouement d’une communauté d’inconditionnels.

"Adults only"

De quoi s’agit-il ? "Hatred" met le joueur dans la peau d’un psychopathe dont la raison d’exister est de tuer le plus de civils innocents possibles (de la manière la plus gore possible) avant d'être abattu par les forces de l’ordre... ce que les créateurs définissent comme "une croisade génocidaire" (sic). Il est possible, par exemple, d’écraser la tête des passants contre le trottoir, d’exécuter des civils qui implorent la pitié d’une balle dans la bouche ou encore de mettre le feu à tout ce qui bouge.

Ce cocktail sanguinolent a valu à "Hatred" d’être catalogué "Adults only" (réservé aux adultes) par le gendarme américain du jeu vidéo (ESRB - Entertainment Software Rating Board) en janvier 2015. Cette catégorie interdit aux grandes surfaces américaines de le vendre. Seuls cinq ou six autres jeux ont été ainsi catalogués.

Le studio Destructive Creations semble avoir recherché cette mise à l’index vidéoludique. "Un nombre grandissant de jeux se veulent bien-pensants, très colorés, politiquement corrects et sont présentés comme des œuvres d’art avant d’être amusant. Nous voulons aller à l'encontre de cette tendance, proposer quelque chose de différent, qui serait simplement plaisant à jouer", expliquent ces Polonais sur leur site internet.

Sympathie pour l’extrême-droite polonaise ?

Un posture "idéologique" et marketing. Ce message caresse dans le sens du poil une catégorie très précise de joueurs : les "hardcore gamers". Selon le quotidien britannique "The Guardian", ces derniers se sentent mis au ban d'un secteur avide de séduire le grand public.

"Hatred" serait, aux dires des créateurs du jeu, le nouveau champion des "hardcore gamers". Ils seraient les seuls à pouvoir comprendre et apprécier la démarche de Destructive Creations. Et qu’importe si le patron de Destructive Creations est soupçonné d'avoir des sympathies pour les milieux polonais d'extrême-droite. Jarosław Zieliński a publiquement "liké" la page Facebook du mouvement "Polska Liga Obrony" (ligue de défense polonaise). Il a assuré qu'il ne fallait pas y voir un soutien aux thèses de ce groupe extrémiste, mais plutôt une envie de se tenir informé. Nuance…

La ferveur de cette communauté de joueurs pour "Hatred" a, en outre, été renforcée en décembre 2014 lorsque les responsables de Steam se sont pris les pieds dans le jeu : Le 15 décembre dernier, "Hatred" a été temporairement censuré par la plateforme, ce qui a ravivé le sentiment de ces aficionados d’être les derniers survivants d’une époque révolue, où le jeu vidéo pouvait tout se permettre.

La mesure a provoqué un branle-bas de combat chez une partie des joueurs qui, au cri de "c’est la liberté qu’on assassine", ont exigé le retour du jeu. "Ceux qui n’aiment pas n’ont qu’à pas y jouer, mais l’interdire c’est censurer un travail artistique", assurait ainsi l'un d'entre eux.

Un accueil critique mitigé

Deux jours plus tard, coup de théâtre : Gabe Newell, le PDG de Steam, a décidé de remettre le projet en course et s'est excusé au passage, sur Facebook, auprès des créateurs du jeu.

C’est donc fort de ce capital sympathie auprès d’une partie influente de la communauté des joueurs que Destructive Creations a préparé la sortie de son "Hatred". Mais maintenant que le jeu est disponible, le débat "idéologique" laisse lentement la place aux discussions sur ses qualités réelles. C’est plus que mitigé. Le site français Jeuxvideo.com, l’un des plus tendres avec cette simulation de meurtres en série, juge que c’est "un titre scandaleusement fun et répétitif".

Selon Gameblog, l’un des sites américains de référence, à force de faire toujours la même chose, on s’ennuie ferme. Rien à voir avec d’autres jeux qui ont suscité des polémiques similaires, comme "Gran Theft Auto", où la violence gratuite n’était pas le seul mécanisme de jeu. Pour le "Guardian", "Hatred" n’apporte rien de neuf aux jeux du genre, mis à part l’odeur de souffre et de scandale qui ne résiste cependant pas à l’impression de tuer en rond.

Première publication : 02/06/2015

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