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Economie

E3 : les Français de FabZat veulent marier jeux vidéo et impression 3D

© FabZat | Objet directement commandé depuis un jeu vidéo.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 19/06/2015

La société française FabZat propose aux joueurs d’imprimer en 3D les personnages et objets de leurs programmes favoris. Cette fonctionnalité, qui n'est disponible que pour une vingtaine de jeux, pourrait bien se propager.

Quand le jeu vidéo rencontre la technologie de l’impression 3D à l'E3 de Los Angeles, cela donne FabZat. Cette jeune société bordelaise a décidé d’explorer, il y a deux ans, un territoire encore peu exploité du jeu vidéo : le merchandising, c’est-à-dire la création de produits dérivés.

“Dans le cinéma ou la musique, cela peut représenter plus de 30 % du chiffre d’affaires, dans le jeu vidéo c’est entre 3 et 7 %”, déplore Matthieu Saint-Denis, l’un des cofondateurs, avec Florent Pitoun, de FabZat. Mais les deux hommes ne voulaient pas se contenter de créer des lignes de personnages issus de jeux célèbres ou des T-shirts à l’effigie de Mario Bros ou Lara Croft.

De 12 à 2500 euros

Jouer peut procurer une expérience plus personnelle que regarder un film. Coup de chance, c'est ce que permet l’impression 3D : la personnalisation. D’où FabZat, dont l’activité principale est de fournir un plug-in, c’est-à-dire un bout de code que les éditeurs peuvent ajouter à leur jeu, afin de commander une statuette d’un personnage qu’on vient de créer ou la réplique d’un objet virtuel.

Matthieu Saint-Denis, l'un des cofondateurs de FabZat
© Sebastian Seibt

Pour l’instant, cette option existe dans le jeu massivement multijoueur "Ragnarok Online", "Minecraft" et plus d’une vingtaine d’autres titres sur tablettes, smartphones ou PC. L’activité, démarrée en 2013, décolle doucement mais sûrement. Environ 15 000 objets ont déjà été créés. Le panier moyen est de 20 euros et les prix vont de 12 euros à 2 500 euros.

Matthieu Saint-Denis est confiant sur ce créneau. D’abord parce qu’il a occupé le poste de directeur marketing de deux sociétés emblématiques de la scène française aujourd’hui disparue : Cryo et In-Fusio. Ensuite parce que à ce titre, il connaît bien les attentes des joueurs. Ces derniers seraient prêts à payer pour avoir des “souvenirs” en dur des meilleurs moments passés devant l’écran.

De plus, si FabZat fait partie des pionniers du secteur, il n’a pas été le premier sur ce crénau. Une société américaine, FigurePrints, existe depuis des années et s’est spécialisée dans l’impression 3D de personnages du jeu "World of Warcraft". “Elle a connu un beau succès”, assure Matthieu Saint-Denis. En 2008, cette entreprise enregistrait 2 000 commandes par mois.

Sur la trace des "Skylanders"

Il y a donc un marché. Pour l’instant, une seule imprimante 3D, située à Bordeaux, suffit aux besoins de FabZat. Mais une seconde devrait bientôt être installée aux États-Unis, où la croissance de la demande y est la plus forte, d’après Matthieu Saint-Denis.

Il espère attirer davantage de clients en élargissant la gamme des jeux sur lesquels il est présent. Par exemple, FabZat ne compte pas encore de grandes franchises dans son catalogue, comme ces grosses productions qui font les délices des joueurs sur console. Il compte bien y arriver, mais reconnaît que “le plus dur va être de convaincre les constructeurs” de ces plateformes. Les Microsoft, Sony ou encore Nintendo contrôlent étroitement leur écosystème respectif et il faut leur accord pour pouvoir exister sur Xbox One, PS4 ou Wii U.

En attendant de relever ce défi, Matthieu Saint-Denis s'appuie sur une autre innovation pour doper son activité. FabZat est en train de transformer ses créations en jouets vidéo. Il souhaite ainsi surfer sur le succès des "Skylander", "Disney Infinity" ou encore "Amiibo". Ces figurines “intelligentes” ajoutent une dimension nouvelle à l’expérience de jeu. Il suffit de les placer sur un socle et, grâce à un capteur, elles apparaissent ensuite virtuellement dans le jeu, le joueur peut alors les contrôler à l’écran. L'avantage de cette nouveauté : alors que les autres figurines ne fonctionnent que pour un jeu précis, la technologie des deux Français permettra d’étendre cette possibilité à tous les titres. À condition de convaincre les éditeurs.
 

Première publication : 19/06/2015

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