Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DANS LA PRESSE

Rencontre avec Poutine : la "trahison ouverte" de Trump

En savoir plus

L'INFO ÉCO

Mondial-2018 : la sacre des Bleus profite à la Française des Jeux

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Avec L'Impératrice, la "French touch" fait des petits

En savoir plus

FOCUS

Malgré les accusations de corruption et le blocus, le Qatar tient à son Mondial-2022

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

Coupe du monde 2018 : la France affrontera la Croatie en finale

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

Trump et Poutine ont rendez-vous à Helsinki

En savoir plus

LE GROS MOT DE L'ÉCO

Assouplissement quantitatif : l'arme lourde des banques centrales

En savoir plus

DANS LA PRESSE

Les Bleus champions du monde : "Un bonheur éternel"

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Le HCR s'oppose aux centres fermés : "Demander l'asile n'est pas un crime"

En savoir plus

EUROPE

Wolfgang Schäuble : de l’ombre d’Helmut Kohl à l’homme du "Grexit"

© Vincenzo Pinto, AFP | Wolfgang Schäuble lors du sommet de Davos de 2012.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 17/07/2015

L’influent ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, est apparu au fil de la crise grecque comme l’incarnation de l’intransigeance allemande. Un rôle qui ne semble pas déplaire à ce vétéran de la politique au caractère entier.

Sur la question d’un éventuel "Grexit", il est l’un des rares hommes politiques à dire ouvertement "yes we can". Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, avait même un plan tout prêt pour le cas où aucun accord avec Athènes n’aurait été trouvé.

Même s’il a finalement soutenu le troisième plan de sauvetage de la Grèce devant les députés du Bundestag qui en ont approuvé, vendredi 17 juillet, le principe, Wolfgang Schäuble est devenu l’homme de l’intransigeance germanique au fil de la crise grecque. À côté de lui, Angela Merkel passerait presque pour une chancelière laxiste.

N’est-il pas celui qui a traité le Premier ministre grec Alexis Tsipras de menteur, celui qui répétait "nein, nein, nein", dès qu’Athènes proposait un nouveau programme de réformes ? Le ministre allemand des Finances s’est bâti une solide réputation sur le dos de la Grèce.

Champion des coups de gueule

Il est apparu comme l’intraitable, inflexible et parfois brutal gardien de l’orthodoxie budgétaire européenne. Celui qui, grâce à son "chantage au ‘Grexit’", a fortement contribué à faire plier Athènes.

Wolfgang Schäuble n’a pas de mal à assumer ce portrait peu tendre. "J’entends les critiques, mais elles ne m’affectent pas", avait-il lâché lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Michel Sapin, vendredi 10 juillet.

Cet homme de 72 ans est, de toute façon, habitué à cette réputation. Elle lui colle à la peau en Allemagne depuis qu’il est entré au Bundestag il y a plus de 40 ans. Une scène résume, aux yeux des Allemands, le caractère difficile de l’actuel ministre des Finances : lors d’une conférence de presse en novembre 2010, il humilie en public son porte-parole après avoir découvert que ce dernier avait oublié de distribuer certains documents aux journalistes présents. La vidéo de cette froide colère est devenue un classique sur YouTube où elle a été vue près d’un million de fois.

Il n’est, cependant, pas seulement le champion des coups de gueule. Wolfgang Schäuble est aussi un animal politique aux ambitions souvent contrariées. Il a débuté son ascension politique dans l’ombre d’Helmut Kohl, le chancelier de la réunification. Il a été son directeur de cabinet, son ministre de l’Intérieur puis son dauphin désigné. L’homme n’a jamais caché son ambition de devenir un jour chancelier.

Européen convaincu

Mais en octobre 1990, il est la cible d’un déséquilibré qui tente de l'assassiner à l’issue d’un meeting électoral. Wolfgang Schäuble survit mais, touché à trois reprises, il est condamné à évoluer en chaise roulante pour le restant de ses jours. Un handicap qui ne l’empêche pas de croire, encore, en ses chances de succéder à Helmut Kohl. Il revient ainsi sur le devant de la scène politique trois mois seulement après l’attentat, alors qu’il n’a même pas encore fini sa rééducation.

Il découvre que son mentor politique n’a aucune intention de lui céder la place. Helmut Kohl se représente, en effet, trois fois. En 1991 et 1994, il se fait réélire chancelier et en 1998, il est battu par le social-démocrate Gerhard Schröder. Après le retrait d’Helmut Kohl de la vie politique en 1999, c’est Angela Merkel qui réussit à s’imposer à la tête de la CDU au détriment de Wolfgang Schäuble.

Les relations entre la nouvelle femme forte du parti conservateur et l’ancien "protégé" de l’artisan de la réunification ne seront jamais au beau fixe. D’autant qu’Angela Merkel va empêcher Wolfgang Schäuble de devenir président allemand à deux reprises (en 2004 et 2010). Elle préfère garder cette "forte tête" à ses côtés où elle espère pouvoir mieux contrôler ses ambitions. Angela Merkel fait ainsi de Wolfgang Schäuble son ministre de l’Intérieur puis son ministre des Finances.

Il va alors se consacrer à deux choses : l’équilibre budgétaire allemand et le projet européen. Ce dernier chantier est son vrai dada, d’après son biographe Peter Schütz. Ce père de quatre enfants est un Européen convaincu, et il veut poursuivre la construction européenne grâce au levier budgétaire. Une Europe aux finances saines est une organisation solide dans son esprit. C’est en poursuivant cet idéal que Wolfgang Schäuble est tombé sur l’os grec.
 

Première publication : 17/07/2015

  • CRISE GRECQUE

    Grèce : selon Varoufakis, l'Allemagne veut un "Grexit" pour intimider les Français

    En savoir plus

  • ALLEMAGNE

    Crise grecque : feu vert du Bundestag en vue du plan d'aide de l'UE

    En savoir plus

  • ALLEMAGNE

    L'ex-chancelier allemand Helmut Kohl hospitalisé

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)