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Culture

L'art congolais expose ses facettes à la Fondation Cartier

© FRANCE 24 | Du 11 juillet au 25 novembre, la Fondation Cartier retrace 90 ans de l'art congolais.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/07/2015

Peinture, sculpture, photographie, bande dessinée, musique... L'exposition "Beauté Congo", qui se tient du 11 juillet au 15 novembre à la Fondation Cartier à Paris, retrace 90 ans d'histoire de la scène artistique congolaise. Visite guidée.

Après avoir accueilli plusieurs expositions individuelles d'artistes de la République démocratique du Congo, tels le sculpteur Bodys Isek Kingelez en 1995 ou le peintre Chéri Samba en 2004, la Fondation Cartier, à Paris, met à l'honneur près d'un siècle de créativité artisitique dans ce vaste pays d'Afrique centrale.

Des précurseurs des années 1920 à la jeune génération de l'académie des Beaux-Arts de Kinshasa, la scène congolaise recouvre mille facettes où s'entremêlent les disciplines. Peinture, sculpture, photographie, bande dessinée mais aussi musique... l'exposition de la Fondation Cartier entend montrer la vitalité et la diversité d'une production artistique longtemps ignorée des musées occidentaux.

Avant l'ouverture des portes de "Beauté Congo" le 11 juillet, France 24 vous propose une visite guidée avec la conservatrice Leanne Sacramone.

Les précurseurs

"Au milieu des années 1920, un administrateur belge appelé Georges Thiry tombe sur des peintures ornant des cases au Katanga. Parmi les peintres figurent Albert Antoinette Lubaki et Djilatendo à qui il va donner du papier et des aquarelles afin qu’ils fixent leurs œuvres sur des supports pérennes.

Ces artistes abordaient des sujets animaliers, reproduisent des motifs de tissus traditionnels ou peignent des scènes de vie au village. Ils intégraient également dans leurs œuvres des choses qui leur étaient contemporaines, comme des trains, des avions, des missionnaires. Après les années 1940, on perd leur trace et n’avons que très peu éléments de leur biographie. Ces peintres restent très peu connus, même des artistes congolais."

L’École d’Elisabethville

"En 1946, à Lubumbashi, alors appelé Elisabethville, un peintre amateur français du nom de Pierre-Romain Desfossés crée un atelier, l’Atelier du Hangar, pour lequel il recrute des artistes qu’il encourage non pas à imiter des œuvres européennes mais à s’inspirer de leur propre environnement, de leur propre légende, de leur propre village… Dans cet atelier, qui va perdurer jusqu’à la mort de Desfossés en 1954, trois artistes se sont distingués : Bela Sara, Pilipili Mulongoy et Mwenze Kibwanga. Chacun y a développé un style différent : le premier, la peinture au doigt ; le second, les tâches de peinture, et le troisième, la hachure avec des couleurs ocres et brunes.

Trois ans après Pierre-Romain Desfossés, un certain Laurent Moonens va créer une école des Beaux-Arts où Pilipili Mulongoy et Mwenze Kibwanga vont former d’autres artistes. Elisabethville devient alors un centre artistique important au Congo. L’un des élèves les plus célèbres de cette école est Mode Muntu qui y était à l’adolescence car les Beaux-Arts acceptaient tout le monde, les jeunes comme les plus âgés."

Kinshasa vue par Jean Depara

"Venu d’Angola, Jean Depara arrive à Kinshasa dans les années 1950, où beaucoup de studios photos sont alors tenus par des Angolais. Mais le travail de studio ne l’intéresse pas. Ce qu’il veut faire, c’est aller photographier les gens dans la rue. À cette époque, Kinshasa est déjà une grande ville cosmopolite. Depara va témoigner de la vie nocturne qui s’y développe, il va fréquenter les bars à la mode, les gens à la mode et va même devenir le photographe officiel du Elvis local, qui s’appelle Franco. Il va également photographier les belles femmes, dont les Mosikis, une sorte de société d’élégance qui adopte la mode vestimentaire européenne."

Le chaos urbain

"Au milieu de ce chaos urbain qui est Kinshasa, le sculpteur Bodys Isek Kingelez décide de créer ce qu’il considère comme la cité idéale à partir de carton, de plastique…"

Moke, le père des peintres populaires

"Moke est l’un des premiers peintres populaires du Congo. Né dans un petit village, il arrive à Kinshasa en 1970, à l’âge de 13 ans. Il va être étonné par les voitures, les gens habillés à la mode européenne, le monde de la nuit. Comme Jean Depara, il va s’inspirer de ce qui l’entoure.

En 1974, il va peindre le fameux match de boxe entre Mohamed Ali et Georges Foreman à Kinshasa. Ce qui est drôle, c’est qu’il y représente le KO final et, en même temps, le match. Il y a en fait deux scènes dans le même tableau."

Les peintres populaires

"Après Moke, de jeunes peintres populaires, comme Chéri Chérin, Chéri Samba ou encore Pierre Bodo, vont se faire connaître lors d’une exposition organisée en 1978 à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Ils vont se différencier des autres artistes de l’Académie en s’inspirant non pas des traditions européennes mais de la vie en ville, des événements politiques, des rumeurs colportées dans la rue, etc. Pour cela, ils vont utiliser des couleurs très vives, et certains, comme Chéri Samba, vont intégrer du texte dans les images. Avant d’être peintre, beaucoup ont commencé en peignant des enseignes publicitaires ou en faisant des bandes dessinées."

La jeune génération

"Dans la jeune génération d’artistes congolais, certains poursuivent la tradition des peintres populaires tout en développant leur propre technique. Formé par Chéri Chérin, JP Mika peint, par exemple, ses portraits directement sur des tissus achetés au marché. Mais ce qui réunit tous ces artistes nés autour de 1980, c’est leur passion pour l’environnement urbain ainsi que pour les sujets liés à l’Histoire, aux événements politiques du pays, à la mémoire collective.

Pathy Tshindele fait des œuvres très différentes, dont certaines se rapprochent du graffiti. Sammy Baloji confronte l’histoire coloniale à l’histoire contemporaine en juxtaposant des photos d’indigènes du Katanga prises à la fin du XIXe lors d’expéditions belges avec des aquarelles d’aujourd’hui. Kiripi Katembo photographie, quant à lui, Kinshasa à travers ses flaques d’eau.

L’exposition 'Beauté Congo' est une sorte de miroir du Congo. À travers toutes ces œuvres qui parlent de l’époque coloniale, de la rue, de politique, on découvre les différentes facettes du pays. Mais l’art congolais a une telle diversité que rien ne relie vraiment le tout. À part peut-être sa vivacité."

-"Beauté Congo - 1926-2015 - Congo Kitoko", du 11 juillet au 15 novembre 2015, à la Fondation Cartier, 261, boulevard Raspail, 75014 Paris.

Première publication : 10/07/2015

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